Claude Péloquin

MA PAIX

Bibliothèque québécoise, Montréal, 2010
177 pages
11,95 $

La contre-culture québécoise est bel et bien vivante: ce recueil en est la preuve! Composé de poèmes, de chansons, d’aphorismes et d’autres textes connus ou inédits, il nous fait rencontrer l’« esprit Péloquin », ce curieux poète-prophète et philosophe qui se trouve au fondement de la poésie qui a coloré les belles années de nos créations littéraires et culturelles en tous genres ; un esprit libertaire affrontant nos « morts » quotidiennes et collectives. C’est là le mobile principal de son œuvre que cette lutte contre la mort sous toutes ses formes.

De Jéricho (1963) à Nipi (2009) en passant par le fameux texte inscrit sur la murale du Grand Théâtre de Québec conçue en 1969 par Jordi Bonet ou la fameuse chanson « Lindbergh » écrite pour Robert Charlebois, c’est toute une « poévie » qui nous est offerte. L’alliance du vécu et de l’écriture ‘ l’écrivain vivant de sa propre écriture et celle-ci de lui ‘ est, on le sait, issue en grande partie de la Beat Generation. Péloquin écrit dans le poème « Ma paix » ouvrant le recueil: « […] écrire / c’est se vivre / dans des continuels pow-wows / des profondeurs ». On pensera aux incontournables Kérouac, Ginsberg, Burroughs dont les textes ont certaines affinités avec l’aventure existentielle et littéraire de Claude Péloquin, axée sur la perspective d’une libération de toutes nos chaînes. Cet écrivain a en fait désiré affronter et dépasser nos « noirceurs d’échos » et ainsi commencer à vivre. « Si on m’avait donné le choix / je ne serais pas venu / Puisse Dieu nous venir en aide dans cette galère qui coule / La vie n’est jamais commencée / Toujours rien là / ici / partout… / Le réel n’est pas là. »

Cependant, la poésie vivante, vivace de Péloquin tournoie, virevolte, revient à elle-même dans cette insistance à vivre, à créer un autre langage, à découvrir une autre réalité et surtout à ne pas crever ou, pire encore, sombrer stupidement dans de douteux conformismes. Son œuvre nous appartient, elle est à nous afin d’éreinter une « éternité malade » et enfin cesser « [d]’avoir mal d’être ici »

Publié le 24 juin 2011 à 17 h 02 | Mis à jour le 5 février 2015 à 18 h 47