W. G. Sebald

VERTIGES

Actes Sud, Arles, 2001
232 pages
29,95 $

Vertiges s’ouvre sur une évocation dramatique du destin de Stendhal, rongé par une grande déception amoureuse, harcelé par les symptômes de la syphilis, hanté par l’ambition de devenir le plus grand écrivain de son temps et finalement frappé d’apoplexie en pleine rue, à Paris, le 22 mars 1842. Cela donne le ton au parcours mélancolique de W. G. Sebald à la recherche de son passé, à travers des villes du nord de l’Italie, du Piémont et de l’Autriche, revisitant à l’occasion des lieux fréquentés par des figures littéraires légendaires comme Casanova et Kafka. Le narrateur est parfois pris de vertige, momentanément paralysé au point, par exemple, de ne pouvoir descendre du train à la destination prévue, poursuivant jusqu’à la prochaine station, un peu comme si le monde lui échappait, ce monde contemporain qui se construit en évinçant un hier où l’auteur recherche ses racines et qu’il rattache à des sensations intenses de plénitude qu’il juge à jamais perdues.

Un livre d’une belle écriture minutieuse, mais englué dans un romantisme qui ne parvient pas à se réactualiser. À ne pas conseiller à des lecteurs sujets à la neurasthénie.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21