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NUIT BLANCHE

Dès les premières pages, ce polar donne au lecteur l’impression de se trouver en terrain familier : un enquêteur solitaire près de la retraite, dont le patois est « sac à farine », une kyrielle de meurtres ritualisés selon des passages bibliques, des débordements d’hémoglobine et de cruauté (adolescente enceinte brûlée vive, pédophile décapité), un assassin qui nargue policiers et journalistes en semant des missives byzantines n’en jetez plus, la cour est pleine ! Pour peu, on s’attendrait à voir surgir une psychologue maladroite mais perspicace.

Ici s’arrête la comparaison flatteuse avec une célébrissime série télévisée. Ce roman policier au titre séduisant multiplie les fausses pistes et trame des liens improbables entre les personnages de telle sorte que, bien que le suspense lève pleinement, le lecteur risque de se désintéresser du sort quelque peu convenu de ces protagonistes caricaturaux semblant sortir des années 1970.

Notons tout de même que Claude Forand manie remarquablement bien l’art du dialogue et sait cadencer les rebondissements de son histoire tout en évitant les écueils usuels.

À lire si vous êtes amateur du genre et ne craignez pas une finale « téléphonée ».

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