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Luba Markovskaia

Une éducation incomplète

Guerre et paix

Quelques années après l’effondrement de l’Union soviétique, ma grand-mère maternelle a atterri à l’aéroport de Mirabel avec, dans ses valises, les vestiges de son ancienne vie et des manuels d’histoire et de grammaire russes. Elle venait de prendre sa retraite comme institutrice ; moi, j’avais atteint l’âge scolaire, et elle était bien décidée à faire mon éducation. Deux ans auparavant, mes parents, ma sœur et moi avions émigré à Montréal de Saint-Pétersbourg – jusqu’à récemment connue sous le nom de Leningrad – et à présent, mes grands-parents s’y installaient à leur tour. Nous accusions déjà un an de retard sur le programme pédagogique, et baboulia était pressée de rattraper le temps perdu. Chaque fin de semaine, je m’asseyais donc près d’elle à sa table de travail et récitais, à la lueur d’une lampe verte comme celles d’une bibliothèque, des déclinaisons, des poèmes de Pouchkine . . .

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Publié le 17 décembre 2020 à 4 h 12 | Mis à jour le 28 décembre 2020 à 12 h 30