Numéro 99

Eric-Emmanuel Schmitt

MES ÉVANGILES

Albin Michel, Paris, 2004
173 pages
19,95 $

George W. Bush représente l’un des meilleurs vendeurs en librairie, particulièrement depuis septembre 2001. Aimé et détesté, ce président qui ne semble pas connaître le doute, sera éventuellement jugé par l’Histoire et, comme les autres présidents américains, vaguement oublié. Cela dit, il y a quelqu’un qui occupe le haut du palmarès des meilleurs vendeurs de livres depuis bien plus longtemps que Bush et qui, non seulement n’a pas été oublié et ne montre aucun signe de l’être bientôt, mais semble même en hausse de popularité. Il s’agit, vous l’aurez deviné, de Jésus-Christ.

Eric-Emmanuel Schmitt, auteur du Visiteur (1993), mettant en scène Freud et Dieu – texte qui remportera trois Molières en 1994 –, de Lorsque j’étais une œuvre d’art (2002) et, plus récemment, de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2003), dont on a tiré un film mettant en vedette Omar Sharif, est un mystique. Il « préfère épaissir les mystères [plutôt] que les résoudre ». Rien de surprenant à ce qu’il publie un roman intitulé Mes évangiles.

Dans ce bref texte – moins de 200 pages – Eric-Emmanuel Schmitt raconte l’histoire du Christ, torturé par les doutes et l’horreur de son destin, mais surtout celle de Ponce Pilate enquêtant sur l’invraisemblable résurrection de ce « Messie ». Pilate, pour sauver sa tête, mais aussi pour préserver son intégrité religieuse, morale et intellectuelle, doit retrouver le corps de Yéchoua et découvrir et punir ceux qui se cachent derrière cette machination. Il sait que ce détournement de la vérité pourrait bien constituer le début de la fin de l’empire romain… C’est une très belle fable sur le doute, une fable que George W. Bush devrait lire.

Publié le 30 juin 2005 à 10 h 14 | Mis à jour le 12 février 2015 à 18 h 42