Numéro 119

Yvan Bienvenue, Lucie Bisson, Jocelyn Bérubé, Michel Faubert, Anne-Marie Olivier, Renée Robitaille

7 PÉCHÉS

QUAND LE MUSÉE PARLE AU DIABLE !

Planète rebelle, Montréal, 2009
82 pages
24,95 $

À l’occasion de l’exposition présentée au Musée de la civilisation jusqu’au 2 janvier 2011, ce livre multimédia illustre sous forme de contes (à lire et à entendre) les sept péchés capitaux. Sept conteurs ont accepté le défi de présenter l’un de ces péchés par une histoire inédite : Anne-Marie Olivier traite de l’avarice, Lucie Bisson illustre la colère, Yvan Bienvenue raconte l’envie, Renée Robitaille présente la gourmandise, Michel Faubert parle de la luxure, Jocelyn Bérubé de l’orgueil, et François Lavallée imagine un « roi des paresseux » pour mettre en scène la paresse. Sur le CD inclus, on peut écouter ces sept contes récités par leurs auteurs respectifs.

Ces nouveaux contes du XXIe siècle s’insèrent partiellement dans la tradition folklorique québécoise, avec une certaine dose de renouveau et d’audace. On y retrouve des personnages incontournables de nos légendes québécoises d’autrefois : le diable, le roi, la reine, le héros, la mort ; il y subsiste toutefois trop peu de mots du terroir. Par ailleurs, ces conteurs d’aujourd’hui savent pertinemment qu’ils utilisent un genre littéraire issu du passé et souvent considéré comme tel par leur auditoire. Ainsi, Jocelyn Bérubé évoque avec distance « la Grande Noirceur où les ‘bleus’ de l’Union nationale détenaient le pouvoir » avec une dose d’actualisation inhabituelle dans le conte classique.

Dans son excellente présentation, l’anthropologue Serge Bouchard met en garde le lecteur dédaigneux contre le mépris trop facile du passé, du folklore et du Québec profond d’où proviennent tant de contes et légendes : « L’Ancien, que l’on noircit sans précaution, ne sert qu’à mettre encore plus en relief la gloriole de notre actualité superficielle ».

Il ne faudrait toutefois pas demander à ce petit livre de servir de catalogue à une exposition pourtant très jolie : trop souvent, les photographies insérées sont minuscules et ridiculement obstruées par les textes ; pire encore : les légendes des images se retrouvent à la fin et ne comportent pas de commentaires sur les œuvres. Le point fort de ce recueil est de donner à apprécier la voix de ces conteurs. Aucun texte cependant sur la lecture, « ce vice impuni », selon Valery Larbaud

Publié le 11 novembre 2010 à 15 h 40 | Mis à jour le 2 décembre 2014 à 19 h 16