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	<title>Nuit Blanche</title>
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	<description>revue des littératures francophones</description>
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	<title>Nuit Blanche</title>
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		<title>Appel à textes numéro 180 – Paysages : écrire les lieux, habiter le monde</title>
		<link>https://nuitblanche.com/appel-a-textes-numero-180/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 21:07:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appel à textes]]></category>
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					<description><![CDATA[Appel à textes pour le numéro 180 de la revue Nuit Blanche. 

Date limite des propositions : le 4 septembre 2026.
Date limite des articles au complet : 30 octobre 2026.

Après avoir interrogé l’espoir comme moteur littéraire, nous souhaitons, pour le numéro 180, nous plonger dans ce qui nous entoure, nous traverse et nous fonde : les lieux et les paysages.

En littérature, le paysage n’est jamais un simple décor : il est force agissante, mémoire vive, tension politique, matrice sensible. Il donne à la narration son épaisseur, son ancrage, sa cohérence ; il ouvre des mondes explorables, habités, traversés par des corps et des voix. Des landes gothiques aux quartiers urbains, des forêts boréales aux espaces intérieurs, les lieux configurent les récits autant qu’ils les accueillent.

Nous souhaitons explorer la manière dont les œuvres contemporaines (romans, récits, poésie, bande dessinée, essais, œuvres numériques ou ludiques) mobilisent les paysages comme puissances narratives. Comment les environnements racontent-ils ? Comment participent-ils à la construction du sens ? Que devient la narration lorsque l’espace lui-même devient protagoniste ?

Une attention particulière pourra être portée à la narration environnementale, telle qu’on la retrouve dans les œuvres mises en scène, qu’elles soient théâtrales, performatives, numériques ou vidéoludiques. Comment les dispositifs spatiaux, les architectures textuelles ou interactives inscrivent-ils le récit dans un environnement sensible ? Comment le lieu agit-il comme vecteur d’expérience, d’immersion ou de mémoire ?

Dans le contexte québécois, le paysage occupe une place singulière, notamment en poésie. Du territoire mythifié aux espaces fragmentés de la modernité, du fleuve aux périphéries urbaines, les lieux façonnent une part essentielle de notre imaginaire littéraire. Nous invitons également à réfléchir à l’inscription intime des paysages dans les trajectoires personnelles : comment les lieux de l’enfance, de l’exil, de la migration ou du déplacement nourrissent-ils l’écriture ? Comment la littérature travaille-t-elle les tensions entre enracinement et déracinement, appartenance et étrangeté ?

Ce numéro souhaite accueillir des analyses critiques, des lectures croisées, des propositions qui interrogent le paysage comme construction esthétique, politique ou affective. Nous encourageons les contributions qui feront dialoguer les genres, les supports et les époques, et qui sauront mettre en lumière la diversité des manières d’habiter et d’écrire le monde.


Écrire les lieux, c’est peut-être, au fond, chercher à comprendre comment la littérature nous apprend à habiter le monde — et à en imaginer d’autres.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_0 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_0 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><h1><span style="font-weight: 400;">Appel à textes pour le numéro 180 de la revue </span><i><span style="font-weight: 400;">Nuit Blanche</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span></h1>
<h2><span style="font-weight: 400;">Paysages : écrire les lieux, habiter le monde</span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après avoir interrogé l’espoir comme moteur littéraire, nous souhaitons, pour le numéro 180, nous plonger dans ce qui nous entoure, nous traverse et nous fonde : <b>les lieux et les paysages</b>.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En littérature, le paysage n’est jamais un simple décor : il est force agissante, mémoire vive, tension politique, matrice sensible. Il donne à la narration son épaisseur, son ancrage, sa cohérence ; il ouvre des mondes explorables, habités, traversés par des corps et des voix. Des landes gothiques aux quartiers urbains, des forêts boréales aux espaces intérieurs, les lieux configurent les récits autant qu’ils les accueillent.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous souhaitons explorer la manière dont les œuvres contemporaines (romans, récits, poésie, bande dessinée, essais, œuvres numériques ou ludiques) mobilisent les paysages comme puissances narratives. Comment les environnements racontent-ils ? Comment participent-ils à la construction du sens ? Que devient la narration lorsque l’espace lui-même devient protagoniste ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une attention particulière pourra être portée à la narration environnementale, telle qu’on la retrouve dans les œuvres mises en scène, qu’elles soient théâtrales, performatives, numériques ou vidéoludiques. Comment les dispositifs spatiaux, les architectures textuelles ou interactives inscrivent-ils le récit dans un environnement sensible ? Comment le lieu agit-il comme vecteur d’expérience, d’immersion ou de mémoire ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le contexte québécois, le paysage occupe une place singulière, notamment en poésie. Du territoire mythifié aux espaces fragmentés de la modernité, du fleuve aux périphéries urbaines, les lieux façonnent une part essentielle de notre imaginaire littéraire. Nous invitons également à réfléchir à l’inscription intime des paysages dans les trajectoires personnelles : comment les lieux de l’enfance, de l’exil, de la migration ou du déplacement nourrissent-ils l’écriture ? Comment la littérature travaille-t-elle les tensions entre enracinement et déracinement, appartenance et étrangeté ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce numéro souhaite accueillir des analyses critiques, des lectures croisées, des propositions qui interrogent le paysage comme construction esthétique, politique ou affective. Nous encourageons les contributions qui feront dialoguer les genres, les supports et les époques, et qui sauront mettre en lumière la diversité des manières d’habiter et d’écrire le monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 600;">Écrire les lieux, c’est peut-être, au fond, chercher à comprendre comment la littérature nous apprend à habiter le monde — et à en imaginer d’autres.</span></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">Articles possibles </span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce numéro accueillera des contributions variées, articulées autour des pistes suivantes :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Articles de fond</b><span style="font-weight: 400;"> ou réseau d’œuvres explorant les écritures des lieux et des paysages.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Portraits d’auteur·rice·s</b><span style="font-weight: 400;"> dont les œuvres s’accordent avec la thématique, d’éditeur·rice·s travaillant ces questions, de médiateur·rice·s, etc.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Réflexions sur les enjeux de traduction dans le corpus</b><span style="font-weight: 400;">.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Analyses de tendances contemporaines</b><span style="font-weight: 400;">, repérables dans les librairies, les maisons d’édition, les festivals.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Critiques d’œuvres récentes</b><span style="font-weight: 400;"> inscrites dans cette mouvance.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Rubriques satellites</b><span style="font-weight: 400;">, plus libres, ouvertes à la forme brève, fragmentaire ou interdisciplinaire.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Textes de création</b><span style="font-weight: 400;"> explorant la thématique du numéro.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Toutes les formes littéraires et narratives sont les bienvenues : roman, poésie, théâtre, bande dessinée, récit graphique, littérature jeunesse, jeux narratifs, balados, récits numériques ou hybrides, performance. Le dossier accueillera également des propositions de vulgarisation destinées à élargir les perspectives critiques auprès d’un lectorat curieux, non spécialiste, mais exigeant.</span></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">Modalité de soumission</span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Les auteur·rice·s sont invité·e·s à </span><b>soumettre une proposition d’article</b><span style="font-weight: 400;"> pour le </span><b>4 septembre 2026</b><span style="font-weight: 400;">, afin de valider la pertinence de l’angle proposé et d’affiner la proposition pour vous assurer les meilleures chances de publication. Cette proposition peut être très brève (quelques lignes), selon les besoins de chacun·e, ou peut être plus étayée, jusqu’à un premier jet du texte souhaité.</span></p>
<p><b>Les articles complets sont attendus pour le</b><b> 30 octobre 2026.</b></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Le titre du courriel doit indiquer “soumission 180” et le corps du mail doit nous permettre de connaitre votre nom complet. Merci d’indiquer également votre province ou pays de résidence.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Les textes doivent être rédigés en français.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">Les propositions et articles doivent être envoyés à </span><b style="font-size: 14px;">redaction[at]nuitblanche.com</b><span style="font-weight: 400;">.</span></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Chaque texte fera l’objet d’une révision éditoriale et d’une révision linguistique accompagnée de commentaires, avant validation finale.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Un·e auteur·rice publié·e ne peut critiquer ses propres œuvres ou les œuvres publiées dans la même maison d’édition ou collection. Il est également demandé aux auteur·rice·s de signaler tout possible conflit d’intérêt avec l’auteur·rice ou les auteur·rice·s mobilisé·e·s dans le texte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les articles sélectionnés pour publication seront rémunérés à hauteur de 35$ par feuillet de 350 mots.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ul></ul>
</div></div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Le fanal allumé sur une pile de livres</title>
		<link>https://nuitblanche.com/le-fanal-allume-sur-une-pile-de-livres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 13:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques Web]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto Manguel]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Félix-Antoine Désilets-Rousseau]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Latortue]]></category>
		<category><![CDATA[Ivoire Nadeau]]></category>
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					<description><![CDATA[Quand j’entre dans un livre d’Alberto Manguel, j’y entre avec une image bien précise en tête, celle de l’incipit des Yeux bleus de Mistassini, roman de Jacques Poulin. Jimmy, ayant les idées embrumées tout en marchant dans le Vieux-Québec, croise du regard la couverture d’Une histoire de la lecture dans une vitrine d’une librairie. Le personnage croit y apercevoir l’image d’un phare, mais, une fois plus près du livre, il réalise qu’il s’agit plutôt d’une pile de livres sur laquelle repose un fanal allumé. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_1 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_1 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module titre-critique titre-ouvrage nom-auteur"><div class="et_pb_text_inner"><p><span class="titre-critique" id="titre-critique">Le fanal allumé sur une pile de livres</span><br />
par <span class="nom-auteur" id="contributeur-critique">Félix-Antoine Désilets-Rousseau</span></p>
<p><span class="titre-ouvrage" id="titre-ouvrage">L’envers de la tapisserie : propos sur l’art de la traduction</span> d’<span class="nom-auteur" id="nom-auteur">Alberto Manguel</span>, traduction  d’<span class="nom-auteur" id="nom-traducteur">Émilie Fernandez</span></p>
</div></div>
</div>
</div>

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<div class="et_pb_image_0 et_pb_image et_pb_module et_block_module"><span class="et_pb_image_wrap"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782760913547_large.webp?resize=944%2C1800&#038;ssl=1" title="9782760913547_large" width="944" height="1800" srcset="https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782760913547_large.webp 944w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782760913547_large-480x915.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 944px, 100vw" class="wp-image-3195" /></span></div>

<div class="et_pb_text_2 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module details"><div class="et_pb_text_inner"><div class="details">
<p><small style="font-size: 80%;">Date de parution</small><br />
<span id="date-parution">4 février 2026</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Éditeur</small><br />
<span id="éditeur">Leméac éditeur</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Critique publiée le</small><br />
<span id="éditeur">1 avril 2026</span><br />
<span> </span><br />
<span> </span></div>
</div></div>
</div>

