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Numéro 110

Louise Beaudoin, François Dorlot

RENÉ LÉVESQUE

Éditions La Presse, Montréal, 2007
128 pages
34,95 $

Si l’intention des auteurs était de marquer le vingtième anniversaire de la disparition de René Lévesque par la parution d’un album sympathique et épidermique, amical et chaleureux, leur mission est pleinement accomplie. La carrière de cet homme a été marquée par tant d’intensité et par une telle concentration d’énergie qu’on a peine à imaginer René Lévesque en vacances et ou à entendre les échos de ses repas jouissifs avec ses rares amis. Le Lévesque intime parvient, en quelques pages et grâce à d’éloquentes photographies, à prendre vie.

Qu’on ne s’attende donc pas à un quelconque enrichissement de la biographie de Lévesque. On constate, ce que tous savaient, que le courant n’a jamais passé entre Lévesque et le président François Mitterrand, mais aucune explication n’est proposée. On évoque le tumulte des assauts verbaux auxquels Lévesque s’abandonnait parfois avec une dureté blessante, mais rien n’éclaire ce qui fut forcément un sujet d’étonnement et même de chagrin chez les auteurs et les proches. La cigarette et le poker, deux passions connues de Lévesque, sont évoqués à la manière de clichés familiers et anodins. Le public que peut rejoindre ce type d’album s’étonnera sans doute qu’on lui en dise si peu au sujet du second auteur. Autant, en effet, Louise Beaudoin fait partie des personnalités les plus familières du Québec, autant son époux n’est connu que dans des cercles plus restreints de la vie publique.

De façon laconique, on avise le lecteur, dès les premières lignes, que « quelques photos en noir et blanc ont été rehaussées de crayons de couleur ». On ne révèle pas lesquelles ont subi ce traitement ; face à certains résultats désastreux, peut-être a-t-on préféré ne rien préciser.

Publié le 20 mars 2008 à 16 h 51 | Mis à jour le 4 novembre 2014 à 13 h 58