Nathalie Parent

OMBRE

JKA, Saint-Pie, 2009
344 pages
24,95 $

Premier roman, publié dans une jeune maison d’édition fondée par Linda Roy en 2006 d’abord pour éditer et promouvoir ses propres ouvrages. Mais depuis 2007, Linda Roy a aussi publié plus d’une vingtaine de livres présentés dans les salons du livre partout au Québec. La particularité de JKA tient au fait que l’éditrice fait tout, seule : lecture des manuscrits et choix des auteurs à éditer. Ombre de Nathalie Parent s’inscrit dans la lignée des romans populaires auxquels s’intéressent entre autres genres les éditions JKA.

C’est l’hiver. Alexandre commence à penser retourner au travail après un an de convalescence, à la suite d’un grave accident qui a causé la mort de sa femme. Inconsolable, il vit seul, isolé dans son chalet quelque part dans les Laurentides. Un jour, alors qu’il sort de la quincaillerie du village, un chien errant, un husky semblable à celui qu’il avait eu enfant, le suit comme s’il était son maître. Une forte complicité se manifeste entre l’homme et l’animal. Personne ne le réclamant, Alexandre l’adopte et le nomme Shadow. Néanmoins, des événements inquiétants surviennent, de plus en plus fréquents. L’impossible surgit, engendrant la peur chez Alexandre et le doute chez le lecteur. Aurait-il des hallucinations ? Serait-il victime d’un dédoublement de personnalité, comme il a cru l’entendre de la bouche de la psychiatre ? D’ailleurs, que se passe-t-il dans ce centre de recherche psychiatrique trop bien gardé ? Alexandre a-t-il raison de croire que Shadow, qui disparaît et réapparaît inopinément, entraînerait la mort de qui le voit ? Pourtant, n’est-ce pas lui qui protège son maître de l’ombre géante qui le poursuit ? Alexandre a beau fuir, la peur l’étreint devant les menaces inexplicables.

L’imagination ne manque pas à Nathalie Parent. Elle aurait toutefois intérêt à resserrer l’histoire qui s’étire trop, au point de nuire à la tension dramatique, et à ne pas oublier que, même dans le fantastique où le surnaturel surgit dans le réel, toute invraisemblance n’a pas sa place, même s’il s’agit de détails, comme le fait que la petite Cassandra qui n’est jamais sortie de son village mexicain parle français. Il faudra voir comment évolue cette écrivaine lors de la parution de son prochain roman, Existence, annoncée pour 2010.

Publié le 25 septembre 2009 à 14 h 32 | Mis à jour le 5 février 2015 à 13 h 54