Accueil > Commentaires de lecture > Essai > MÉMOIRES D’UN RÉVOLUTIONNAIRE TRANQUILLE

Claude Castonguay

MÉMOIRES D’UN RÉVOLUTIONNAIRE TRANQUILLE

Boréal, Montréal, 2005
294 pages
29,95 $

Homme posé et réfléchi, celui qui fut considéré comme la « conscience » du premier gouvernement Bourassa de 1970 à 1973, l’actuaire Claude Castonguay a toujours été une voix écoutée des débats publics des 40 dernières années. Considéré avec raison comme le père du régime de l’assurance-maladie du Québec, il témoigne des grands enjeux qu’il a affrontés et de ses nombreux engagements dans diverses causes au profit du Québec.

Un Québec pour lequel, cela transparaît tout au long de l’ouvrage, Claude Castonguay est profondément attaché. L’ex-président de la Laurentienne et ex-sénateur reconnaît la profonde division entre les aspirations du Québec et celles du reste du Canada, le refus « tenace » du Canada anglais à reconnaître pleinement la différence québécoise. Il déplore grandement l’attitude méprisante du clan Trudeau-Chrétien envers le nationalisme québécois et le fait que ces personnages ont raté, notamment en ne signant pas l’Accord du Lac Meech, une chance unique de solutionner définitivement la question de la place du Québec au sein du Canada.

Mais cet homme avant tout guidé par la raison continue de penser que le Québec devrait poursuivre sa marche au sein de cet ensemble canadien fort apprécié de la communauté internationale. Fédéraliste plus de raison que de cœur, il se désole du fait que la question nationale divise encore le Québec, alors que son statut de minorité devrait plutôt l’amener à serrer les rangs pour affronter les défis d’aujourd’hui. Il insiste sur les conséquences assurément très douloureuses de la séparation politique du Québec. Car la conviction intime de Claude Castonguay est que la vraie indépendance est économique.

Il croit que le modèle québécois de développement, axé sur une forte présence de l’État, est bel et bien dépassé et s’insurge contre ceux qui visent à le maintenir pour des raisons idéologiques : « Le climat politique actuel me rappelle celui des années 50, quand les forces réactionnaires bloquaient le changement pendant que le monde extérieur progressait à grands pas ».

Une analyse que partagent bon nombre de Québécois, qui ne se reconnaissent plus dans un Québec enfermé dans les mêmes débats depuis 30 ans.

Publié le 21 septembre 2006 à 18 h 17 | Mis à jour le 21 septembre 2006 à 18 h 17