Numéro 162

Daniel Castillo Durante

TANGO

L’Interligne, Ottawa, 2020
117 pages
21,95 $

Un recueil de microrécits transportant lectrices et lecteurs d’Amérique du Nord jusqu’en Asie, en passant par l’Amérique du Sud, l’Afrique méditerranéenne et l’Europe. Un voyage s’enfonçant également au sein de l’âme humaine, et présentant souvent ses côtés plutôt sombres…

Daniel Castillo Durante est un écrivain néo-canadien d’origine argentine et il enseigne la littérature française et comparée à l’Université d’Ottawa. Il se définit également comme un voyageur, un nomade ayant beaucoup bourlingué à travers le monde. Rien d’étonnant, alors, à ce que ses protagonistes évoluent dans des villes la plupart du temps très éloignées de son foyer. Des villes ne manquant pas d’exotisme, comme Bali, Punta Cana, Lima, Belize, Panama, Casablanca, Marrakech, Tanger, Lisbonne, Paris, Shanghai, Buenos Aires, San Miguel de Allende, Cartagena de Indias, Mexico, Guadalajara, etc. Des endroits tous visités par l’auteur, ce qui lui permet de dépeindre les lieux en finesse et avec nombre de détails attrayants.

Non seulement ce recueil fait-il voyager à travers la planète, mais il nous plonge également dans les tréfonds de l’âme humaine et ses travers. Il y est question de trahisons, de ruptures, de vengeance, de mépris, d’inceste, de délation, de prostitution, etc. Le désespoir, pouvant conduire jusqu’au suicide, y est aussi évoqué.

Le rapport à l’argent occupe une place fort appréciable dans les textes présentés. L’argent, qui permet de s’offrir ce dont on a besoin, ou ce dont on croit avoir besoin. Par exemple, une splendide maison disponible, de façon surprenante, à un prix dérisoire. Mais la raison derrière cette aubaine pourrait contribuer à remettre son acquisition en perspective… L’argent et certains de ses corollaires : la corruption, l’usure, la convoitise d’héritage, la faillite, le marchandage, etc.

Élément intéressant : Daniel Castillo Durante semble s’être proposé dans cet ouvrage un exercice de style, déclinant ses textes non seulement à la première et à la troisième personne, mais également, à l’occasion, à la seconde personne.

En somme, Tango présente un monde aux personnages empêtrés dans la recherche et la défense de leurs intérêts immédiats. Un monde tendant vers l’obscurité…

Publié le 27 avril 2021 à 9 h 11 | Mis à jour le 27 avril 2021 à 9 h 11