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Numéro 103

Jean Faucher

RÉMY GIRARD : ENTRETIENS

Québec Amérique, Montréal, 2005
270 pages
24,95 $

Rémy Girard fait partie de ces rares artistes québécois de très haut calibre, qui pourraient tourner sans arrêt au cinéma si le nombre de productions annuelles mises en chantier le permettaient. L’ouvrage de Jean Faucher retrace tout le parcours de l’acteur, depuis ses débuts sur les planches du Théâtre du Trident jusqu’aux Bougons et aux Invasions barbares. Au cinéma, Rémy Girard a eu la chance de participer à des projets marquants (Le Déclin de l’Empire américain, Les portes tournantes, Dans le ventre du dragon, Jésus de Montréal) ; il a eu le talent de se surpasser dans ces rôles mémorables.

Homme de télévision d’une grande finesse, Jean Faucher a procédé par entretiens successifs, chronologiques ou thématiques, mélangeant les réalisations professionnelles et la vie privée, dans une surabondance de questions précises et de réponses très détaillées de la part de Rémy Girard. Toutefois, on parle assez peu de la méthode de travail de l’acteur, qui avoue avoir toujours le trac, même après tant d’années. Rarement un livre aura dépeint un acteur québécois avec autant de profondeur. J’aurais néanmoins retranché certains passages touchant à la vie intime de l’acteur, qui se met à nu dans de nombreuses confidences.

Parmi les passages les plus instructifs, on apprend les liens d’amitié qui unissent Rémy Girard au réalisateur Denys Arcand (depuis le tournage du film Le Crime d’Ovide Plouffe), sa dette envers le cinéaste Yves Simoneau au moment de ses débuts. On revit une rencontre déterminante avec l’acteur Jean Duceppe en 1971, au Trident, qui – sans le savoir – détourna le jeune Rémy Girard de son ambition initiale de devenir avocat, en le faisant jouer dans Mort d’un commis-voyageur d’Arthur Miller. Toutefois, il aurait fallu que Jean Faucher valide les renseignements fournis par son interlocuteur, entre autres les dates, car la mémoire n’est pas toujours exacte lorsque des événements remontent à plus de vingt ans. Ainsi, Rémy Girard mentionne le tournage du film Le Crime d’Ovide Plouffe, qu’il situe en 1980, alors que ce film est sorti en 1984. Néanmoins, ce livre foisonnant d’anecdotes et de souvenirs plaira aux inconditionnels de Rémy Girard.

Publié le 17 juin 2006 à 13 h 04 | Mis à jour le 17 juin 2006 à 13 h 04