<div class="et_pb_column_3 et_pb_column et_pb_column_3_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough">
<div class="et_pb_text_3 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><p style="font-weight: 400;">Quand j’entre dans un livre d’Alberto Manguel, j’y entre avec une image bien précise en tête, celle de l’incipit des <i>Yeux bleus de Mistassini</i>, roman de Jacques Poulin. Jimmy, ayant les idées embrumées tout en marchant dans le Vieux-Québec, croise du regard la couverture d’<i>Une histoire de la lecture</i> dans une vitrine d’une librairie. Le personnage croit y apercevoir l’image d’un phare, mais, une fois plus près du livre, il réalise qu’il s’agit plutôt d’une pile de livres sur laquelle repose un fanal allumé.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette image résume bien la démarche de Manguel dans son plus récent livre, <i>L’envers de la tapisserie : propos sur l’art de la traduction</i>, où l’écrivain argentin tient ce fanal allumé pour guider le lecteur et la lectrice, pour l’inviter à accepter l’ambigüité de la traduction. La question qu’il pose est toute simple : qui lisons-nous lorsque nous lisons une œuvre traduite ? La réponse, elle, fidèle aux habitudes de Manguel, demande de la complexité, demande à voir au-delà de l’auteur ou de l’autrice lu dans une traduction, puisque « lorsque nous lisons les littératures d’autres langues, écrit Manguel, nous lisons le travail de traducteurs dont nous oublions souvent les noms et qui sont rarement reconnus dans les histoires officielles de la littérature. » (p. 66) Peut-être est-ce par souci de réhabiliter ces travailleurs et travailleuses de l’ombre qui permettent de construire la tapisserie universelle de nos récits collectifs que Manguel dédie ce livre au « morisque anonyme qui acheva en un mois et demi chez Cerventès la traduction du <i>Don Quichotte</i> de Cide Hamete Benengeli » (p. 7) ou peut-être aussi est-ce simplement par amour de la traduction qui, selon l’auteur, « peut être (doit être) la forme la plus assidue de lecture » (p. 14).</p>
<p style="font-weight: 400;">Divisé en une quarantaine de courts fragments, où chacun porte le titre d’une thématique, cet essai fait de la traduction tantôt une histoire d’amour, tantôt une exigence du réel. À travers ces fragments, c’est toute la vision de la traduction de Manguel qui se déploie, qui prend forme. Pour l’Argentin, elle est d’abord un « transport » (p. 18), un déplacement pour devenir ensuite une « piraterie » (p. 19), une « pureté contestée » (p. 25), voire une méthode de « reproduction » (p. 29). Elle devient par la suite une « exégèse », ou même un « acte politique » (p. 30), ou encore une « réponse aux questions posées par le texte original » (p. 35), se mutant ainsi en une sorte de « sosie du texte original ». (p. 61) Mais à travers ses différentes conceptions réside en Manguel une idée forte, voire violente, où toute traduction doit d’abord tuer le texte d’origine pour que le nouveau puisse advenir, puisse enfin naitre. C’est ainsi, par cette attestation de la mort de l’origine, que « le traducteur a la permission de tourner la dernière page et de commencer la première. » (p.101) Et dans cette forme, la traduction devient une sorte de « renaissance » (p. 68) et pousse Manguel à écrire que « toute traduction est une élégie » (p. 15), une sorte d’ode au vivant et à sa diversité. Les œuvres traduites, inconsciemment ou non, engage le lectorat dans un mouvement qui le dépasse, un mouvement tissé de paroles qui se confondent dans la brume des autres et « où se trouve le désir de s’adresser non seulement aux lecteurs sur cette rive du temps, mais aussi à ceux dont les jargons sont encore à inventer, de nouveaux mots qui un jour leur ouvriront les yeux sur de nouvelles significations. » (p. 83-84)</p>
<p style="font-weight: 400;">Si cette image du fanal allumé au-dessus d’une pile de livres me fascine tant et me permet d’entrer dans l’univers livresque de Manguel, c’est qu’elle est représentative de l’œuvre de l’essayiste. Manguel voit le réel à travers le prisme du langage, il traque l’ambigüité dans le langage même jusqu’à l’épuiser. Et quand les mots ne suffisent plus, c’est « l’art qui naît, écrit-il, parce que le langage est voué à l’échec. » (p. 16) Et cet art du récit, ce qui nous permet de le tenir entre nos mains, rappelle l’essayiste avec force, ce sont ces traducteurs, ces gens de l’ombre qui tissent les textes et qui les ajoutent à la bibliothèque du monde.</p>
</div></div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La critique en fragments : écrire l’ami</title>
		<link>https://nuitblanche.com/la-critique-en-fragments-ecrire-lami/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 13:12:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques Web]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Latortue]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Bélanger]]></category>
		<category><![CDATA[Ivoire Nadeau]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans MB en souvenir. Mythographies de Michel Beaulieu, Paul Bélanger ne cherche pas tant à expliquer l’œuvre de Michel Beaulieu qu’à en prolonger la présence.
Certains livres ne commentent pas une œuvre : ils continuent de vivre à l’intérieur d’elle. Dès l’Avant, Bélanger annonce la nature particulière de son projet : « ce qu’on s’apprête à lire s’apparente plutôt à un autoportrait, autoportrait d’une rencontre et de la fréquentation d’une œuvre ». L’essai se présente ainsi moins comme une étude critique que comme une traversée : celle d’une amitié littéraire, d’une mémoire poétique et d’un dialogue prolongé avec un poète disparu.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_2 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
<div class="et_pb_row_3 et_pb_row et_block_row">
<div class="et_pb_column_4 et_pb_column et_pb_column_4_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough">
<div class="et_pb_text_4 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module titre-critique titre-ouvrage nom-auteur"><div class="et_pb_text_inner"><p><span class="titre-critique" id="titre-critique">La critique en fragments : écrire l’ami</span><br />
par <span class="nom-auteur" id="contributeur-critique">Michelle Latortue</span></p>
<p><span class="titre-ouvrage" id="titre-ouvrage">MB en souvenir. Mythographies de Michel Beaulieu</span> de <span class="nom-auteur" id="nom-auteur">Paul Bélanger</span></p>
</div></div>
</div>
</div>

<div class="et_pb_row_4 et_pb_row et_pb_row_1-4_3-4 et_block_row et_block_row_1-4_3-4">
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<div class="et_pb_image_1 et_pb_image et_pb_module et_block_module"><span class="et_pb_image_wrap"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782897665227_large.webp?resize=1080%2C1728&#038;ssl=1" title="9782897665227_large" width="1080" height="1728" srcset="https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782897665227_large.webp 1125w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782897665227_large-980x1568.webp 980w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782897665227_large-480x768.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1125px, 100vw" class="wp-image-3185" /></span></div>

<div class="et_pb_text_5 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module details"><div class="et_pb_text_inner"><div class="details">
<p><small style="font-size: 80%;">Date de parution</small><br />
<span id="date-parution">23 février 2026</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Éditeur</small><br />
<span id="éditeur">Le Noroît</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Critique publiée le</small><br />
<span id="éditeur">25 mars 2026</span><br />
<span> </span><br />
<span> </span></div>
</div></div>
</div>

<div class="et_pb_column_6 et_pb_column et_pb_column_3_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough">
<div class="et_pb_text_6 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><p style="font-weight: 400;">Dans <i>MB en souvenir. Mythographies de Michel Beaulieu</i>, Paul Bélanger ne cherche pas tant à expliquer l’œuvre de Michel Beaulieu qu’à en prolonger la présence.</p>
<p style="font-weight: 400;">Certains livres ne commentent pas une œuvre : ils continuent de vivre à l’intérieur d’elle. Dès l’ouverture du livre, dans la section intitulée <b>« Avant »</b>, Bélanger annonce la nature particulière de son projet : « ce qu’on s’apprête à lire s’apparente plutôt à un autoportrait, autoportrait d’une rencontre et de la fréquentation d’une œuvre ». L’essai se présente ainsi moins comme une étude critique que comme une traversée : celle d’une amitié littéraire, d’une mémoire poétique et d’un dialogue prolongé avec un poète disparu.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ni biographie ni analyse universitaire, <i>MB en souvenir</i> adopte une forme hybride où se mêlent anecdotes, fragments narratifs, citations et conversations imaginaires. Ce dispositif peut d’abord dérouter. Pourtant, il constitue le véritable moteur du livre : la fragmentation n’y est pas un simple choix stylistique, mais une méthode de lecture.</p>
<p style="font-weight: 400;">&nbsp;</p>
<h3 style="font-weight: 400;"><b>La fragmentation comme méthode critique</b></h3>
<p style="font-weight: 400;">L’essai avance par éclats. Une rencontre lors d’une Nuit de la poésie, un souvenir de lecture, une discussion entre amis : ces scènes apparaissent comme autant de fragments qui composent progressivement une constellation. Bélanger ne cherche pas à reconstruire une trajectoire ordonnée de l’œuvre de Beaulieu. Il préfère multiplier les points d’entrée.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette démarche correspond à une conception exigeante de la poésie. Bélanger rappelle que « c’est finalement par l’anecdote que l’on perce le secret des choses ». L’anecdote devient alors une unité de sens : un lieu où la mémoire personnelle rejoint la réflexion sur l’écriture.</p>
<p style="font-weight: 400;">La fragmentation n’est pas ici une forme : c’est une manière de penser la poésie et le quotidien. Le livre ne progresse pas selon une logique démonstrative, mais plutôt par associations, retours et résonances. En juxtaposant souvenirs, citations et méditations, l’auteur reproduit le mouvement même de la mémoire. Ce choix pourrait dérouter les lecteurs attachés à une critique linéaire ; c’est pourtant là que réside la cohérence la plus forte de l’ouvrage.</p>
<p style="font-weight: 400;">Une soirée de hockey, une discussion littéraire, un voyage en voiture deviennent des scènes où la poésie s’enracine dans la vie ordinaire. Le banal se charge d’une dimension symbolique. La mémoire transforme les évènements en images, et ces images nourrissent à leur tour le poème.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans le sous-titre, le terme « Mythographies » éclaire la démarche. Il ne s’agit pas ici de convoquer de grands récits fondateurs, mais de montrer comment l’écriture transforme le quotidien en légende intime.</p>
<p style="font-weight: 400;">&nbsp;</p>
<h3 style="font-weight: 400;"><b>L’amitié comme posture critique</b></h3>
<p style="font-weight: 400;">La singularité de <i>MB en souvenir</i> tient aussi à la place qu’y occupe l’amitié. Bélanger ne parle pas de Beaulieu depuis une distance critique. Il écrit depuis l’intérieur d’une relation vécue.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le dispositif narratif du livre reflète cette proximité. L’auteur délègue parfois la parole à un personnage nommé PB, tandis que Michel Beaulieu apparait sous les initiales MB. Ce jeu d’initiales installe une légère distance fictionnelle tout en conservant la dimension personnelle du récit. L’essai devient alors un espace dialogique où la voix du critique rencontre celle du poète.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce choix permet d’éviter la tentation commémorative. Plutôt que de figer Beaulieu dans le souvenir, Bélanger le remet en circulation dans le langage. Les conversations imaginaires, les citations et les fragments poétiques contribuent à maintenir une présence vivante.</p>
<p style="font-weight: 400;">&nbsp;</p>
<h3 style="font-weight: 400;"><b>Une critique habitée</b></h3>
<p style="font-weight: 400;">Bélanger ne cherche pas à produire une interprétation définitive de l’œuvre de Beaulieu. Il privilégie une lecture attentive aux voix, aux gestes et aux traces laissées par la poésie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le lecteur est invité à circuler entre les fragments, à établir lui-même les liens, à habiter les silences. La cohérence du livre ne réside pas dans une argumentation serrée, mais dans les échos qui se tissent d’une scène à l’autre.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans <i>MB en souvenir</i>, la critique cesse d’expliquer la poésie : elle apprend à l’écouter. Et c’est peut-être là que se situe l’apport le plus significatif de l’ouvrage. En refusant la posture surplombante, Bélanger propose une autre manière d’écrire sur la poésie : non pas de la dominer, mais de l’accompagner.</p>
</div></div>
</div>
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</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Prendre les armes et affronter l’hiver</title>
		<link>https://nuitblanche.com/prendre-les-armes-et-affronter-lhiver/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 18:53:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques Web]]></category>
		<category><![CDATA[Alex McCann]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Ivoire Nadeau]]></category>
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					<description><![CDATA[Quand on pense aux espaces qui représentent le mieux l’imaginaire québécois, il est impossible de faire abstraction de l’hiver. Dans les textes littéraires, les étendues blanches, le silence et la glace sont bien plus qu’un décor dans lequel agissent les êtres humains. Cette transformation de la nature « devient elle-même un actant, un élément central de l’intrigue ». Cette façon de représenter l’environnement comme une entité avec un pouvoir d’agir sur le monde se manifeste dans certains textes québécois où l’on ressent une forte sensibilité au vivant autre qu’humain. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_3 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_7 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module titre-critique titre-ouvrage nom-auteur"><div class="et_pb_text_inner"><p><span class="titre-critique" id="titre-critique">Prendre les armes et affronter l’hiver</span><br />
par <span class="nom-auteur" id="contributeur-critique">Ivoire Nadeau</span></p>
<p><span class="titre-ouvrage" id="titre-ouvrage">Saint-Nicolas-des-marins</span> de <span class="nom-auteur" id="nom-auteur">d’Alex McCann</span></p>
</div></div>
</div>
</div>

