John Wilson

NORMAN BETHUNE

HOMME DE CARACTÈRE ET DE CONVICTION

Trad. de l'anglais par Michèle Marineau
XYZ, Montréal, 2001
180 pages
15,95 $

On a peu fait écho, ici, aux réalisations de Norman Bethune, cette grande figure devenue mythe en Chine, où il est mort prématurément en 1939, moins de deux ans après y être arrivé. John Wilson lui consacre un récit biographique doublement intéressant, car la vie du médecin est imbriquée à de grands pans d’histoire de la première moitié du vingtième siècle. John Wilson sait montrer l’intelligence, l’audace, la créativité, voire l’héroïsme de l’homme d’action doué d’une exceptionnelle capacité d’adaptation en situation de crise, sans dithyrambe. Il évite aussi le voyeurisme, bien que la vie privée du médecin pourrait s’y prêter. Norman Bethune apparaît donc avec la stature du héros quant à ses réalisations professionnelles et ses engagements humanitaires, mais demi-dieu, non ! Ses zones d’ombre sont à la mesure de ses facettes lumineuses. C’est ce que laisse entrevoir le biographe qui attribue à une vie excentrique, au besoin de dominer, au manque de tact, à un côté franc-tireur, les déboires de sa vie personnelle, notamment de sa vie amoureuse. Mais l’analyse psychologique de cet être d’exception ne semble pas l’objectif de John Wilson qui met plutôt en évidence le courage de Norman Bethune, sa lutte contre la tuberculose, sa contribution au progrès de la chirurgie thoracique et au traitement rapide des blessés de guerre, de même que son indéfectible sympathie pour les démunis.

Les convictions politiques de Norman Bethune se précisent au fil de ses recherches et de ses interventions humanitaires. Révolté contre les injustices sociales, il l’est depuis toujours, ce qui l’a d’ailleurs amené, chirurgien à Montréal dans les années trente, à diriger un groupe autour d’un projet visant à créer un système étatique de santé au Québec et au Canada. Projet reçu dans la plus totale indifférence par les politiciens en place. Il s’inscrira au parti communiste canadien, et choisira d’afficher son option à son retour d’Espagne où il est allé mettre ses compétences médicales au service des combattants contre le fascisme. Le temps de recueillir des fonds, il quittera le Canada, où il ne fait pas bon être communiste, pour sauver des vies dans la Chine de Mao alors sous les attaques japonaises.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 17 février 2015 à 8 h 23