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Collectif

LIBERTÉ, N° 254

Liberté, Montréal, 2001
199 pages
10 $

Il n’est pas des plus récents, ce numéro de la revue Liberté, intitulé Danses, mais il vaut la peine ‘ le plaisir ‘ d’être commandé pour en savourer les articles. Ils font saisir la richesse et la complexité de la danse, mais aussi son immédiateté, l’exaltation qu’elle suscite, sur scène, hors scène, face à la scène, et ce, avec le profond amour pour cet art que partage chacun des collaborateurs. Ce groupe hétérogène est composé de critiques, d’observateurs, de gens de lettres et d’artistes entretenant un rapport privilégié avec l’espace et le mouvement. Des danseurs, danseuses et chorégraphes dévoilent aussi leurs approches. Leurs textes s’avèrent particulièrement intéressants : en effet, il est rare que le grand public accède à leurs réflexions, leurs questions, autrement que par une chorégraphie ou une interprétation, en tant qu’elles peuvent en être une traduction, par le mouvement. Leurs écrits, le style et le vocabulaire qu’ils empruntent, les concepts qu’ils énoncent, s’avèrent féconds, ils permettront sans doute de mieux apprécier les créations à venir. Par là s’ouvre l’intimité de la danse ; ils serrent de si près le mouvement qu’ils en modifient l’appréhension.

Sous diverses formes (poèmes, essais, dessins, critiques et commentaires), ces révélations par et avec la danse illustrent l’infinité d’événements qui donnent lieu au surgissement d’une chorégraphie. Certains textes évoquent son élaboration (Benoît Lachambre, Lin Snelling), sa réception (Edouard Lock, Dena Davida), son caractère impossible, d’autres amènent le lecteur au moment de la performance, de ses possibles (Anne-Marie Alonzo, Thomas Lehmen, Jocelyne Montpetit) ou se concentrent sur l’expérience des danseurs, jusqu’à des considérations plus générales (Françoise Sullivan ; d’autres pourraient être ajoutés).

Pour ceux et celles qui aiment déjà cet art, ou qui veulent mieux l’aimer, voilà un amalgame de textes vivifiants, qui ouvrent sur l’expérience de la danse. Ils laissent parfois sur la faim par leur brièveté ou parce qu’une réflexion mérite d’être approfondie. Mais qui sait, pour un art qui se situe à la limite des mots, c’est peut-être normal.

Publié le 9 juillet 2003 à 11 h 40 | Mis à jour le 2 décembre 2014 à 21 h 40