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Numéro 83

Jacques A. Bertrand

L’INFINI ET DES POUSSIÈRES

Julliard, Paris, 2000
122 pages
30,95 $

Étonnante l’histoire de Matthias, percepteur du Trésor public, à qui tout arrive « par négligence » ? Invraisemblable celle de la richissime comtesse Marie, jeune mathématicienne orpheline, qui se meurt d’amour pour un homme qu’elle n’a jamais vu ? Peut-être pas si extravagante que ça cette histoire d’amour virtuel pour des êtres qui, des confins de leur solitude, font soudainement faux bond à la réalité « réelle » qui ne les satisfait pas : « Nous ne rencontrons jamais que des icebergs au gré de nos dérives, des montagnes de glace immergée, qui s’entrechoquent, se rayent, s’effritent… ».

L’infini et des poussières est un très court roman qui aborde de façon un peu rapide un sujet qui touchera sans doute tous ceux et celles qui naviguent dans le cyberespace en quête de l’âme soeur. Internet : leurre ? piège ? ou vaste marché public où le rêve est la monnaie d’échange ? Matthias et Marie, qui ne sont pourtant ni de la même génération ni du même milieu social, font connaissance par l’intermédiaire du réseau et tombent follement amoureux l’un de l’autre. Le sujet n’est pas inintéressant, au contraire, sauf qu’on a davantage l’impression de lire un canevas qu’une histoire achevée, bien léchée.

Voilà un roman qui, s’il n’est pas génial, a tout le moins le mérite de nous faire réfléchir à un sujet qui a de la substance mais qui n’a pas été suffisamment exploité. Le personnage de Matthias est crédible, celui de Marie, fort peu. Une histoire de princesse sans happy end, cuvée troisième millénaire. Rien d’un grand cru.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21