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<div class="et_pb_image_2 et_pb_image et_pb_module et_block_module"><span class="et_pb_image_wrap"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782896946914_large.webp?resize=1080%2C1704&#038;ssl=1" title="9782896946914_large" width="1080" height="1704" srcset="https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782896946914_large.webp 1141w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782896946914_large-980x1546.webp 980w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/03/9782896946914_large-480x757.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1141px, 100vw" class="wp-image-3178" /></span></div>

<div class="et_pb_text_8 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module details"><div class="et_pb_text_inner"><div class="details">
<p><small style="font-size: 80%;">Date de parution</small><br />
<span id="date-parution">19 janvier 2026</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Éditeur</small><br />
<span id="éditeur">Alto</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Critique publiée le</small><br />
<span id="éditeur">20 mars 2026</span><br />
<span> </span><br />
<span> </span></p>
</div>
</div></div>
</div>

<div class="et_pb_column_9 et_pb_column et_pb_column_3_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough">
<div class="et_pb_text_9 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><h3 style="font-weight: 400;"><b>Prendre les armes et affronter l’hiver</b></h3>
<p style="font-weight: 400;">Quand on pense aux espaces qui représentent le mieux l’imaginaire québécois, il est impossible de faire abstraction de l’hiver. Dans les textes littéraires, les étendues blanches, le silence et la glace sont bien plus qu’un décor dans lequel agissent les êtres humains. Cette transformation de la nature « devient elle-même un actant, un élément central de l’intrigue<a href="#note1" id="appel1" style="color: #595959 !important; line-height: 0.8 !important;"><sup>1</sup></a> ». Cette façon de représenter l’environnement comme une entité avec un pouvoir d’agir sur le monde se manifeste dans certains textes québécois où l’on ressent une forte sensibilité au vivant autre qu’humain.</p>
<p style="font-weight: 400;">Considérant le caractère cyclique des saisons au Québec et la brutalité de l’hiver qui dure souvent bien plus longtemps que les trois mois que le calendrier lui suppose, on peut comprendre pourquoi cette période, à cause des températures parfois extrêmes, de la claustration qu’elle engendre et de la luminosité restreinte, est souvent représentée comme asphyxiante. Dans la littérature, le motif de l’hiver aliénant et rude perdure dans notre imaginaire. On le retrouve dans plusieurs romans qui ont marqué l’histoire littéraire, comme <i>Kamouraska</i> (1970) d’Anne Hébert ou <i>L’hiver de force</i> (1973) de Réjean Ducharme et dans des œuvres contemporaines, comme <i>Hivernages</i> (2016) de Maude Deschênes-Pradet, <i>Le poids de la neige</i> (2016) de Christian Guay-Poliquin ou encore <i>Encabanée</i> (2018) de Gabrielle Filteau-Chiba. C’est dans cette lignée symbolique que s’inscrit <i>Saint-Nicolas-des-marins</i><a href="#note2" id="appel2" style="color: #595959 !important; line-height: 0.8 !important;"><sup>2</sup></a>, roman d’Alex McCann, paru aux éditions Alto en janvier dernier.</p>
<p style="font-weight: 400;">&nbsp;</p>
<h3 style="font-weight: 400;"><b>Glaciale hostilité et temps suspendu</b></h3>
<p style="font-weight: 400;">Empruntant aux logiques du conte, le roman de McCann est un récit où le réel est subjugué par le merveilleux et où la mort, rancunière, a décidé de ne plus effectuer son devoir, laissant agoniser <i>ad vitam aeternam</i> celleux attendant le trépas. Le temps est suspendu, le monde est en dormance : c’est l’hiver. Celleux qui survivent se retrouvent emprisonnés dans une période liminaire : « La lune est haute et pleine, comme chaque nuit depuis le Froid. Elle ne bouge pas. » (p. 39). Rien ne garantit une continuité du cycle habituel de la nature. Dans <i>Saint-Nicolas-des-marins</i>, la saison froide joue un rôle fondamental. L’apparition du « Froid », dans le roman, marque le début d’une période liminaire qui transforme le paysage, mais surtout les êtres vivants qui l’habitent. Et personne ne s’en sort indemne.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les descriptions, empreintes d’une poésie vaporeuse, nous plongent dans un univers presque eschatologique où la fin est une congélation qui paralyse tout mouvement, mais ne tue rien.</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;">« Dehors, il fait un temps de mauvais présage. Les bateaux qui mouillaient dans le port ont explosé sous la pression de la glace qui a fait se casser leurs coques. Des marins malchanceux sont tombés au moment du gel et sont restés prisonniers du froid […]. Les plantes se sont figées, prises par surprise. Les fleurs, rendues trop lourdes par le poids du frimas, se sont séparées des tiges et se sont fracassées en éclats. » (p. 11)</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400;">Chez McCann, l’hiver est d’une part représentatif d’une nature intransigeante qui punit toustes également. C’est la saison qui sur le plan symbolique représente le plus adéquatement l’idée d’une rupture, de la fin d’un cycle. Cette étape essentielle précède la transition vers un nouvel état et est donc un moment qu’il faut traverser pour se renouveler. D’autre part, le froid, par l’intense précarité qu’il crée, annihile la tolérance et alimente la haine. Dans le roman, l’escalade de la violence qui prend place au sein de cette période de gel est un moment charnière qui, sur le plan social, montre au grand jour ce qui se cachait derrière la bienséance et les apparences trompeuses d’un ordre maintenu par le mensonge. L’arrivée de cet hiver perpétuel engendre aussi une insécurité matérielle qui met en péril la survie du village. Dans ce climat d’incertitude nait la peur de la famine qui révèle alors la cruauté féroce qui peut-être habite chaque personne, si l’on réfléchit dans une logique hobbesienne aux comportements humains en situation de survie<a href="#note3" id="appel3" style="color: #595959 !important; line-height: 0.8 !important;"><sup>3</sup></a>. Le protagoniste, Nico, témoigne avec cynisme de cette brutalité dont il est à la fois victime et témoin. À la vue de Prune, enfant sacrifiée au froid, il réalise que pour le village, les « sorcières, leurs fils et tous ceux qui sont assez maudits pour les côtoyer peuvent bien mourir de faim » (p. 55), une constatation qui nourrit alors sa propre soif de vengeance.</p>
<p style="font-weight: 400;">&nbsp;</p>
<h3 style="font-weight: 400;"><b>Marginalité et rite de passage</b></h3>
<p style="font-weight: 400;">Nico, le protagoniste, regarde s’abattre cette terreur environnementale avec une nonchalance qui nous dit dès le départ que nous n’avons pas affaire à une figure héroïque conventionnelle : « Aujourd’hui, ma mère morte a froid, les quelques marins qui restent ont froid et moi, je m’ennuie » (p. 12). Il est fils d’une sorcière et ostracisé par les villageois de Saint-Nicolas-des-marins, mais aimé de celleux qui se trouvent dans la marge. Seul, au départ, dans le phare qui surplombe la mer et le village depuis la mort de sa mère, il prend soin des individus écartés, qui ne sont pas « les plus méritants, les bons croyants » (p. 55), qui n’obéissent pas aux normes rigides d’une petite communauté ordonnée et méfiante des étrangers et étrangères.</p>
<p>Le rôle de paria que font porter les villageois à Nico ne génère pas d’apitoiement, au contraire : « Comme ma mère de son vivant, j’habite les cauchemars des enfants et les histoires autour du feu. Je suis Nico, mais pour les Marinois, je suis terreur, punition et démon. […] Tous me craignent comme ils craignaient ma mère : avec le respect qu’impose la menace. » (p. 27).</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette posture revendicatrice du héros répond à l’attitude mesquine de la communauté qui n’a d’empathie que pour celleux qui se conforment. On comprend aussi qu’à travers son désir de se venger et son refus absolu de plier au joug de la tyrannie, il honore sa filiation et rend hommage à sa mère-sorcière trépassée. L’idée du deuil et de la reconstruction de soi après une perte affligeante est donc sous-jacente dans le conte poétique de McCann.</p>
<p style="font-weight: 400;">La possibilité d’un lien entre l’hiver et d’une mort réelle ou symbolique est une interprétation intéressante, surtout considérant que l’hiver, dans le roman québécois contemporain, est très souvent une métaphore du rite de passage<a href="#note4" id="appel4" style="color: #595959 !important; line-height: 0.8 !important;"><sup>4</sup></a>, donc du passage d’un état à un autre. À l’image de l’environnement qui l’entoure, le personnage de roman doit lui aussi passer par une mort symbolique pour découvrir sa place dans le monde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p><span style="font-height: 400;">1. Suhonen, Katri, « « Partout de la neige entassée, comme du linge à laver » : la passion de la blancheur dans le roman québécois moderne », <i>Voix et Images</i>, vol. 37, n°2 (110), hiver 2012, p. 115. <a href="#appel1" id="note1" style="color: #595959;"><b>Retour</b></a></span></p>
<p><span style="font-height: 400;">2. Alex McCann, <i>Saint-Nicolas-des-marins</i>, Alto, Québec 2025, 216 p. <a href="#appel2" id="note2" style="color: #595959;"><b>Retour</b></a></span></p>
<p><span style="font-height: 400;">3. Selon le philosophe Thomas Hobbes, l’humain dans l’état de survie qui est sa condition naturelle, est « principalement [motivé] par la peur, l'intérêt personnel et l'orgueil ». Dans un contexte où il n’y a pas de lois, d’autorités ou d’institutions, l’état de nature se définit par le chaos et la violence qui l’habite. Claire P. Curtis, <i>Postapocalyptic Fiction and the Social Contract: « We’ll Not Go Home Again »,</i> Lanham, Lexington Books, 2010, p. 44. <a href="#appel3" id="note3" style="color: #595959;"><b>Retour</b></a></span></p>
<p><span style="font-height: 400;">4. Suhonen, Katri, <i>op. cit.</i>, p. 114. <a href="#appel4" id="note4" style="color: #595959;"><b>Retour</b></a></span></p>
</div></div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L’amour est résistance</title>
		<link>https://nuitblanche.com/lamour-est-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 14:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques Web]]></category>
		<category><![CDATA[Charlie Bourgeois]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Martine Delvaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Le monde est à toi de Martine Delvaux est un essai qui avance par fragments, entrelaçant des souvenirs qui sculptent l’avenir, des listes et des citations. On y navigue, un souhait ou un conseil à la fois, comme autant de tentatives pour dire l’amour, le penser, le transmettre. La voix de Delvaux se mêle à d’autres : à des héritages de femmes, à des échos du passé, et à des récits collectifs, faisant de ce livre un espace de dialogue entre l’intime et le politique. Cette manière d’écrire par fragments, en faisant dialoguer sa propre voix avec d’autres, s’inscrit pleinement dans le style de Martine Delvaux. On retrouve également cette approche dans Pompières et pyromanes et dans Je n’en ai jamais parlé à personne. D’un livre à l’autre, elle privilégie une écriture du morcellement, où ce qui commence par des voix intimes et des récits personnels finit par avoir une portée largement partagée. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_4 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_10 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module titre-critique titre-ouvrage nom-auteur"><div class="et_pb_text_inner"><p><span class="titre-critique" id="titre-critique">L’amour est résistance </span><br />
par <span class="nom-auteur" id="contributeur-critique">Charlie Bourgeois</span></p>
<p><span class="titre-ouvrage" id="titre-ouvrage">Le monde est à toi </span>  de <span class="nom-auteur" id="nom-auteur">Martine Delvaux</span>, illustré par <span class="nom-auteur" id="nom-auteur">Catherine Gauthier</span></p>
</div></div>
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</div>

<div class="et_pb_row_8 et_pb_row et_pb_row_1-4_3-4 et_block_row et_block_row_1-4_3-4">
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<div class="et_pb_image_3 et_pb_image et_pb_module et_block_module"><span class="et_pb_image_wrap"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/02/9782898222337_large.webp?resize=1080%2C1528&#038;ssl=1" title="9782898222337_large" width="1080" height="1528" srcset="https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/02/9782898222337_large.webp 1272w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/02/9782898222337_large-980x1387.webp 980w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/02/9782898222337_large-480x679.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1272px, 100vw" class="wp-image-3151" /></span></div>

