Normand Baillargeon

ANARCHISME

L'île de la tortue, Montréal, 1999
128 pages
12,95 $

Fascinant, ce petit livre. Simplement fascinant. Paru dans la collection « Les élémentaires, une encyclopédie vivante », Anarchisme se veut une synthèse en même temps qu’une présentation pour le non-initié. Dépourvu de l’appareillage universitaire traditionnel — aucune note en bas de page, citations non référencées — ce livre se veut accessible… et il l’est. En plus d’enseigner à l’Université du Québec à Montréal, Normand Baillargeon est connu des lecteurs du journal Le Couac , où il signe présentement sous le nom de Raymond-La-Science une série de textes de vulgarisation sur la philosophie (l’an dernier, il s’intéressait à l’économie). Normand Baillargeon a le sens de l’explication claire, précise et qui vous mène droit au but, sans pour autant sacrifier les nuances. Il est l’un des rares vulgarisateurs québécois dont l’écriture possède la rigueur universitaire sans en porter la forme louvoyante.

« Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos, voire à un terroriste. » Vrai. J’avoue candidement que j’en étais à peu près là avant d’entrer dans ce livre, une situation qui n’a pas duré. En une centaine de pages, Normand Baillargeon fait le tour de la question anarchiste par deux chemins différents. D’abord, il nous offre un survol historique du mouvement, de ses origines en passant par Proudhon, Bakounine et Kropotkine, jusqu’à l’incontournable Chomsky, mais aussi par la Commune de Paris, Mai 1968, la Révolution russe et la guerre d’Espagne. L’auteur présente ensuite les thèmes chers aux différents courants anarchistes, comme l’économie, l’écologie, l’éducation et les médias.

Ce livre ouvre les yeux sur les motivations de l’anarchisme, mais aussi (et surtout) sur la perception que nous avons encore de ce mouvement. La quatrième de couverture nous dit que « l’anarchisme suppose, comme incontournable exigence, que chacun lise et pense par soi-même ». Ici s’arrête le travail du critique et commence celui du lecteur.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 23 novembre 2014 à 16 h 29