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Marie Demers

LES DÉSORDRES AMOUREUX

Hurtubise, Montréal, 2017
251 pages
22,95 $

« On dit que les voyages permettent de fuir la réalité. Ce n’est pas toujours vrai. Des fois, la réalité est à l’étranger. C’est chez moi que je me suis perdue. Lancée dans des déboires inutiles, des drames superflus. »

Les hommes coulent à flots comme les pintes de bière dans la vie de Marianne. Son quotidien est jonché d’accidents autant que de dénis. Un job après l’autre, une baise après l’autre, toutes aussi insatisfaisantes que vides. Elle quitte sa vie bien remplie qui ne meuble pourtant rien, ses fausses exigences, ses désirs camouflés et ses peurs grisées. Protagoniste d’histoires sans histoire, Marianne s’essouffle et perd le fil, mue par des choix qu’elle s’impose. Auteure en devenir et penseuse intarissable, elle part s’abreuver de personnages, d’aventures et de vérités en Colombie, laissant derrière elle la garantie de son retour : Henry IV, son enfant-chien qu’elle chérit.

Après la sortie du roman singulier In Between, Marie Demers nous sert une fois de plus une autofiction, deuxième roman pour adultes chez Hurtubise. Cette fois-ci, libérée de tout tabou, l’auteure revient avec une plume plus acérée et se confesse sans vergogne.

Une seule vie à raconter. Les désordres amoureuxcomme des retailles de vie. Des bribes sur une ligne du temps brisée. Pourtant, c’est un tableau très clair et fluide de la réalité désorganisée du personnage. Marie Demers déconstruit et reconstruit son roman de manière habile. Marianne écrit aussi son roman dans les méandres de ses impasses sentimentales. Dans les deux cas, la structure se crée dans le chaos et cet écart de la norme est intéressant et nécessaire. Marie/Marianne au langage coloré, vulgaire, trilingue et qui ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis. Marie/Marianne à la personnalité flamboyante et à la tignasse indomptable.

Les désordres amoureuxrejoint beaucoup les femmes et probablement les hommes dans sa forme et son fond puisqu’il décrit une réalité avérée mi-figue mi-raisin chez les 25-40 ans. Tout en frôlant la chick-lit dans son humour, son ton naïf, rafraîchissant et dans son style oral, ce roman s’en distingue par la complexité des personnages et par leur quête plus soutenue.

Publié le 26 avril 2018 à 13 h 41 | Mis à jour le 26 avril 2018 à 13 h 41