<div class="et_pb_text_11 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module details"><div class="et_pb_text_inner"><div class="details">
<p><small style="font-size: 80%;">Date de parution</small><br />
<span id="date-parution">4 mars 2026</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Éditeur</small><br />
<span id="éditeur">Héliotrope</span></p>
<p><small style="font-size: 80%;">Critique publiée le</small><br />
<span id="éditeur">1<sup>er</sup> mars 2026</span><br />
<span> </span><br />
<span> </span></p>
</div>
</div></div>
</div>

<div class="et_pb_column_12 et_pb_column et_pb_column_3_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough">
<div class="et_pb_text_12 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><p style="font-weight: 400;"><i>Le monde est à toi</i> de Martine Delvaux est un essai qui avance par fragments, entrelaçant des souvenirs qui sculptent l’avenir, des listes et des citations. On y navigue, un souhait ou un conseil à la fois, comme autant de tentatives pour dire l’amour, le penser, le transmettre. La voix de Delvaux se mêle à d’autres : à des héritages de femmes, à des échos du passé, et à des récits collectifs, faisant de ce livre un espace de dialogue entre l’intime et le politique. Cette manière d’écrire par fragments, en faisant dialoguer sa propre voix avec d’autres, s’inscrit pleinement dans le style de Martine Delvaux. On retrouve également cette approche dans <i>Pompières et pyromanes</i> et dans <emiJe n’en ai jamais parlé à personne</i>. D’un livre à l’autre, elle privilégie une écriture du morcellement, où ce qui commence par des voix intimes et des récits personnels finit par avoir une portée largement partagée.</p>
<p style="font-weight: 400;">Que signifie aimer en féministe ? Comment penser le féminisme à partir de l’amour ? Comment transmettre, protéger, aimer sans posséder, et inscrire l’amour dans un combat commun ?</p>
<p style="font-weight: 400;">Martine Delvaux tente de répondre à ces questions en posant un regard de mère-féministe, en s’appuyant sur son expérience personnelle d’amour pour sa fille et sur son fidèle engagement dans le combat pour l’égalité. Elle tisse habilement un dialogue puissant entre les époques et les luttes, en mettant de l’avant des voix marquantes, inspirantes, incontournables. De Marguerite Duras à Sara Ahmed, de Martin Luther King à Virginia Woolf, de bell hooks à Toni Morrison, en passant même par Beyoncé, ces références montrent que les combats qui sont menés depuis des décennies sont loin d’être achevés et qu’il appartient à chacun·e d’entre nous de poursuivre ce qui a été entamé. Ancré dans les discours de ces figures dont l’écho traverse le temps, <i>Le monde est à toi </i>cherche des réponses pour l’autrice elle-même, pour sa fille, pour nous, lecteur·rice·s, et pour l’avenir, un avenir indissociable de la justice sociale. En ce sens, le fil conducteur de l’œuvre est l’amour de l’autre et le désir puissant de protéger la différence pour en faire une force collective.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il s’agit d’une exploration intime de la posture de Martine Delvaux en tant que mère, féministe, amoureuse du monde et de la vie. En effet, elle y explore ses désirs, ses instincts et ses rêves, tous centrés sur son aspiration à être à la fois une bonne mère, une personne socialement engagée, une amante attentive et une professeure accomplie. Ses instincts prennent parfois la forme de listes : conseils, demandes, choses à faire, à ne pas dire, à ne pas reproduire pour devenir la meilleure version d’elle-même, pour guider son enfant vers une posture de bienveillance et d’engagement.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le livre est également enrichi par les illustrations de l’artiste Catherine Gauthier. Un peu plus d’une quinzaine d’images viennent ponctuer le récit, compléter et illustrer les propos de Delvaux. Grâce à son trait précis, le style très réaliste de Catherine Gauthier se distingue par un travail attentif des lignes, des textures et des contrastes. Réalisées au crayon, en noir et blanc, les illustrations sont riches de détails et rendent le texte plus vivant. Elles font en sorte qu’il s’imprègne encore plus profondément en nous. La combinaison des mots et des images rend l’expérience de lecture particulièrement marquante et percutante.</p>
<p style="font-weight: 400;">&nbsp;</p>
<h3 style="font-weight: 400;"><strong>Féministe </strong></h3>
<p style="font-weight: 400;">Les féministes et les mères-féministes ont un impact réel sur l’avenir du monde et de leurs enfants. Les gestes posés par ces femmes façonnent concrètement l’avenir du monde.</p>
<p style="font-weight: 400;">Delvaux le rappelle en donnant l’exemple marquant du 24 octobre 1975 en Islande, où 25 000 femmes se sont réunies pour protester contre les inégalités économiques entre les genres. Cinq ans plus tard, le pays élisait la première femme présidente au monde. « Il faut les grèves des femmes pour s’opposer à la non-mixité du monde dans lequel on vit. » (p. 57), nous dit Delvaux. Elle insiste toujours sur le fait que le féminisme n’est pas un mouvement contre les hommes. Il s’agit plutôt de créer des espaces non mixtes pour reprendre la parole, reprendre le contrôle du récit, de notre histoire, pour être vues, entendues, et, peut-être, enfin écoutées. Être féministe, c’est vouloir apprendre et comprendre, tenter de saisir la complexité du monde pour le rendre toujours plus juste.</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;">« Être féministe, ce n’est pas, comme certains individus se plaisent à le caricaturer, se complaire dans une position de victime. Être féministe, c’est être vigilante, curieuse et à l’affût, critique et soupçonneuse des discours dominants. C’est regarder derrière pour voir devant et continuer à rêver, par des paroles et des gestes militants, un monde plus tolérable, un monde où l’on vivrait mieux. » (p. 73)</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400;">Vraisemblablement, le féminisme traverse toutes les sphères de sa vie. Martine Delvaux choisit de « découvrir et protéger la différence au lieu de chercher à l’amalgamer » (p. 111), et elle le fait avec douceur, ouverture et bienveillance. La reconnaissance des différences ne divise pas, non, elle rassemble et transforme plutôt la diversité en force collective.</p>
<p style="font-weight: 400;">&nbsp;</p>
<h3 style="font-weight: 400;"><strong>Mère</strong></h3>
<p style="font-weight: 400;">Son rôle en tant que mère-féministe est clair : faire en sorte que le féminisme devienne une évidence, un socle, un point de départ. Que son enfant puisse choisir « le féminisme plutôt que la discrimination, le sexisme, la misogynie. » (p. 133) C’est ce qu’elle transmet volontairement, authentiquement, à sa fille, « la fille postféministe d’une mère féministe. » (p. 133)</p>
<p style="font-weight: 400;">À la page 46, on retrouve une image représentant une femme adossée à un test de grossesse géant. À une extrémité du test, figure une boussole, et à l’autre, une grenade. Cette image d’antithèse met en scène une conception profondément binaire de la maternité : « avoir un enfant donne tout son sens à la vie, […] [ou] détruit la vie » (p. 45). Cette vision extrême, encore largement répandue dans l’imaginaire collectif, est remise en question par Martine Delvaux.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour elle, la maternité est plus complexe : elle doit être un désir, et non une obligation ou un simple rite de passage. Delvaux ne glorifie pas la maternité comme apogée de la féminité, mais elle ne la condamne pas non plus au nom, par exemple, de l’égalité d’accès au travail ou au pouvoir.</p>
<p style="font-weight: 400;">Est-ce que ne pas avoir d’enfant est un acte féministe ou en avoir un·e l’est davantage ? Elle refuse de choisir. Elle a eu une enfant, et elle l’aime. Cette enfant est le centre de sa vie, mais pas « le cœur de son identité » (p. 86).</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est précisément à partir de cette position nuancée que Delvaux pense et habite sa maternité au quotidien. Dans son rôle de mère, elle juge essentiel de nommer les réalités afin de les comprendre et de les accepter. Il faut nommer pour saisir la diversité du monde et des expériences, pour déconstruire les préjugés, et pour offrir une nouvelle grammaire du monde à son enfant afin que cette dernière puisse lire la réalité autrement. Comprendre, accepter, aimer.</p>
<p style="font-weight: 400;">Être féministe implique aussi de reconnaitre sa position de privilège : « J’ai la peau blanche, j’ai fait des études avancées, je suis professeure d’université, je fais partie de cette tranche de la société qui ne manque de rien et dont les souffrances demeurent les souffrances des privilégiés. » (p. 66)</p>
<p style="font-weight: 400;">Être une mère féministe, c’est également transmettre cette conscience à son enfant. Cette posture se déploie dans l’une des listes de choses à faire absolument :</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;">« Te rappeler qui tu es : blanche, née avec un corps en plutôt bonne santé, dans une famille de classe moyenne, sur un territoire où vivaient des peuples déjà et que tes ancêtres d’Europe ont colonisés. Te rappeler que, malgré tous les écueils, tous les dangers, tous les risques, tout ce dont tu pourrais être privée, il reste que tu es privilégiée. » (p. 52)</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400;">Martine Delvaux explore le féminisme et la maternité comme des espaces d’amour inconditionnel qui dépassent largement la relation mère-enfant. Être féministe et mère, c’est apprendre à son enfant à reconnaitre ses privilèges afin de l’amener à soutenir et à respecter tout le monde, quel que soit le genre, l’origine ethnoculturelle, l’orientation sexuelle ou l’histoire de chacun·e. Être féministe, c’est reconnaitre que tout le monde mérite d’exister, d’être entendu et validé, et que la force réside dans le collectif. Et être mère et féministe, c’est le transmettre.</p>
<p style="font-weight: 400;">À travers son rôle de mère, Delvaux enseigne des valeurs de solidarité et de justice sociale. Elle participe donc à rendre le monde plus juste et plus bienveillant : « Il faut s’opposer sans cesse aux dominations et aux inégalités. » (p. 72) et « défendre toutes les vies » (p. 76). Transmettre ces valeurs à son enfant fait de la maternité un acte profondément politique et humaniste. Dans cette perspective, Delvaux suggère que la réflexion sur le féminisme s’inscrit dans un horizon plus large, celui de l’humanisme : apprendre à agir avec et pour les autres permet de construire un monde plus juste et solidaire. En ce sens, reconnaitre l’humanité en chacun·e implique aussi d’accepter la nôtre avec nos peurs et notre fragilité. Delvaux met en avant la force collective et l’importance de prendre sa place dans le monde tout en respectant celle des autres. Elle nous invite à réfléchir sur la question du féministe en tant que valeur fondamentale. Se pourrait-il qu’être féministe, ce soit défendre le droit à la vie, à la dignité ainsi qu’à l’égalité de traitement qui revient à tout le monde ? Lutter pour le féminisme, ce serait défendre les droits de la personne les plus essentiels.</p>
<p style="font-weight: 400;"><i>Le monde est à toi</i> nous invite à réfléchir sur notre place dans le monde en nous poussant à ouvrir le dialogue et à créer des espaces d’égalité et de bienveillance. À chaque geste que l’on pose et à chaque choix que l’on fait au quotidien, nous pouvons participer à bâtir un monde plus juste. Delvaux termine le livre par une liste de conseils, de demandes et d’injonctions adressées à sa fille en l’invitant à se tenir debout, à trouver sa place dans le monde, ce monde qui est à elle autant qu’à nous, qu’à vous, qu’à elleux. Ce monde qu’elle a le droit d’occuper pleinement, simplement parce qu’elle le mérite en tant qu’être humaine.</p>
<p style="font-weight: 400;">Réfléchir, découvrir, agir, écouter : ce sont des actes d’amour. Un amour qui protège, qui élève, qui rassemble. Le monde est à nous.</p>
</div></div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Appel à illustrations – numéro 179. Narrations interactives : quand l’image ouvre le jeu</title>
		<link>https://nuitblanche.com/appel-a-illustrations-numero-179/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 14:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appel à textes]]></category>
		<category><![CDATA[Appel à illustration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://nuitblanche.com/?p=3142</guid>

					<description><![CDATA[Appel à illustration pour la couverture du numéro 179 de la revue Nuit blanche.

Date limite des propositions : le 4 avril 2026.
Rémunération prévue : 500 $.

