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Christos Markogiannakis

MOURIR EN SCÈNE

Trad. du grec par Loïc Marcou et Hélène Zervas
Albin Michel, Paris, 2020
281 pages
29,95 $

On pourra trouver ce polar grec plutôt bien mené. Il reste toutefois sagement contenu dans les sentiers balisés par les classiques du genre.

L’événement majeur, autour duquel s’articule tout le roman, survient dès les premières pages. La « star grecque absolue », reine de la musique pop en son pays, meurt assassinée à la fin du spectacle d’adieu qui aurait dû marquer plus sereinement la fin de sa carrière. Il reviendra au capitaine de police Christophoros Markou de trouver le coupable.

Une particularité du récit réside dans le fait que le capitaine Markou, un officier respecté pour ses excellents états de service, avait été mandaté pour prévenir l’attentat. Au moment du drame, le policier est d’ailleurs sur les lieux pour veiller personnellement à la sécurité de la chanteuse Neni Vanda et pour s’assurer que son dernier spectacle se déroule sans anicroches. C’est donc dire que le polar s’ouvre sur l’échec retentissant de son héros. Pour se réhabiliter, le policier devra à tout le moins comprendre par quel détour a été trompée sa vigilance. Dans une première partie, on recule dans le temps, quelques semaines avant le drame, où l’on apprend comment le capitaine a été mobilisé sur l’affaire et quels moyens il a pris pour assurer la sécurité de la vedette. En deuxième partie, après le meurtre, le policier mène l’enquête, éliminant une à une les fausses pistes, jusqu’à ce qu’il découvre le pot aux roses. La troisième et dernière partie se résume à une suite d’éclaircissements qui révèlent tout de même une perspicacité certaine de la part du limier grec.

Bien que sa construction narrative soit assez convaincante, le roman est plombé, à mon sens, par un défaut majeur. Il est relativement facile pour le lecteur de tout comprendre avant le policier alors qu’il reste près du tiers du roman à parcourir. Par la suite, aucun revirement d’action ne survient, ce qui rend la dernière partie du récit un brin ennuyeuse. De plus, le personnage du capitaine Markou manque de substance qui pourrait le rendre plus attachant. Enfin, il est assez étonnant de ne trouver dans le roman à peu près rien à apprendre sur la Grèce, où se déroule l’enquête. Il est mentionné au passage que le pays a connu récemment une grave crise financière et que tous les Grecs n’apprécient pas également le bouzouki, sans plus.

Somme toute, ce Markogiannakis se tient debout, mais il n’a pas la carrure pour dévier l’intérêt porté notamment aux auteurs nordiques.

Publié le 26 août 2020 à 8 h 25 | Mis à jour le 26 août 2020 à 8 h 25