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Numéro 79

Marie Lise Labonté

AU CŒUR DE NOTRE CORPS

Se libérer de nos cuirassees

L'Homme, Montréal,, 2000
153 pages
18,95 $

Une évidence : notre société fait du corps un spectacle dans le but évident sinon intentionnel de limiter les manifestations de l’être. Et chez certains et certaines, de plus en plus nombreux, ça craque parfois ; le corps et l’âme se sont à tel point éloignés l’un de l’autre qu’ils ont peine à se retrouver, à se reconnaître. L’expérience est alors terrifiante, car la perte du corps signe inévitablement la disparition de l’identité subjective ; ainsi s’enclenche un processus conduisant à la maladie. La sortie du gouffre ne devient possible que si l’individu accepte d’appeler à la rescousse ses intelligences musculaire et cellulaire pour rejoindre le cœur du corps, écouter les tensions, émotions et traumatismes non résolus que la mémoire ramène au jour. La démarche d’autoguérison que propose Marie Lise Labonté combine les acquis théoriques et pratiques de l’orgonthérapie, du remodelage du corps et de l’antigymnastique, approches de psychanalyse corporelle développées respectivement par Wilhelm Reich, Ida Rolf et Thérèse Bertherat.

L’intérêt de cet ouvrage, écrit dans une langue accessible, vient de ce qu’il reprend pour la prolonger la description des structures caractérielles. Aux sept anneaux corporels (oculaire, oral, cervical, thoracique, diaphragmatique, abdominal et pelvien) déterminés par Reich, elle superpose une grille divisant les cuirasses en deux groupes : les cuirasses de base et les cuirasses d’identification, les premières se construisant dès la vie intra-utérine et les secondes se fortifiant plutôt au cours du processus de recherche d’identité. Se trouve ainsi éclairé le lien complexe et subtil entre les types d’armure, le corps et l’âge correspondants. Dans la mesure où les cuirasses bloquent la circulation et la vibration de la vie, guérir implique donc de s’en libérer selon une méthode rigoureuse ici expliquée.

Les hypothèses sur les mécanismes de guérison sont probablement aussi nombreuses qu’il y a de thérapeutes. Chose certaine, et sans tomber dans le mysticisme, on doit reconnaître dans l’expérience proposée un mystère qu’il faut accepter en toute simplicité. La perception subjective de la maladie physique et de la détresse psychique est aussi essentielle que sa description objective. Comme le souligne à juste titre l’auteure, c’est moins la volonté comme telle qui agit dans chacun que la capacité de suivre ses émotions, son énergie, en mettant de côté ses jugements. À cette condition, on peut peut-être toucher le noyau intime de son être, arbre de vie où sont liés le physique, le psychique et l’énergétique.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 18 janvier 2015 à 9 h 28