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NUIT BLANCHE

15Je fréquente la bibliothèque depuis toujours, il me semble ; du sous-sol qui l’abritait à Jonquière quand elle était comme une caverne d’Ali Baba pour mes yeux petits jusqu’aux épinettes de la grande Alice-Lane de Baie-Comeau, souvent épiée de ma fenêtre du troisième. Il me suffisait de traverser la rue pour y aller ; c’est là que j’ai rencontré Marie Laberge (photographiée pendant qu’elle signait) et Gabrielle Roy (empruntée la première dans la section adulte), c’est là que tout devenait possible : vivre, écrire, connaître, appartenir. Car, pour faire usage de la bibliothèque, il faut en être membre, et j’ai toujours eu l’impression que les bibliothécaires, malgré leur mystère de femmes discrètes, savaient bien qui j’étais et à quoi, elles et moi, nous tenions. Un ensemble de lois, des gestes bien . . .

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