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Numéro 91

Louis-Hippolyte La Fontaine

LES FICELLES DU POUVOIR

CORRESPONDANCE ENTRE LOUIS-HIPPOLYTE LA FONTAINE ET ROBERT BALDWIN, 1840-1854

Varia, Montréal, 2002
227 pages
24,95 $

Les éditions Varia publient ici, à l’initiative de Georges Aubin, le premier de trois tomes consacrés à la correspondance de Louis-Hippolyte La Fontaine. En l’occurrence, il s’agit d’échanges avec Robert Baldwin, avec qui il formera deux « ministères » de coalition (sous l’autorité évidemment du gouverneur britannique), de 1842 à 1843 et de 1848 à 1851.

Dans sa présentation, Éric Bédard souligne à juste titre le caractère pondéré des deux hommes, dont l’appartenance aux deux peuples fondateurs du Canada ne se traduit aucunement par l’animosité que l’on observe par ailleurs au pays à la suite des troubles de 1837-1838 et du rapport Durham. En fait, il existe entre les correspondants une amitié réelle.

Si édifiante que soit cette observation pour le profane, il faut bien dire que ce recueil ne s’adresse pas à lui. Alors que le titre annonce « les ficelles du pouvoir », c’est plutôt les marges de la politique que nous montrent ces épîtres dont la teneur se résume beaucoup plus souvent à supputer les chances d’élection de tel inconnu dans tel comté obscur qu’à débattre des grandes questions de l’époque, comme le gouvernement responsable ou les rapports fragiles entre francophones et anglophones dans la nouvelle Union canadienne. Pas une seule ligne du livre, par exemple, ne mentionne les efforts presque héroïques consacrés par Louis-Hippolyte La Fontaine au rétablissement du français comme langue officielle au Parlement.

Le recueil respecte les règles de l’art : présentation sobre et soignée, commentaire introductif pertinent, index, notes systématiques sur les nombreux personnages nommés dans les lettres, présentation laconique de quelques jalons historiques. Le commun des mortels profiterait sans doute d’une mise en contexte plus complète (comme une description en règle des partis en présence et du régime politique), mais encore une fois, c’est manifestement aux érudits qu’on s’adresse ici.

Publié le 19 juin 2003 à 20 h 34 | Mis à jour le 19 juin 2003 à 20 h 34