Robert Malacci

AD NAUSEAM

Alire, Québec, 1999
230 pages
12,95 $

Malacci, le personnage clé des romans de Robert Malacci, est de retour dans une quatrième aventure qui va le faire voyager dans le sud de la France, et l’obliger à affronter la peste brune de l’extrême-droite xénophobe. Le directeur d’ Écho-Matin projette d’acheter un quotidien de Toulon, Le Mistral , afin d’exporter sa «méthode » en France. Pour évaluer ses possibilités de réussite, il envoie sur place ses experts, le journaliste Pouliot et le photographe Malacci. Aussitôt arrivé, Pouliot (qui, pour une fois, vole la vedette au héros !) se met à l’œuvre. Une jeune femme a été assassinée et des soupçons pèsent sur Kateb Djaout, un Algérien en cavale ; c’est pour Pouliot l’occasion de montrer au patron du Mistral comment on fait du journalisme ! Impuissant, Malacci ne peut que constater les dégâts : les articles de l’infâme Pouliot vont réveiller des tendances racistes qui n’attendaient qu’une occasion pour légitimer leurs pires élans. Malacci, convaincu de l’innocence de Djaout, aura fort à faire pour déjouer des adversaires décidés à rendre justice « coûte que coûte » !

Si je n’avais apprécié que modérément les deux premières aventures du photographe Robert Malacci, je n’ai jamais douté de la capacité de l’auteur de s’améliorer et de nous proposer de meilleurs livres. Lames sœurs (1997), troisième aventure de Malacci, s’est révélé un roman à suspense tout à fait honorable, malgré des irritants mineurs. Dans Ad Nauseam, l’auteur prend une certaine distance avec la formule polar ; des accents de sincérité s’y expriment qu’on ne retrouve guère dans les romans précédents. Originaire d’Afrique du Nord, Malacci connaît bien la problématique des rapports difficiles et souvent conflictuels entre Européens et Arabes, entre colonisateurs et colonisés. Le sujet lui tient à cœur et l’écœurement viscéral que provoquent chez lui le racisme et la violence transparaît clairement dans ce roman très noir où l’imbécile de Pouliot donne la pleine mesure de son « épaisseur »! Ma seule réserve porte sur les premières pages du roman où l’on a droit aux habituels clichés des « Canadiens-Québécois qui débarquent en France ». Heureusement, l’humour de Malacci sauve encore une fois la mise.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 26 janvier 2015 à 18 h 56