Anne Rice

PRINCE LESTAT

CHRONIQUES DES VAMPIRES

Trad. de l’américain par Éric Betsch
Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2015
525 pages
29,95 $

Ce livre est le onzième volet des Chroniques des vampires, qui ont valu à Anne Rice la réputation de grande dame de l’horreur. Cantique sanglant, le tome précédent, date de 2003 (2005 pour la traduction française). Entretien avec un vampire, le roman inaugurant la série, soufflait ses 40 bougies en 2016. L’originalité de l’auteure consiste à aborder la figure du vampire depuis l’intérieur : elle cherche avant tout à montrer ce que ressentent ces « Enfants de la Nuit ». Elle a élaboré en conséquence un univers complexe peuplé de personnages récurrents (dont le fameux Lestat de Lioncourt). Une grande partie de Prince Lestat consiste à évoquer les circonstances dans lesquelles chaque vampire a été « versé dans le Sang ». Il en résulte un récit au rythme lent, fastidieux par endroits, qui s’adresse davantage aux inconditionnels de la romancière américaine qu’à d’éventuels nouveaux lecteurs.

Plusieurs efforts ont toutefois été mis en œuvre pour aider les néophytes à s’y retrouver : de constants rappels et retours en arrière, une terminologie vampirique (« Le Jargon du Sang ») et un très utile appendice (« Les personnages et leur chronologie »). Ces balises paraissent d’autant plus nécessaires que Rice ne fait pas qu’ajouter un onzième volume à une décalogie : elle poursuit son projet, entamé en 2000 avec Merrick, d’unifier les Chroniques des vampires avec la Saga des sorcières Mayfair.

Prince Lestat, en plus de marquer le retour du héros emblématique, voit réapparaître plusieurs figures familières, tels Marius, Armand et Louis de Pointe du Lac. Le volume fait aussi entrer les vampires à l’ère du numérique : munis de iPhones, ils communiquent par le biais de blogues, de courriels et de la radio satellite. Finie l’époque où ils pouvaient se terrer au fond d’un bois ténébreux ou d’un château décrépit. Cette mise à jour technologique s’agence parfaitement avec une intrigue fantastique : une mystérieuse « Voix » résonne dans l’esprit des plus anciens vampires et les force à massacrer les plus jeunes. Puisque les puissantes jumelles magiciennes Maharet et Mekare, qui forment « le Premier Sang », se sont isolées du reste du monde, c’est au flamboyant rebelle Lestat qu’il échoit de venir en aide aux « Enfants de la Nuit » et d’enrayer cette vague de meurtres. Qu’on n’aille surtout pas croire que l’ambition d’Anne Rice se termine ici, car un douzième volume de Chroniques des vampires, intitulé Prince Lestat and the Realms of Atlantis, est paru à la fin de l’année 2016.

Publié le 3 avril 2017 à 10 h 39 | Mis à jour le 1 mai 2017 à 13 h 28