Pour son numéro d’automne consacré aux narrations interactives, Nuit Blanche lance un appel à images destiné à accompagner et prolonger visuellement les réflexions du dossier.

Au cœur de ce numéro : des récits où le·a lecteur·rice devient acteur·rice, où le texte se fragmente, se ramifie, se rejoue. Des romans « dont-vous-êtes-le-héros » aux fictions interactives contemporaines, des livres-jeux aux récits numériques et performatifs, ces formes hybrides déplacent les frontières de la littérature — et invitent l’image à jouer un rôle actif dans l’expérience de lecture.
Nous recherchons des propositions visuelles capables de dialoguer avec ces enjeux : des images qui suggèrent le choix, la bifurcation, la participation, le jeu, l’exploration, ou encore la porosité entre fiction, ludicité et lecture.
Les pistes suivantes peuvent inspirer les propositions (sans s’y limiter) :
• la figure du lecteur·rice comme personnage, joueur·euse, explorateur·rice ;
• la fragmentation du récit, les chemins multiples, les embranchements narratifs ;
• l’esthétique du livre-jeu, du rétro, du pixel, du schéma, de la carte, du plateau, du menu, de l’interface ;
• le rapport entre texte, image et action ;
• la littérature comme expérience collective, participative ou performative.

Les propositions peuvent prendre des formes variées :
illustration narrative ou conceptuelle, dessin, bande dessinée, collage, graphisme, image numérique, travail typographique, hybridations texte-image, ou toute autre approche visuelle pertinente. Les styles peuvent être figuratifs ou abstraits, sobres ou ludiques, expérimentaux ou plus classiques, tant qu’ils s’inscrivent dans une réflexion sensible sur le thème du numéro.

Les illustrations retenues pourront être utilisées en couverture, en ouverture de dossier ou en accompagnement des textes critiques.


Modalités de soumission
Merci d’envoyer un court portfolio ou un lien vers vos réalisations antérieures, accompagné d’une note d’intention (quelques lignes suffisent), ainsi que d’une brève description de la proposition envisagée pour l’illustration à livrer (idée, ambiance, piste visuelle, approche graphique, etc.), à l’adresse suivante :
redaction@nuitblanche.com
avant le 4 avril 2026.

Rémunération pour la couverture prévue : 500$]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_5 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_13 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><h1><span style="font-weight: 400;">Appel à illustration – Couverture pour le numéro 179 de la revue </span><i><span style="font-weight: 400;">Nuit Blanche</span></i><span style="font-weight: 400;"></span></h1>
<h3><b>Narrations interactives : quand l’image ouvre le jeu</b></h3>
<p><b></b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour son numéro d’automne consacré aux narrations interactives, Nuit Blanche lance un appel à images destiné à accompagner et prolonger visuellement les réflexions du dossier.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au cœur de ce numéro : des récits où le·a lecteur·rice devient acteur·rice, où le texte se fragmente, se ramifie, se rejoue. Des romans « dont-vous-êtes-le-héros » aux fictions interactives contemporaines, des livres-jeux aux récits numériques et performatifs, ces formes hybrides déplacent les frontières de la littérature — et invitent l’image à jouer un rôle actif dans l’expérience de lecture.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous recherchons des propositions visuelles capables de dialoguer avec ces enjeux :</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">des images qui suggèrent le </span><b>choix</b><span style="font-weight: 400;">, la </span><b>bifurcation</b><span style="font-weight: 400;">, la </span><b>participation</b><span style="font-weight: 400;">, le </span><b>jeu</b><span style="font-weight: 400;">, l’</span><b>exploration</b><span style="font-weight: 400;">, ou encore la porosité entre fiction, ludicité et lecture.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les pistes suivantes peuvent inspirer les propositions (sans s’y limiter) :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">la figure du lecteur·rice comme personnage, joueur·euse, explorateur·rice ;</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">la fragmentation du récit, les chemins multiples, les embranchements narratifs ;</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">l’esthétique du livre-jeu, du rétro, du pixel, du schéma, de la carte, du plateau, du menu, de l’interface ;</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">le rapport entre texte, image et action ;</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">la littérature comme expérience collective, participative ou performative.</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Les propositions peuvent prendre des formes variées :</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">illustration narrative ou conceptuelle, dessin, bande dessinée, collage, graphisme, image numérique, travail typographique, hybridations texte-image, ou toute autre approche visuelle pertinente. Les styles peuvent être figuratifs ou abstraits, sobres ou ludiques, expérimentaux ou plus classiques, tant qu’ils s’inscrivent dans une réflexion sensible sur le thème du numéro.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les illustrations retenues pourront être utilisées en couverture, en ouverture de dossier ou en accompagnement des textes critiques.</span></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">Modalité de soumission</span></h2>
<p>Merci d’envoyer un court portfolio ou un lien vers vos réalisations antérieures, accompagné d’une note d’intention (quelques lignes suffisent), <b>ainsi que d’une brève description de la proposition envisagée pour l’illustration à livrer</b><span style="font-weight: 400;"> (idée, ambiance, piste visuelle, approche graphique, etc.), à l’adresse suivante : </span><a href="mailto:redaction@nuitblanche.com" title="Appel à illustration – Couverture numéro 177">redaction[at]nuitblanche.com</a> avant le 4 avril 2026.</p>
<p><strong>Rémunération prévue</strong> : 500 $</p>
<h1></h1>
</div></div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">3142</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Appel à textes – Quand le·a lecteur·rice devient le·a protagoniste : narrations interactives et littératures ludiques</title>
		<link>https://nuitblanche.com/appel-a-textes-179/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 23:02:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appel à textes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://nuitblanche.com/?p=3141</guid>

					<description><![CDATA[Appel à textes pour le numéro 179 de la revue Nuit Blanche. 

Date limite des propositions : le 4 avril 2026.
Date limite des articles au complet : 22 mai 2026.

Pour son numéro d’automne, Nuit Blanche propose d’explorer un territoire encore peu arpenté par la revue : celui des narrations interactives, où le·a lecteur·rice n’est plus seulement destinataire du récit, mais en devient acteur·rice, parfois même protagoniste.

Des premiers romans « dont-vous-êtes-le-héros » aux fictions interactives contemporaines, des livres-jeux jeunesse aux thrillers narratifs numériques, ces formes hybrides ont traversé les décennies en se transformant sans cesse. Longtemps cantonnées aux marges ou associées à une littérature dite « mineure », elles n’ont pourtant cessé de se renouveler, touchant aujourd’hui des publics variés et investissant des supports multiples : papier, écran, audio, performance, jeu…

À la croisée de la littérature et du ludique, ces récits inventent de nouvelles manières de raconter et de lire. Ils interrogent la linéarité du texte, fragmentent la narration, multiplient les possibles et déplacent la frontière entre auteur·rice et lecteur·rice. Lire devient alors un geste actif : choisir, explorer, rejouer, parfois échouer, recommencer.

Ce dossier souhaite interroger la richesse et la diversité de ces narrations interactives, notamment à travers les axes suivants (non exclusifs) :
• le renouvellement de l’idée même de lecture active, et le brouillage des rôles entre créateur·rice et lecteur·rice ;
• l’élargissement du spectre des genres, de la littérature jeunesse à la fantasy, du roman noir aux formes expérimentales ou poétiques ;
• la réactivation d’un plaisir rétro ou nostalgique lié au roman-jeu, tout en ouvrant la voie à des formes résolument contemporaines, à l’intersection du livre, du jeu vidéo et du récit numérique ;
• la réflexion sur le lectorat comme co-créateur, et sur la place du jeu dans les pratiques littéraires actuelles.

En rendant hommage à ces objets narratifs souvent relégués aux marges, Nuit Blanche poursuit sa mission de mise en lumière des formes populaires, accessibles et inventives, capables de repenser la littérature comme expérience partagée. L’exploration de ces narrations interactives permettra également de tracer des ponts avec la scène des arts littéraires : performance, lecture publique, jeu narratif — autant de pratiques qui mettent en avant la participation et l’inventivité du public.

Ce numéro invite ainsi lecteur·rice·s, auteur·rice·s, critiques et créateur·rice·s à réfléchir ensemble à une question simple et radicale : que se passe-t-il quand la littérature donne les clés au·à la lecteur·rice ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_6 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_14 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><h1><span style="font-weight: 400;">Appel à textes pour le numéro 179 de la revue </span><i><span style="font-weight: 400;">Nuit Blanche</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span></h1>
<h2><span style="font-weight: 400;">Quand le·a lecteur·rice devient le·a protagoniste : narrations interactives et littératures ludiques</span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour son numéro d’automne, </span><b>Nuit Blanche</b><span style="font-weight: 400;"> propose d’explorer un territoire encore peu arpenté par la revue : celui des </span><b>narrations interactives</b><span style="font-weight: 400;">, où le·a lecteur·rice n’est plus seulement destinataire du récit, mais en devient acteur·rice, parfois même protagoniste.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Des premiers romans « dont-vous-êtes-le-héros » aux fictions interactives contemporaines, des livres-jeux jeunesse aux thrillers narratifs numériques, ces formes hybrides ont traversé les décennies en se transformant sans cesse. Longtemps cantonnées aux marges ou associées à une littérature dite « mineure », elles n’ont pourtant cessé de se renouveler, touchant aujourd’hui des publics variés et investissant des supports multiples : papier, écran, audio, performance, jeu…</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À la croisée de la littérature et du ludique, ces récits inventent de nouvelles manières de raconter et de lire. Ils interrogent la linéarité du texte, fragmentent la narration, multiplient les possibles et déplacent la frontière entre auteur·rice et lecteur·rice. Lire devient alors un geste actif : choisir, explorer, rejouer, parfois échouer, recommencer.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce dossier souhaite interroger la richesse et la diversité de ces narrations interactives, notamment à travers les axes suivants (non exclusifs) :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">le renouvellement de l’idée même de </span><b>lecture active</b><span style="font-weight: 400;">, et le brouillage des rôles entre créateur·rice et lecteur·rice ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">l’élargissement du spectre des genres, de la littérature jeunesse à la fantasy, du roman noir aux formes expérimentales ou poétiques ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">la réactivation d’un plaisir rétro ou nostalgique lié au roman-jeu, tout en ouvrant la voie à des formes résolument contemporaines, à l’intersection du livre, du jeu vidéo et du récit numérique ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">la réflexion sur le lectorat comme </span><b>co-créateur</b><span style="font-weight: 400;">, et sur la place du jeu dans les pratiques littéraires actuelles.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">En rendant hommage à ces objets narratifs souvent relégués aux marges, </span><b>Nuit Blanche</b><span style="font-weight: 400;"> poursuit sa mission de mise en lumière des formes populaires, accessibles et inventives, capables de repenser la littérature comme </span><b>expérience partagée</b><span style="font-weight: 400;">. L’exploration de ces narrations interactives permettra également de tracer des ponts avec la scène des arts littéraires : performance, lecture publique, jeu narratif — autant de pratiques qui mettent en avant la participation et l’inventivité du public.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce numéro invite ainsi lecteur·rice·s, auteur·rice·s, critiques et créateur·rice·s à réfléchir ensemble à une question simple et radicale :</span></p>
<p><b>que se passe-t-il quand la littérature donne les clés au·à la lecteur·rice ?</b></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">Articles possibles </span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce numéro accueillera des contributions variées, articulées autour des pistes suivantes :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Articles de fond</b><span style="font-weight: 400;"> ou réseau d’œuvres explorant les écritures de l’espoir : formes, langages, héritages, effets critiques.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Portraits d’auteur·rice·s</b><span style="font-weight: 400;"> dont les œuvres s’accordent avec la thématiques, d’éditeur.ices travaillant ces questions, de médiateur.ice.s etc.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Réflexions sur les enjeux de traduction dans le corpus</b><span style="font-weight: 400;">.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Analyses de tendances contemporaines</b><span style="font-weight: 400;">, repérables dans les librairies, les maisons d’édition, les festivals.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Critiques d’œuvres récentes</b><span style="font-weight: 400;"> inscrites dans cette mouvance.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Rubriques satellites</b><span style="font-weight: 400;">, plus libres, ouvertes à la forme brève, fragmentaire ou interdisciplinaire.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Textes de création</b><span style="font-weight: 400;"> explorant la thématique du numéro</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Toutes les formes littéraires et narratives sont les bienvenues : roman, poésie, théâtre, bande dessinée, récit graphique, littérature jeunesse, jeux narratifs, balados, récits numériques ou hybrides, performance. Le dossier accueillera également des propositions de vulgarisation destinées à élargir les perspectives critiques auprès d’un lectorat curieux, non spécialiste, mais exigeant.</span></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">Modalité de soumission</span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Les auteur·rices sont invité·es à </span><b>soumettre une proposition d’article</b><span style="font-weight: 400;"> pour le </span><b>4 avril 2026</b><span style="font-weight: 400;">, afin de valider la pertinence de l’angle proposé et d’affiner la proposition pour vous assurer les meilleures chances de publications. Cette proposition peut être très brève (quelques lignes), selon les besoins de chacun·e, ou peut être plus étayée, jusqu’à un premier jet du texte souhaité.</span></p>
<p><b>Les articles complets sont attendus pour le</b><b> 22 mai 2026.</b></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Le titre du courriel doit indiquer “soumission 179” et le corps du mail doit nous permettre de connaitre votre nom complet. Merci d’indiquer également votre province ou pays de résidence.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Les textes doivent être rédigés en français.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">Les propositions et articles doivent être envoyés à </span><b style="font-size: 14px;">redaction[at]nuitblanche.com</b><span style="font-weight: 400;">.</span></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Chaque texte fera l’objet d’une révision éditoriale et d’une révision linguistique accompagnée de commentaires, avant validation finale.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Un·e auteur·rice publié·e ne peut critiquer ses propres œuvres ou les œuvres publiées dans la même maison d’édition ou collection. Il est également demandé aux auteur·rices de signaler tout possible conflit d’intérêt avec l’auteur·rice ou les auteur·rices mobilisé·es dans le texte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les articles sélectionnés pour publication seront rémunérés à hauteur de 35$ par feuillet de 350 mots. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ul></ul>
</div></div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">3141</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Ce dont on ne parle pas et autres fantômes</title>
		<link>https://nuitblanche.com/ce-dont-on-ne-parle-pas-et-autres-fantomes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 20:36:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques Web]]></category>
		<category><![CDATA[Christine Comeau]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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					<description><![CDATA[L’autrice Alexie Morin s’est fait connaitre du grand public avec la parution de son troisième livre, le roman autofictionnel Ouvrir son cœur (Le Quartanier, 2018), qui a remporté le Prix des libraires du Québec en 2019 et s’est classé finaliste au Prix littéraire des collégien·ne·s l’année suivante. Elle nous revient en 2025 avec une proposition très différente, une fiction d’inspiration gothique flirtant avec le fantastique, le premier tome d’un cycle à venir : La maison du rang Lynch.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_7 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_15 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module titre-critique titre-ouvrage nom-auteur"><div class="et_pb_text_inner"><p><span class="titre-critique" id="titre-critique">Ce dont on ne parle pas et autres fantômes</span><br />
par <span class="nom-auteur" id="contributeur-critique">Christine Comeau</span></p>
<p><span class="titre-ouvrage" id="titre-ouvrage">La maison du rang Lynch</span>  de <span class="nom-auteur" id="nom-auteur">Alexie Morin</span></p>
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<div class="et_pb_image_4 et_pb_image et_pb_module et_block_module"><span class="et_pb_image_wrap"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782896987641_large-1.webp?resize=1080%2C1625&#038;ssl=1" title="9782896987641_large (1)" width="1080" height="1625" srcset="https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782896987641_large-1.webp 1196w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782896987641_large-1-980x1475.webp 980w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782896987641_large-1-480x722.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1196px, 100vw" class="wp-image-3082" /></span></div>

