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Anne-Marie Sicotte

QUARTIERS OUVRIERS D’AUTREFOIS 1850-1950

Publications du Québec, Québec, 2004
199 pages
29,95 $

« Sans cette mémoire il n’aurait aucune histoire de sa vie » (Diderot). C’est donc heureux que les Publications du Québec aient songé à nous fixer cette mémoire dans une collection dont Quartiers ouvriers d’autrefois 1850-1950 est le onzième titre. Dans cet ouvrage, Anne-Marie Sicotte, spécialisée en histoire urbaine, « donne la parole » à un ensemble de photographies sélectionnées dans des collections privées mais aussi et surtout dans les fonds des Archives nationales du Canada, ceux de la Ville de Québec, de la Ville de Montréal et ceux de Sociétés d’histoires de la Province du Québec. Ces photos, accompagnées de courts textes informatifs, nous font vivre ce que certains appellent la révolution industrielle en raison des changements profonds opérés, au XIXe siècle, dans la vie quotidienne de populations qui n’avaient comme seule richesse que leur « force de travail ». D’où l’importance de ces photos.

Réparties en huit sections, ces photographies nous permettent d’assister au triomphe de la machine qui est venue imposer des architectures modifiant le paysage urbain et qui, attirant une main-d’œuvre massive, a entraîné la création de nouvelles municipalités, de quartiers nouveaux qui deviendront vite des cellules identitaires. Nous voyons arriver les moteurs à vapeur qui font marcher les turbines, les bateaux de cabotage le long des fleuves et rivières, et les locomotives capables de tirer des wagons de grande dimension. Nous assistons à l’abandon de la charrette pour le camion, à la production nouvelle d’énergie électrique, qui ne fera pas disparaître la sueur au front des hommes, des femmes et des enfants, car, pour une vie meilleure, ils seront amenés à se plier à des conditions de travail souvent périlleuses. Arriveront alors, pour tenter de remédier à cet état de chose, les syndicats.

Ce parcours d’un siècle est émaillé de portraits, en situation, nous montrant ces courageux personnages qui ont posé pour l’histoire à défaut de pouvoir l’écrire.

Publié le 2 juin 2005 à 14 h 40 | Mis à jour le 2 juin 2005 à 14 h 40