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NUIT BLANCHE

L'HOMME AUX OREILLES GRANDISSANTES1
Traduit du portugais par Daniel Pigeon

Il était en train d'écrire lorsqu'il sentit ses oreilles s'alourdir. Il n'y vit qu'un signe de fatigue. Après tout, il était vingt-trois heures, il faisait des heures supplémentaires. Commis de bureau d'une compagnie de tissus, célibataire, trente-cinq ans, maigre salaire. Travailler ainsi lui donnait l'occasion de se renflouer. La sensation de pesanteur s'intensifia. Il porta la main à ses oreilles. Saisi d'effroi, il se rendit compte qu'elles grandissaient. Elles devaient avoir environ dix centimètres. Molles, comme celles des chiens. Il se précipita aux toilettes. Ses oreilles, maintenant à la hauteur de ses épaules, continuaient de grandir.

Il écarquilla les yeux. Elles se développaient, atteignaient maintenant sa taille. Fines, longues, ridées, comme des émincés de viande. Il se mit à la recherche d'une paire de ciseaux. Peu lui importait la douleur, il fallait . . .

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