<div class="et_pb_text_16 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module details"><div class="et_pb_text_inner"><div class="details"><small style="font-size: 80%;">Date de parution</small><br />
<span id="date-parution">14 octobre 2025</span><br />
&#160;<br />
<small style="font-size: 80%;">Éditeur</small><br />
<span id="éditeur">Le Quartanier</span><br />
&#160;<br />
<small style="font-size: 80%;">Critique publiée le</small><br />
<span id="éditeur">14 janvier 2026</span>
</div>
</div></div>
</div>

<div class="et_pb_column_17 et_pb_column et_pb_column_3_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough">
<div class="et_pb_text_17 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><p style="font-weight: 400;">L’autrice Alexie Morin s’est fait connaitre du grand public avec la parution de son troisième livre, le roman autofictionnel <i>Ouvrir son cœur</i> (Le Quartanier, 2018), qui a remporté le Prix des libraires du Québec en 2019 et s’est classé finaliste au Prix littéraire des collégien·ne·s l’année suivante. Elle nous revient en 2025 avec une proposition très différente, une fiction d’inspiration gothique flirtant avec le fantastique, le premier tome d’un cycle à venir : <i>La maison du rang Lynch</i>.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’histoire prend place à Wickford Mills, une localité fictive inspirée par le Windsor natal de l’autrice, plus spécifiquement dans une petite agglomération isolée au bout d’un rang, quelques maisons ayant poussé de guingois autour de la demeure ancestrale de la famille McCabe. Sous l’égide d’un patriarche tyrannique se déploie toute une galerie de personnages : Maude et Marylou, filles-mères de génération en génération, Anne-Claire et Samuel, les enfants disparus, le cousin Tommy, mouton noir du clan, et surtout David et Vincent, grandissant tant bien que mal entre deux tragédies, comme de la mauvaise herbe s’insinuant dans les <i>craques</i> d’un rocher. C’est une histoire qui prend son temps, qui fait des détours, qui sinue entre les époques comme un sentier tortueux dont on ne sait pas s’il nous conduira hors de la forêt ou dans ses profondeurs les plus sombres. L’intrigue, faite de silences ponctués d’évènements inexplicables, évolue autour de cette famille ordinaire d’adolescent·e·s blasé·e·s et de parents absents contre laquelle le sort semble injustement s’acharner.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’adolescence est un thème important de <i>La maison du rang Lynch</i>, ce qui donne à l’ouvrage des allures de roman initiatique. Dans les premières pages, les expérimentations d’un bébé qui porte les objets à sa bouche ou qui les cogne sur le plancher afin « d’établir les propriétés du réel » agissent comme une mise en abyme de tout le livre : à l’image de la petite enfance, l’adolescence est une période de la vie où on teste les limites de son environnement. Dans une entrevue donnée à l’émission <i>Il restera toujours la culture</i><a href="#note1" id="appel1" style="color: #595959 !important; line-height: 0.8 !important;"><sup>1</sup></a>, diffusée sur les ondes de Radio-Canada, Alexie Morin parle de l’adolescence comme de la période où « tout arrive pour la première fois ». Elle évoque également la découverte du monde des adultes, qui peut se révéler décevante, voire traumatisante pour les jeunes exposé·e·s trop tôt à des évènements malsains ou violents. Laissés à eux-mêmes au milieu de nulle part, privés de repères, les enfants du rang Lynch finissent inévitablement par se perdre – que ce soit de façon littérale ou métaphorique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Des contes classiques, comme <i>Hansel et Gretel</i>, des frères Jacob et Wilhelm Grimm, ou <i>Le Petit Poucet</i>, de Charles Perrault, aux romans populaires tels que <i>The Girl Who Loved Tom Gordon</i>, de Stephen King (Scribner, 1999), les histoires d’enfants égarés en forêt constituent un schéma récurrent des littératures de l’imaginaire. Mais la mésaventure de Vincent qui, équipé d’une carte et d’une boussole ayant appartenu à son père, se perd dans les bois bordant le rang Lynch, n’est pas anodine. Alors qu’il croit avancer en ligne droite, ses pas le ramènent sans cesse à son point de départ. Il tourne en rond jusqu’à ce que sa malchance prenne une dimension surnaturelle, mais aussi symbolique. Sa trajectoire circulaire figure l’histoire de la famille McCabe, pour laquelle les malheurs semblent se répéter sans fin. Elle figure également le désir de fuir ses racines sans jamais y arriver; la boucle sans fin des traumas transgénérationnels à laquelle il ne peut échapper, car les outils que son père lui a transmis ne lui permettent pas de trouver son propre chemin. Avec son écriture subtile, Alexie Morin a su broder une signification cachée au revers de chacun des éléments qui forment son histoire, donnant au récit une seconde couche de sens et plus de profondeur qu’il pourrait y paraitre. Ce n’est probablement pas un hasard non plus si la route où se situe la maison familiale, qui forme une boucle avec le rang, se nomme « le chemin Rond ».</p>
<p style="font-weight: 400;">En plus de présenter les caractéristiques d’un roman d’apprentissage, <i>La maison du rang Lynch</i> contient plusieurs des attributs généralement associés au roman gothique, dont le plus évident est bien entendu la maison elle-même. Plus que de simples décors, les habitations, dans la littérature gothique, sont intrinsèquement liées à leurs occupants. Pensons, par exemple, à la vieille demeure de la famille Usher, dont la décrépitude reflète l’état mental des membres de la maisonnée (<i>The Fall of the House of Usher</i> d’Edgar Allan Poe, <i>Burton’s Gentleman’s Magazine</i>, 1839); ou encore au manoir de Hill House, où les phénomènes paranormaux semblent renvoyer à l’état émotionnel de la protagoniste (<i>The Haunting of Hill House </i>de Shirley Jackson, Viking, 1959). La demeure des McCabe, quant à elle, est sale et encombrée, chaque génération y ayant laissé « sa propre couche sédimentaire d’objets hétéroclites et de poussière ». Il s’agit de l’héritage familial, un lieu chargé de souvenirs, où le présent et le passé s’entremêlent inextricablement. La nuit, elle devient menaçante, source de cauchemars. Après tout, « [c]’est souvent les choses les plus familières qui sont les plus épeurantes ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Alexie Morin ancre également son roman dans le genre au moyen de plusieurs références intertextuelles, notamment à l’une des œuvres les plus célèbres de la littérature gothique : <i>Wuthering Heights</i> d’Emily Brontë (Thomas Cautley Newby, 1847), qui met en scène les tourments d’une famille déchirée par les passions. Le personnage de Tommy lit ce classique avec grand intérêt. Se sentant lui-même mis à l’écart par ses proches en raison de sa différence, on peut aisément l’imaginer s’identifier au ténébreux Heathcliff. Lorsqu’il émet cette réflexion : « Tout le monde s’haït, même quand ils s’aiment », on comprend que son commentaire s’applique tant aux Earnshaw d’Emily Brontë qu’aux McCabe – et, avouons-le, à bien des familles.</p>
<p style="font-weight: 400;">Selon Wen-yi Lee, « le gothique, en tant que genre, s’intéresse aux squelettes dans les placards familiaux<a href="#note2" id="appel2" style="color: #595959 !important; line-height: 0.8 !important;"><sup>2</sup></a> ». Elle affirme que « le potentiel horrifique de la famille réside dans son inéluctabilité ». En effet, on ne choisit pas ses proches, pas plus qu’on ne peut réellement parvenir à les quitter. Qu’on le veuille ou non, l’héritage qu’on porte nous suit où qu’on aille. La romancière précise : « En ce qui concerne les membres de votre famille, vous êtes la maison hantée. Vous êtes le papier peint qu’ils déforment, les portes qu’ils verrouillent, les miroirs dans lesquels ils apparaissent. » Dans le cas des jeunes du clan McCabe, il semble en effet assez juste d’envisager le patrimoine hérité comme une forme de hantise, une malédiction à laquelle il est impossible de se soustraire.</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est bien connu : qui dit roman gothique dit aussi phénomènes surnaturels, et le livre dont il est question ici ne fait pas exception. Des bruits de pas résonnant dans les couloirs, l’ombre d’une fillette errant dans les bois… Alexie Morin use du fantastique avec parcimonie pour créer une ambiance prégnante et équivoque. Mais, comme pour les autres éléments de l’intrigue mentionnés précédemment, les « fantômes » du rang Lynch ont bien plus à voir avec le passé familial qu’avec l’au-delà. La présence qui alourdit l’atmosphère de la vieille demeure ou de la forêt environnante, c’est le poids des secrets. Ce sont les souvenirs douloureux, les regrets et les questions sans réponse. C’est « l’interdiction de nommer qui empêch[e] d’oublier ». Ce qui hante les McCabe, c’est ce dont ils et elles ne parlent pas.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans son essai <i>Haunting the Text: Housing Ghosts in Fiction</i><a href="#note3" id="appel3" style="color: #595959 !important; line-height: 0.8 !important;"><sup>3</sup></a>, l’écrivaine Catriona Ward affirme que la plupart des histoires de fantômes portent sur « l’horreur engendrée par ce qui revient, le caractère aberrant de la répétition ». Elle ajoute même que les revenants constituent « l’antithèse de la croissance ». Puisqu’ils n’évoluent pas, « les fantômes personnifient l’horreur du moment arrêté, répété à jamais ». Lorsque l’histoire se réitère, « au lieu d’atteindre une résolution cathartique, on est renvoyé à son point de départ » – ce qui rappelle la boucle infinie parcourue par Vincent dans la forêt. Chez les McCabe, les adolescent·e·s grandissent parmi les fantômes, leur émancipation empêchée reproduisant à la perfection l’antithèse évoquée par Catriona Ward. L’originalité de l’œuvre d’Alexie Morin réside peut-être dans l’entrechoquement de ces idées opposées, de la croissance et de la stagnation.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’univers créé par Alexie Morin est riche, et sa prose hypnotique retient aisément l’attention du lecteur ou de la lectrice qui s’y aventure. Il faut toutefois savoir que <i>La maison du rang Lynch</i> ne révèle pas facilement ses secrets. Ceux ou celles qui attendent d’un livre qu’il fournisse une explication à tout pourraient ressentir une légère déception en en refermant la couverture ou, au contraire, avoir très hâte de lire la suite. Sans être réellement angoissant, le roman capture magnifiquement l’esprit du gothique pour créer une intrigue psychologique moderne portant sur la démission parentale et sur le cycle de la transmission des traumatismes. Pour Catriona Ward, les histoires de revenants que nous nous racontons « dramatisent nos tentatives désespérées de guérir un passé qui se répète sous nos yeux, encore et encore ». Elles portent également « l’espoir de parvenir à rectifier le passé pour enfin avancer, d’apprendre les leçons qu’il a à nous enseigner et de réussir à s’en exorciser ». Nous verrons bien, dans les prochains tomes, si la famille McCabe parviendra ou non à se débarrasser de ses fantômes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p><span style="font-height: 400;">1. Il restera toujours la culture. (22 octobre 2025). « Alexie Morin inspirée par les mystères de la forêt », <i>Radio-Canada Ohdio</i>, [en ligne]. <a style="color: #595959 !important;" href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/il-restera-toujours-culture/segments/rattrapage/2206930/entrevue-avec-autrice-alexie-morin-pour-son-roman-maison-rang-lynch" target="_blank" rel="noopener">https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/il-restera-toujours-culture/segments/rattrapage/2206930/entrevue-avec-autrice-alexie-morin-pour-son-roman-maison-rang-lynch</a>. <a href="#appel1" id="note1" style="color: #595959;"><b>Retour</b></a></span></p>
<p><span style="font-height: 400;">2. Traduction libre. LEE, Wen-yi. « We Inherit Our Ghosts: On Gothic Fiction and the Need to Remember », <i>Crime Reads</i>, [en ligne], 27 september 2024. <a style="color: #595959 !important;" href="https://crimereads.com/we-inherit-our-ghosts-on-gothic-fiction-and-the-need-to-remember/" target="_blank" rel="noopener">https://crimereads.com/we-inherit-our-ghosts-on-gothic-fiction-and-the-need-to-remember/</a>. <a href="#appel2" id="note2" style="color: #595959;"><b>Retour</b></a></span></p>
<p><span style="font-height: 400;">3. Traduction libre. WARD, Catriona. « Haunting the Text: Housing Ghosts in Fiction », <i>Writing the Uncanny</i>, sous la direction de Dan Coxon et Richard V. Hirst, Dead Ink, 2021. <a href="#appel3" id="note3" style="color: #595959;"><b>Retour</b></a></span></p>
</div></div>
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</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Rassembler les sorcières : la poésie occulte comme forme de résistance</title>
		<link>https://nuitblanche.com/rassembler-les-sorcieres-la-poesie-occulte-comme-forme-de-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 14:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques Web]]></category>
		<category><![CDATA[Audrée Wilhelmy]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Ivoire Nadeau]]></category>
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					<description><![CDATA[En septembre 2025 est paru Incante : Manifeste (Leméac), le premier recueil de poésie de l’écrivaine et artiste québécoise Audrée Wilhelmy. Ce texte à la fois enflammé et raffiné s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de l’autrice tant sur le plan stylistique que thématique. Une partie du recueil a été finaliste au Prix de poésie de 2023 de Radio-Canada et, déjà, on reconnait les traits qui lui ont valu les éloges du jury : le vocabulaire riche, l’appel saisissant du ton direct ainsi que la puissance d’images évoquant des époques où mythes et folklores régissaient les vies humaines.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_8 et_pb_section et_section_regular et_block_section">
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<div class="et_pb_text_18 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module titre-critique titre-ouvrage nom-auteur"><div class="et_pb_text_inner"><p><span class="titre-critique" id="titre-critique">Rassembler les sorcières : la poésie occulte comme forme de résistance</span><br />par <span class="nom-auteur" id="contributeur-critique">Ivoire Nadeau</span></p>
<p><span class="titre-ouvrage" id="titre-ouvrage">Incante : Manifeste</span>  de <span class="nom-auteur" id="nom-auteur">Audrée Wilhelmy</span></p>
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<div class="et_pb_image_5 et_pb_image et_pb_module et_block_module"><span class="et_pb_image_wrap"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782760949690_large.webp?resize=1051%2C1800&#038;ssl=1" title="9782760949690_large" width="1051" height="1800" srcset="https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782760949690_large.webp 1051w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782760949690_large-980x1678.webp 980w, https://nuitblanche.com/wp-content/uploads/2026/01/9782760949690_large-480x822.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1051px, 100vw" class="wp-image-3073" /></span></div>

