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Édouard Tétreau

AU-DELÀ DU MUR DE L’ARGENT

Stock, Paris, 2015
197 pages
29,95 $

Édouard Tétreau est conseiller de dirigeants économiques et politiques, chroniqueur et essayiste. Il a enseigné la gestion des crises, notamment les crises financières, à HEC Paris. Il est membre du comité scientifique de la fondation du Parvis des gentils du Vatican, chargée de promouvoir diverses initiatives pour le dialogue entre croyants et non-croyants.

Dans son nouvel essai, il rappelle que l’économie mondiale est aujourd’hui dominée par deux forces ignorant les frontières : la finance et les nouvelles technologies. Conjuguées, ces deux forces créent énormément de richesses, qui sont de plus en plus mal réparties. Elles provoquent l’apparition de fortunes immenses en relativement peu de temps. En privant de nombreuses personnes d’un revenu décent, elles causent également une déshumanisation rapide de nos sociétés. L’auteur déplore que nous soyons plongés dans une économie de type « winner-takes-all » ou même « killer-takes-all ». Il pressent que ces déséquilibres financiers et l’extrême vulnérabilité technologique de nos économies et sociétés sont sur le point de conduire à un accident majeur, qui affectera les marchés électroniques financiers mondiaux. Il prédit que les conséquences seront pires que celles de la grande crise de 2008 et du krach de 1929. Ce n’est pas peu dire ! L’incertitude quant aux valeurs et pratiques économiques et sociales qui deviendra alors inéluctable offrira, selon lui, une occasion de « remettre l’argent et la technique à leur juste place : celle de serviteurs et non de maîtres de nos destins ». Puisque les institutions internationales ont échoué à cet égard, il propose que se tienne alors une conférence des grandes religions et de la finance internationale. À laquelle différentes philosophies et spiritualités humanistes seraient convoquées. Une conférence qui se tiendrait en Asie, en Afrique ou au Moyen-Orient, et non en Occident. Et qui aboutirait à la production de pratiques, de normes universelles de bien commun dans l’économie mondiale, appliquées par les grands investisseurs mondiaux. À l’instar d’Édouard Tétreau, on ne peut que souhaiter plus d’humanité dans la finance mondiale, en espérant cependant que la catastrophe économique annoncée ne se concrétise pas.


Publié le 10 avril 2016 à 8 h 56 | Mis à jour le 7 avril 2016 à 12 h 50