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George Hagen

LES GRANDES ESPÉRANCES DU JEUNE BEDLAM

Belfond, Paris, 2008
434 pages
34,95 $

En empruntant joyeusement à Charles Dickens – époque, décor, personnages, construction narrative -, George Hagen raconte, dans Les grandes espérances du jeune Bedlam, l’ascension d’un homme du peuple dans la société anglaise de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Sur la cinquantaine d’années que couvre le récit, Hagen suit les traces de son héros qui nous amène des bas-fonds londoniens jusqu’aux lointaines colonies africaines. Tentons un résumé.

À peine sorti de l’enfance, Tom Bedlam perd sa mère, une sainte toujours prête à pardonner l’offense et que son mari, un acteur raté, cynique et beau parleur, a abandonnée à la misère. À la suite de cette mort, un bienfaiteur se manifeste et donne à Tom les moyens de quitter l’esclavage du travail pour entreprendre des études. Mais, dans le sinistre collège de province où il échoue, il fera plutôt l’apprentissage de la cruauté, de la bêtise et de la compromission. Toutefois, Tom croira y retrouver un frère perdu en la personne de son camarade Arthur. Par d’étonnantes circonstances, la mort d’Arthur lui permettra de poursuivre des études de médecine en Écosse.

Au terme de sa formation, amoureux de deux femmes sans pouvoir trancher dans ses sentiments, Tom décide de s’embarquer pour l’Afrique du Sud. Lizzy, la fille aînée de son professeur d’anatomie, le suivra dans son exil volontaire. Dans l’Angleterre des colonies, trois filles et un garçon naîtront de leur heureuse union avant que Lizzy meure de fortes fièvres. Dès lors, l’intrigue se morcelle pour suivre la trace des quatre rejetons Bedlam dans leur poursuite du bonheur. Après de longues pérégrinations et beaucoup de désillusions, chacun retrouvera, à la fin, le chemin du foyer familial.

En dépit des rebondissements dramatiques télégraphiés longtemps à l’avance, des revirements de situation proprement miraculeux et de pas mal d’invraisemblances, le lecteur s’étonnera du grand plaisir qu’il prend à ce récit foisonnant qui tient du roman de formation et de la saga familiale. Peut-être parce que chacun peut se reconnaître dans le portrait de ce Tom Bedlam que rien ne distingue des gens ordinaires et qui réussit à trouver le bonheur malgré les embûches posées par une société égoïste et pétrie de conventions. Surtout, le lecteur sera conquis par la verve et l’invention qu’insuffle Hagen à cette recréation du roman du XIXe siècle, et qui finissent par nous emporter aussi.

Publié le 14 décembre 2008 à 10 h 23 | Mis à jour le 8 janvier 2015 à 20 h 21