<div class="et_pb_text_19 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module details"><div class="et_pb_text_inner"><div class="details"><small style="font-size: 80%;">Date de parution</small><br />
<span id="date-parution">24 septembre 2025</span><br />
&#160;<br />
<small style="font-size: 80%;">Éditeur</small><br />
<span id="éditeur">Leméac Éditeur</span><br />
&#160;<br />
<small style="font-size: 80%;">Critique publiée le</small><br />
<span id="éditeur">7 janvier 2026</span>
</div>
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<div class="et_pb_text_20 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><p><span style="font-weight: 400;">En septembre 2025 est paru </span><i><span style="font-weight: 400;">Incante : Manifeste</span></i><span style="font-weight: 400;"> (Leméac), le premier recueil de poésie de l’écrivaine et artiste québécoise Audrée Wilhelmy. Ce texte à la fois enflammé et raffiné s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de l’autrice tant sur le plan stylistique que thématique. Une partie du recueil a été finaliste au Prix de poésie de 2023 de Radio-Canada et, déjà, on reconnait les traits qui lui ont valu les éloges du jury : le vocabulaire riche, l’appel saisissant du ton direct ainsi que la puissance d’images évoquant des époques où mythes et folklores régissaient les vies humaines. C’est une œuvre courte qui, sur le plan formel, se détache du corpus narratif de l’écrivaine, mais qui reprend habilement certains thèmes caractéristiques de son imaginaire, tels que la solidarité féminine (« sois celle qui fléchit les routes/[…]/arase-les/pour les chevilles/de celles qui te suivront » [p. 35]), les éléments naturels comme source de savoir (« tu sais/retrouver les territoires amis/les fougères copulatoires/les suaves bosquets » [p. 55]; « calcule / l’algèbre inouïe des soleils/qui t’ont engendrée/qui toujours t’étançonnent » [p. 67]) ainsi que la tension intime entre vulnérabilité et résistance (« sans maître / sans peur / gravis / tombeaux/ et gravats » [p. 51]). </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dès le titre, la personne lectrice est interpellée par l’adresse à la deuxième personne employée dans ce recueil-manifeste : on lui demande d’incanter, soit d’opérer un charme ou un sortilège à l’aide de paroles magiques. La dimension « manifeste » se déploie dans la présence chargée des verbes à l’impératif qui nous somment de chanter, de revendiquer, de célébrer un féminin aux nombreux visages. On y retrouve divers portraits de femmes, certains explicitement glorieux (« mères », « reines », « puissantes », « aïeules</span> <span style="font-weight: 400;">») et d’autres, forces tranquilles rappelant</span> <span style="font-weight: 400;">les invisibilisées et travailleuses oubliées, « les innombrables/courbes au-dessus des chaînes/contraintes/attachées à leur machine » </span><span style="font-weight: 400;">[p. 33]</span><span style="font-weight: 400;">). De « la mue des serpents » et des cendres (souvenirs des « filles sorcières ») se dressent les vestiges des femmes du passé et de leurs tribulations. Elles traversent le recueil et nous encouragent à garder courage, à continuer à aller de l’avant pour mieux honorer l’héritage qu’elles nous ont laissé.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La majorité du recueil est constituée de courts poèmes, de brèves formules scandées comme des incitations à une prise de conscience personnelle ou à la reconnaissance d’un savoir archaïque lié à la nature et à ses cycles. Après un premier poème en ouverture, le manifeste se divise en onze sections, chacune délimitée par des espaces vierges, sauf pour un passage poétique en bas de page : c’est là que prend forme le lieu ritualistique. Le lecteur ou la lectrice peut se poser un moment dans ces recoins peuplés d’objets sacrés, le temps d’assimiler ce qui a été convoqué précédemment : le plaidoyer d’une voix à la fois indocile et maitrisée, empreinte d’une fougueuse vitalité. Ailleurs, les mots trônent fièrement au milieu des pages, souverains et dénués de ponctuation. Le texte est plein d’une invitation à nous honorer nous-mêmes, à trouver de la puissance autant dans nos propres blessures que dans l’esprit de communauté. Figures humaines, animales et végétales surgissent et se rencontrent, se succédant comme des alliées essentielles au rite qui se déroule au fil du recueil. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’univers qui s’ouvre à nous dans </span><i><span style="font-weight: 400;">Incante</span></i><span style="font-weight: 400;"> est celui d’une féminité mystique : les fluides du corps s’amalgament à la matière inorganique comme le langage poétique entre en relation avec l’objet concret. Ceci est d’autant plus évident lorsque sont mis en parallèle le texte et l’exposition d’art de Wilhelmy présentée à la Maison de la littérature (Québec, QC)</span><span style="font-weight: 400;">. On connait déjà chez l’écrivaine une capacité à manier différentes formes poétiques – les mots, bien sûr, mais aussi l’image, les objets, la gravure et les travaux d’aiguille. Prenons par exemple le livre d’artiste </span><i><span style="font-weight: 400;">Sépulcre</span></i><span style="font-weight: 400;">, paru en 2022, exemplaire unique rassemblant plus de 1150 noms de filles et de femmes assassinées depuis le drame de la Polytechnique en 1989. Sobres et monochromes, les lettres tapées à la machine à écrire coexistent avec les rubans de dentelle, le lin et les ombres peintes. Avec l’exposition </span><i><span style="font-weight: 400;">Incante</span></i><span style="font-weight: 400;">, l’écrivaine semble concrétiser un projet de longue allure, celui de tirer hors du texte les métaphores textiles et graphiques de ses œuvres littéraires, nous permettant ainsi de voir prendre forme sa puissante et souvent bouleversante poétique visuelle. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les talismans de l’exposition </span><i><span style="font-weight: 400;">Incante</span></i><span style="font-weight: 400;"> sont l’incarnation physique des poèmes-sortilèges présents dans le recueil. Le rouge violacé des betteraves et du sang devient celui des délicates pierres et métaux ornant le crâne d’un animal défunt; l’écho morcelé d’un chœur sororal se retrouve dans le bois, les fibres et l’encre noire. La dimension incantatoire est synonyme de transformation, autant dans le recueil que dans l’exposition : le rite s'opère lorsque la lecture est entamée, quand le regard se pose sur une première œuvre. L’art devient une porte d’entrée vers un espace liminaire où le sacré et le profane coexistent, où l’imaginaire prend le dessus sur la réalité. C’est aussi là que se déploie la mythologie dense de l’autrice, qui se constitue dès son premier texte </span><i><span style="font-weight: 400;">Oss</span></i> <span style="font-weight: 400;"> et qui continue de s’élaborer encore aujourd’hui. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans les différents visages qui surgissent du recueil prédomine celui de la sorcière (« </span><i><span style="font-weight: 400;">sœurs occultes</span></i><span style="font-weight: 400;"> » et « </span><i><span style="font-weight: 400;">d’ombre</span></i><span style="font-weight: 400;"> », « </span><i><span style="font-weight: 400;">filles sorcières</span></i><span style="font-weight: 400;"> »). À la fois individuelle et collective, cette apparition au sein de l’univers énigmatique du recueil ne nous surprend pas. On y retrouve l’écho de d’autres figures féminines des romans de l’autrice (entre autres Peau-de-Sang du livre éponyme, Mie de </span><i><span style="font-weight: 400;">Corps des bêtes</span></i><span style="font-weight: 400;">, Daã de </span><i><span style="font-weight: 400;">Blanc résine</span></i><span style="font-weight: 400;">). Elles sont des femmes qui se définissent hors des limites physiques et symboliques de la société. Ce sont celles qui prospèrent en rizière du monde civilisé, qui dialoguent avec les plantes et les bêtes et font fi des jugements d’autrui : celles qui n’obéissent ni aux dogmes religieux ni au patriarcat. Elles sont celles qui ont choisi l’ostracisation pour vivre librement. La femme-nature dotée de pouvoirs magiques fait partie de l’imaginaire collectif depuis des siècles : elle est protéiforme, parfois bienveillante, parfois redoutable. C’est depuis l’essai </span><i><span style="font-weight: 400;">La Sorcière</span></i> <span style="font-weight: 400;">de l’historien Jules Michelet que l’on conçoit la sorcière comme un être persécuté par des institutions aux motivations douteuses (maintenir le pouvoir religieux en place, freiner les avancées scientifiques, s’enrichir, etc.) plutôt que comme un individu excentrique et dangereux. À partir de là s’est tissé, peu à peu, le lien entre la persécution des femmes jugées non-conformistes et la domination masculine. Aujourd’hui, l’intérêt qui est porté à la sorcière a été propulsé par </span><i><span style="font-weight: 400;">Sorcières : la puissance invaincue des femmes</span></i> <i><span style="font-weight: 400;"> </span></i><span style="font-weight: 400;">de Mona Chollet, texte féministe qui retrace son histoire du Moyen Âge jusqu’aux astrologues et cartomanciennes virtuelles de notre époque. Depuis, en moins d’une décennie, notre interprétation de cet être a évolué à une vitesse désarmante. Parfois recluse et herboriste, elle est aussi influenceuse et vendeuse de sortilèges sur Etsy, mettant à profit ses dons pour assurer sa survie.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En outre, la sorcière a longtemps été associée à des discours progressistes célébrant l’égalité entre les sexes ainsi que la protection de l’environnement. Aujourd’hui, on la retrouve aussi dans des discours plus conservateurs qui profitent de l’association entre féminin et nature pour ériger en modèle la femme intuitive, passive, apte à reconnaitre sa place au sein du couple hétéronormatif et de la société. Lorsque l’on décide qu’il existe un rapport à la nature ou à une spiritualité spécifiquement féminine, on court le risque de glorifier un essentialisme qui réduit les femmes à leur biologie. C’est sans doute ce que la sorcière redoute le plus : qu’on prétende circonscrire ce qu’elle est en réduisant ses mystères à une définition essentialiste qui nie la pluralité des expériences féminines. </span><i><span style="font-weight: 400;">Incante</span></i><span style="font-weight: 400;"> est donc une œuvre à la beauté indéniable qui surgit dans un contexte où l’association entre féminin, magie et nature est marquée par la contradiction. L’univers de Wilhelmy, assez éloigné des discours idéologiques qui l’entourent, demeure une splendide ode à la sororité et à un monde naturel insoumis.  </span></p>
</div></div>
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</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Appel à textes – Lire autrement : la littérature Young Adult</title>
		<link>https://nuitblanche.com/appel-a-textes-lire-autrement-la-litterature-young-adult/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuelle Lescouet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 16:02:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appel à textes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://nuitblanche.com/?p=2836</guid>

