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Collectif

LES CAHIERS DE THÉÂTRE JEU

Jeu, Montréal, 2004
193 pages
15 $

Pour le 111e numéro de la revue, l’équipe des Cahiers de théâtre Jeus’est intéressée à un genre dramatique sur lequel portent peu d’études au Québec : le théâtre autobiographique.

Depuis quelques années, le théâtre montréalais manifeste un intérêt particulier pour la dramaturgie qui entremêle fiction et réalité. Pensons à Henri et Margaux d’Évelyne de la Chenelière, à L’inoublié de Marcel Pomerlo, et à Incendies de Wajdi Mouawad, trois pièces présentées au cours des deux dernières saisons. Dans l’article ouvrant le dossier spécial de la revue, Louis Patrick Leroux explique toutefois que le théâtre autobiographique, qui pourrait sembler « improbable », existe depuis les toutes premières manifestations du genre (Sénèque, puis Molière, par exemple, l’ont pratiqué). Tout en précisant que les limites de ce théâtre sont difficiles à cerner, Leroux définit les différentes formes d’autobiographies théâtrales, et étaye son propos d’exemples québécois.

La parole est ensuite donnée à quelques créateurs. Marcel Pomerlo, Évelyne de la Chenelière et Marie Brassard livrent à tour de rôle leurs réflexions sur le processus de création d’un spectacle dans lequel s’immisce leur réalité. Pour sa part, Pierre L’Hérault s’intéresse à la dimension autobiographique du théâtre de Wajdi Mouawad, et s’interroge sur les rapports qui existent entre son œuvre et le discours extradramatique. L’Hérault montre, exemples à l’appui, qu’il existe dans le théâtre de Mouawad une force « qui l’arrache à l’autobiographie ». Il s’agit là d’une lecture pertinente et originale de la production du dramaturge.

Enfin, le dossier comporte trois comptes rendus de spectacles qui mettent en scène des personnages d’auteurs (l’adaptation du roman La cloche de verre de Sylvia Plath, Portrait chinois d’une imposteure de Dominick Parenteau-Lebeuf et L’asile de la pureté de Claude Gauvreau), et présente deux artistes de performance qui pratiquent l’autoreprésentation : Nathalie Derome et Vanessa Beecroft.

En s’intéressant à la relation qui existe entre les créateurs et la tentation autobiographique au théâtre, le numéro 111 de Jeu risque de décevoir les lecteurs avides de notions théoriques, mais satisfera pleinement les passionnés du théâtre qui se pratique ici et ailleurs.

Publié le 21 février 2005 à 14 h 57 | Mis à jour le 2 décembre 2014 à 21 h 43