Vertiges

Fredric Gary Comeau

VERTIGES

XYZ, Montréal, 2013
189 pages
19,95 $

Un chassé-croisé de personnages dans une suite de villes d’où émergent Moncton, Montréal, Santa Fe, Antibes, New York et une dernière qui annoncera la fin de la quête. Ainsi se déroulent ces Vertiges. On y retrouve la plume vive, qui sait créer des atmosphères, du poète et auteur-compositeur-interprète Fredric Gary Comeau avec – et ce n’est pas négligeable – une façon élégante et parfois empreinte d’humour de sculpter des personnages en quelques lignes. Cet excellent premier roman est habité par les thèmes familiers de Comeau : amour, errance, recherche de l’inédit, ouverture au monde et volonté de s’inscrire dans le monde.

Une écriture au présent comme si l’action se déroulait devant nous. Un découpage en 170 courtes scènes qui pourraient servir de base à un scénario de film. Huit personnages principaux qui se connaissent, d’autres pas. Des êtres qui cherchent, qui se perdent puis se retrouvent.

Antoine Bourque, « un jeune poète acadien », et Naquib, un gynécologue un peu perdu, sont amis depuis longtemps. Hope Fontaine cherche un sens à sa vie alors qu’elle va aborder la vingtaine et se lie avec Olivier, un adolescent désireux de découvrir le monde. Victor Bouquet, un vieux peintre canadien, travaille à Antibes sur une série de tableaux inspirés par des poèmes de son ami Kasuo Kuniba, un Canadien d’origine japonaise vivant principalement en Espagne. Il y a aussi Jesus, un jeune acrobate argentin habitant à New York et qui rêve d’écrire un roman. Tous ces personnages et quelques autres vont se retrouver en un même lieu en même temps, mais pour différentes raisons. Et la tragédie qui ouvre l’œuvre répondra à celle qui la clôt. En filigrane, le recueil d’Antoine déposé par Naquib dans le désert qui entoure Santa Fe et que trouve Grace, la mère de Hope. Grace est persuadée que sa fille doit rencontrer l’auteur du recueil et qu’il sera l’homme de sa vie.

Tous vont connaître un moment de déséquilibre, de « vertige », un moment de tension qui les mènera un peu plus loin en eux-mêmes. Car il s’agit de quêtes ou peut-être même d’une quête, celle d’une humanité qui tente de donner sens à la vie.

Le texte est généreusement parsemé de références musicales, littéraires et artistiques, et pimenté de jugements parfois à l’emporte-pièce (« — Richard Serra. — C’est lourd. ») qui colorent les personnages. Unique bémol : certains dialogues prosaïques ; mais comme ils sont rares, ils ne nuisent guère au plaisir de lire.

Publié le 7 avril 2014 à 13 h 35 | Mis à jour le 4 juin 2014 à 21 h 17