Numéro 60

C. S. (Cecil Scott) Forester

PAVILLON HAUT

Trad. de l'anglais par Louis Guilloux et René Robert
Pocket, Paris, 1994
252 pages
10,95 $

C’est en 1937 que Cecil Scott Forester (1899-1966) publie Retour Retour à bon port, le premier d’une série de dix romans consacrés aux aventures de Horatio Hornblower, et le début du plus fameux cycle de romans d’aventures maritimes de la littérature. Pour C.S. Forester c’est la gloire immédiate avec ce premier titre (The Happy Return) salué comme un chef-d’œuvre par le Times de Londres et d’autres publications prestigieuses.

Pourtant, le personnage de Hornblower est assez surprenant pour un héros ! Grand, maigre, gauche et timide, il est affligé de nerfs qui sont loin d’être d’acier. Et comble de malheur pour un officier de marine de Sa Majesté le Roi d’Angleterre, c’est un piètre duelliste. Mais à travers ses aventures rocambolesques, c’est toute une époque qui est reconstituée, celle de la guerre qui opposa la France et l’Angleterre au début du XIXe siècle et dont les acteurs sont Napoléon Bonaparte, l’amiral Nelson et autres figures prestigieuses de l’Histoire. C’est aussi l’épopée colorée des grands voiliers de combats, ces frégates qui régnaient sur les mers du monde et qui s’affrontaient dans des combats sans merci pour la plus grande gloire de leurs souverains respectifs.

Dans Retour à bon portnous retrouvons le capitaine Hornblower, commandant de la Lydia, qui a reçu pour mission de fournir des armes aux rebelles des colonies espagnoles d’Amérique. Il doit en outre tenter de s’emparer de la Natividad, un galion ennemi de cinquante canons. Sur la côte Pacifique de l’Amérique espagnole il fait quelques rencontres inattendues qui vont singulièrement lui compliquer l’existence : le révolutionnaire fou El Supremo, l’être le plus pervers qu’il ait jamais connu, et Lady Barbara Wellsey dont il tombe follement amoureux (il est déjà marié, ce qui n’arrange rien…) et que l’on reverra dans des romans ultérieurs. Notre marin au grand cœur devra donc naviguer entre des batailles spectaculaires, des incidents diplomatiques et des troubles amoureux.

L’action de Pavillon Haut (titre original : Flying Colors), deuxième volet de la saga, se passe quelques années plus tard. Hornblower a été capturé par les Français et condamné à mort pour acte de piraterie. En route pour Paris, il parvient à s’échapper et, aidé en cela par des amis français, il va tenter de s’approprier un bâtiment de guerre ennemi. Rien de moins… Et pendant que sa carrière militaire connaît des hauts et des bas, sa vie sentimentale se complique encore car, malgré ses nombreux défauts, Horatio Hornblower est un séducteur. Son magnétisme agit sur les femmes.Faible avec le sexe que l’on dit tel, il ne sait guère résister ! Il a déjà trois femmes dans sa vie ! Tiens bon la barre, matelot !

Horatio Hornblower est un des héros les plus populaires de la littérature anglaise.Avec lui, C. S. Forester a contribué à relancer la tradition du roman d’aventures maritimes. Plusieurs auteurs ont pris la relève, créant un véritable sous-genre. Parmi ces écrivains, mentionnons Patrick O’Brian, Alexander Kent (alias Douglas Reeman), C. Northcote Parkinson, Richard Woodman, Showell Styles, Philip McCutchan et Dudley Pope. Jusqu’à preuve du contraire, seuls les romans de C.S. Forester ont été traduits en français. Dommage pour les autres ! Les éditions Phébus ont publié neuf titres de la série et sept d’entre eux ont été réédités par Pocket. 

 

Publié le 17 novembre 2014 à 14 h 32 | Mis à jour le 26 novembre 2014 à 16 h 44