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Sous la direction de Mathieu Lescuyer, Christian Moncelet

QUOI DE NEUF ? VIALATTE !

Département Patrimoine de la Bibliothèque municipale et interuniversitaire de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, 2004
120 pages
33,99 $

L’exposition Quoi de neuf ? Vialatte ! a été présentée à la Bibliothèque municipale et interuniversitaire de Clermont-Ferrand du 26 novembre 2004 au 28 février 2005, avec prolongation jusqu’au 29 juillet. Au moyen d’une scénographie savamment élaborée, elle se proposait de rendre compte de la multiplicité de l’œuvre d’Alexandre Vialatte, trop souvent réduite à ses traductions des œuvres de Kafka, ou encore à sa réputation, injuste, d’écrivain régionaliste. L’exposition que présente le catalogue Quoi de neuf ? Vialatte ! s’est concentrée sur « les lieux de l’œuvre ». Ce sont d’abord des espaces de prédilection : la province, les déserts, l’Allemagne, l’eau avec ses reflets. Ce sont ensuite des aspects variés du métier d’écriture : le rapport au journalisme, aux plumes, à l’encre et au papier. La sensibilité visuelle et graphique de Vialatte, acquise aux audaces de Dubuffet, de Lambert-Rucki et de Kaeppelin, aussi bien qu’aux images d’Épinal et aux réclames publicitaires, fait l’objet d’une lumineuse exégèse. Il s’agit en effet d’un aspect fondamental de l’esprit d’incongruité cultivé par Vialatte. On n’a qu’à penser à l’importance qu’ont revêtue dans ses écrits les dames du Job, du Byrrh, de la machine Singer ou de la crème Nivea, parmi bien d’autres icones de la mythologie publicitaire. Le lecteur pourra également apprécier, dans ce catalogue qui se lit comme une introduction à l’univers de Vialatte, la typologie de ses personnages, comiques pour les uns : la marionnette sinistre, le père extravagant, le maniaque grotesque et l’écrivain manqué ; fantasmagoriques et allégoriques pour les autres : la grande négresse des Fruits du Congo ou Monsieur Panado, sorte de père Ubu vialattien. Il en résulte un volume agréable à consulter, en raison des nombreuses illustrations dont il est émaillé, et instructif, parce qu’il rend compte de l’esprit de pirouette et de lyrisme dont s’est souvent teintée la réflexion chez Vialatte.

Publié le 24 novembre 2005 à 20 h 46 | Mis à jour le 21 octobre 2014 à 12 h 58