					<description><![CDATA[Appel à textes pour le numéro 178 de la revue Nuit Blanche. 

Date limite des propositions : le 26 janvier 2026.
Date limite des articles au complet : 23 mars 2026.

Après avoir exploré l’espoir comme moteur littéraire et éditorial, Nuit Blanche poursuit sa relance en se tournant vers un territoire foisonnant, mais encore trop souvent méconnu : la littérature Young Adult (YA), plus rarement appelée « jeune adulte » en français.

Ce numéro souhaite mettre en lumière :
• pourquoi le YA séduit aujourd’hui un public large, aux âges variés, en quête de récits réconfortants, de mondes réparateurs ou de critiques profondes du réel ;
• comment la diversité des écritures, des personnages et des univers rend visibles une pluralité de vécus, d’identités et de représentations ;
• en quoi le YA constitue une porte d’entrée pour de nouvelles générations de lecteur·rice·s et un terrain d’expérimentation pour les auteur·rice·s émergent·e·s.

À travers analyses, portraits, critiques et créations originales, ce dossier cherchera à vulgariser et à contextualiser ce champ pour notre lectorat adulte fidèle, tout en affirmant la place du YA comme un pan majeur de la culture littéraire contemporaine.

Avec ce numéro, Nuit Blanche poursuit le fil amorcé : montrer comment la littérature peut devenir un lieu de réflexion, de transmission et d’espérance, et rappeler qu’oser lire autrement, c’est déjà penser demain.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section_9 et_pb_section et_section_regular et_block_section"><div class="et_pb_row_15 et_pb_row et_block_row"><div class="et_pb_column_21 et_pb_column et_pb_column_4_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough"><div class="et_pb_text_21 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module"><div class="et_pb_text_inner"><h1><span style="font-weight: 400;">Appel à textes pour le numéro 178 de la revue </span><i><span style="font-weight: 400;">Nuit Blanche</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span></h1>
<p><span style="font-weight: 400;">Après avoir exploré </span><b>l’espoir</b><span style="font-weight: 400;"> comme moteur littéraire et éditorial, </span><i><span style="font-weight: 400;">Nuit Blanche</span></i><span style="font-weight: 400;"> poursuit sa relance en se tournant vers un territoire foisonnant, mais encore trop souvent méconnu : </span><b>la littérature Young Adult (YA)</b><span style="font-weight: 400;">, plus rarement appelée « jeune adulte » en français.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Segment de l’édition en pleine effervescence, le YA connaît une croissance remarquable, tout en demeurant paradoxalement sous-estimé, réduit trop souvent à un simple divertissement ou à un âge passager du lectorat.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pourtant, ce champ est aujourd’hui </span><b>un véritable laboratoire d’écriture</b><span style="font-weight: 400;">, où se redessinent les frontières des genres, se forgent de nouvelles voix, et s’expérimentent des récits capables de relier l’intime et le collectif à travers des jeux de focales, de constructions et de co-constructions narratives audacieuses.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Des </span><b>sous-genres</b><span style="font-weight: 400;"> entiers y naissent ou s’y réinventent : fantasy revisitée, science-fiction éthique, thrillers inclusifs, romances critiques, récits d’anticipation ou d’apprentissage élargi. Sous leurs dehors accessibles, ces œuvres interrogent nos représentations, nos utopies et nos contradictions.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce numéro souhaite mettre en lumière :</span></p>
<ul>
<li><span style="font-weight: 400;"> pourquoi le YA séduit aujourd’hui un public large, aux âges variés, en quête de récits réconfortants, de mondes réparateurs ou de critiques profondes du réel ;</span></li>
<li><span style="font-weight: 400;"> comment la diversité des écritures, des personnages et des univers rend visibles une pluralité de vécus, d’identités et de représentations ;</span></li>
<li><span style="font-weight: 400;"> en quoi le YA constitue une </span><b>porte d’entrée pour de nouvelles générations de lecteur·rice·s</b><span style="font-weight: 400;"> et un terrain d’expérimentation pour les auteur·rice·s émergent·e·s.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">À travers </span><b>analyses, portraits, critiques et créations originales</b><span style="font-weight: 400;">, ce dossier cherchera à vulgariser et à contextualiser ce champ pour notre lectorat adulte fidèle, tout en affirmant la place du YA comme un </span><b>pan majeur de la culture littéraire contemporaine</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec ce numéro, </span><i><span style="font-weight: 400;">Nuit blanche</span></i><span style="font-weight: 400;"> poursuit le fil amorcé : montrer comment la littérature peut devenir un lieu de réflexion, de transmission et d’espérance, et rappeler qu’</span><b>oser lire autrement, c’est déjà penser demain.</b><span style="font-weight: 400;"></span></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">Articles possibles </span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Toutes les formes littéraires et narratives sont les bienvenues : roman, poésie, théâtre, bande dessinée, récit graphique, littérature jeunesse, jeux narratifs, balados, récits numériques ou hybrides, performance. Le dossier accueillera également des propositions de vulgarisation destinées à élargir les perspectives critiques auprès d’un lectorat curieux, non spécialiste, mais exigeant.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce numéro accueillera des contributions variées, articulées autour des pistes suivantes :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Articles de fond</b><span style="font-weight: 400;">, formes, langages, héritages, effets critiques.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Portraits d’auteur·rices</b><span style="font-weight: 400;">, cela peut inclure des entretiens.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Études de réseaux d’œuvres</b><span style="font-weight: 400;">, mettant en lumière une constellation thématique, éditoriale ou esthétique.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Réflexions sur les enjeux de traduction</b><span style="font-weight: 400;">.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Analyses de tendances contemporaines</b><span style="font-weight: 400;">, repérables dans les librairies, les maisons d’édition, les festivals.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Critiques d’œuvres récentes</b><span style="font-weight: 400;">, voir appel critique sur le site.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Textes d’atelier ou de création réflexive</b><span style="font-weight: 400;">.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Rubriques satellites</b><span style="font-weight: 400;">, plus libres, ouvertes à la forme brève, fragmentaire ou interdisciplinaire.</span></li>
</ul>
<h2><span style="font-weight: 400;">Modalité de soumission</span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Les auteur·rices sont invité·es à </span><b>soumettre une proposition d’article</b><span style="font-weight: 400;"> pour le </span><b>26 janvier 2026</b><span style="font-weight: 400;">, avant l’envoi du texte complet, afin de valider la pertinence de l’angle proposé et d’assurer l’harmonisation du dossier. Cette proposition peut être très brève (quelques lignes), selon les besoins de chacun·e, mais doit permettre de saisir le projet de l’article.</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Les textes doivent être rédigés en français.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Les propositions (titre, intention, format envisagé, notice bio-bibliographique) doivent être envoyées à </span><b>redaction[at]nuitblanche.com</b><span style="font-weight: 400;">.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Les articles complets sont attendus au plus tard le </span><b>23 mars 2026</b><span style="font-weight: 400;">, dans un format éditable (.docx ou .odt).</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Chaque texte fera l’objet d’une </span><b>révision éditoriale</b><span style="font-weight: 400;"> et d’</span><b>une révision linguistique</b><span style="font-weight: 400;"> accompagnée de commentaires, avant validation finale.</span><span style="font-weight: 400;"></span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Un·e auteur·rice publié·e ne peut critiquer ses propres œuvres ou les œuvres publiées dans la même maison d’édition ou collection. Il est également demandé aux auteur·rices de signaler tout possible conflit d’intérêt avec l’auteur·rice ou les auteur·rices mobilisé·es dans le texte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les articles sélectionnés pour publication seront rémunérés à hauteur de 35$ par tranche de 350 mots.</span></p>
</div></div></div></div></div>]]></content:encoded>
					
		
		
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