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Marco Micone

MIGRANCES suivi de UNA DONNA

VLB, Montréal, 2005
80 pages
14,95 $

Deux pièces de théâtre dont l’action se joue entre deux lieux, à deux époques, et qui mettent en scène des gens errant entre deux vies, deux âges, deux cultures.

Les combats livrés pour mener à bien une existence d’émigré semblent doubler les problèmes qui sont de tous ordres. Les difficultés d’adaptation ; le sentiment de n’être chez soi nulle part ; la recherche constante de reconnaissance, que l’on ne trouve ni chez les étrangers qui nous ignorent ni chez les parents qui nous en font le reproche ; l’impossibilité d’échanger des souvenirs avec l’entourage ; le désir de s’engager dans des fonctions, des luttes sociales qui demeurent celles du pays d’adoption ; la vie amoureuse que les différences de nationalité rendent complexifie ; les amitiés inexplicables, qui s’attirent la critique, parce que liées autant par des affinités que par le besoin de protection ou d’argent ; la difficulté de communiquer à ses enfants ce que l’on a été ailleurs, avant, et que l’on continue d’être fondamentalement ; l’alternative tenaillante du possible retour en terre natale ; l’envie irrépressible d’y rester une fois qu’on y est, d’y continuer ou d’y refaire sa vie sans autre ambition que d’être et de retrouver son sentiment identitaire, pour en donner la fierté à ses propres enfants.

Autant d’essais, d’erreurs, d’espoirs, et de déceptions. Les décisions prises au départ pour fuir une réalité difficile ont mené vers une autre réalité qui l’est également. Et, triste constat, on ne se fuit pas soi-même et on peut reproduire ailleurs les mêmes relations ou situations inconfortables qui nous ont chassé.

Plus le temps passe, plus l’étau se resserre. Vivre une vie ailleurs, c’est difficile, mais mourir ailleurs, au milieu d’étrangers qui ne se préoccupent pas vraiment de nous, c’est une perspective désolante.

Retourner, recommencer, fuir à nouveau pour au moins achever la route sur un sol ami, avec des couleurs, des odeurs et des images familières ? Peut-être

Ces deux courtes pièces de Marco Micone, écrivain d’origine italienne, portent à réfléchir sur la capacité de faire des choix, la difficulté de vivre avec ces choix et la possibilité de revenir en arrière.

Publié le 22 septembre 2005 à 0 h 48 | Mis à jour le 22 septembre 2005 à 0 h 48