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Numéro 78

Alexandre Jardin

AUTOBIOGRAPHIE D’UN AMOUR

Gallimard, Paris, 1999
225 pages
24,95 $

Que dire d’Autobiographie d’un amour, le dernier roman d’Alexandre Jardin ? Comme tous les précédents, il trace l’une des voies à emprunter afin de toujours séduire sa femme, malgré la monotonie du quotidien et les sentiments qui s’émoussent. Spécialiste de la reconquête amoureuse, Alexandre Jardin offre ici une contrefaçon édulcorée et psycho-pop du mythe de Don Juan. En effet, Alexandre (c’est le personnage principal), au début de la trentaine, réalise après sept années de mariage que sa femme ne l’aime plus. Afin de combler son insoutenable soif de passion, il décide donc de la quitter sans crier gare et Jeanne, plantée là avec vaisselle et enfants, continuera à vivre sans attendre le retour du messie, avec toutes ses imperfections. Car elle est évidemment imparfaite, notre Jeanne, toujours troublée, complexée, sourde d’une oreille, un tantinet masochiste et en plus suicidaire. On s’en doute bien, elle devra être réformée, libérée des chaînes qui font entrave à son émancipation amoureuse. Le sauveur apparaîtra sous une autre identité : Octave. Double à l’identité douteuse, Octave parviendra avec force stratagèmes à libérer la belle métamorphosée qui succombera à…

Personnages stéréotypés, descriptions qui imitent des cartes postales, exotisme simpliste qui frise le colonialisme, vocabulaire prétentieux et de mauvais goût, tous les ingrédients sont réunis pour rater la sauce. Mégalomane ou d’une naïveté déconcertante, Alexandre Jardin (et Gallimard) traîne le lecteur en dehors des frontières de la littérature pour le pousser malgré lui aux limites d’un genre ordinairement publié chez d’autres maisons d’éditions, mais qui, soit dit en passant, rapporte.

Sans surprises, l’histoire se déroule selon la logique du roman courtois. Mais l’impossibilité de la rencontre amoureuse qui génère de grandes sensations chez le lecteur lorsqu’il s’agit d’un chef-d’œuvre sert ici de prétexte et non de moteur à Alexandre Jardin pour bâtir son histoire. Ainsi, tout se passe comme si l’auteur, croyant posséder une recette infaillible, avait assaisonné son plat de quelques clichés éculés, sans se donner la peine d’en vérifier la saveur.

Difficile à avaler !

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 28 avril 2015 à 16 h 25