Accueil > Commentaires de lecture > Fiction > LES AMANTS DE 1837
Les amants de 1837

Marcel Lefebvre

LES AMANTS DE 1837

Libre Expression, Montréal, 2011
299 pages
24,95 $

Depuis quelques décennies, les romans historiques connaissent un regain de popularité au Québec. Parmi ceux-ci, les divers épisodes historiques mettant aux prises les Français ou les Canadiens français et les Anglais ont bien souvent occupé une place de choix ; et c’est dans cette veine que s’insère le tout premier roman de Marcel Lefebvre, dont l’action se déroule pendant les troubles de 1837 au Canada.

Cette œuvre nous présente rapidement un triangle amoureux original mettant en scène une jeune Amérindienne, un patriote canadien-français sous les ordres de Wolfred Nelson et la fille d’un colonel anglais. L’idée est novatrice, mais aurait toutefois pu être mieux exploitée : on réalise rapidement que l’histoire d’amour se déroulera surtout entre le patriote et l’Anglaise, alors que l’Amérindienne, en proie à la jalousie, se retrouvera laissée pour compte.

À ce moment, l’on pourrait s’attendre à une trame un peu convenue exploitant la question des amours entre Anglais et Canadiens français au temps de la rébellion ; toutefois, le récit dépasse rapidement cela pour dépeindre la cause des patriotes comme celle de la liberté du peuple au-delà des simples tensions ethniques. Dans cette mesure, le choix de mettre en scène le chef patriote Wolfred Nelson, qui est d’origine anglaise, n’est pas innocent.

En effet, le déchirement habituel à la Roméo et Juliette que l’on retrouve généralement dans ce genre d’œuvre est rapidement réglé, du côté francophone : la relation entre le Canadien français et l’Anglaise étant dévoilée au grand jour en pleine assemblée patriote grâce aux bons soins de l’Amérindienne jalouse, Nelson, fort de son mariage avec une Canadienne française, donne rapidement sa bénédiction à cette union, d’autant plus que la fille du colonel anglais est prête à affronter son père pour rester auprès de son amoureux. Du côté anglophone, par contre, le schéma est plus classique, et les militaires anglais ont toujours la difficulté, habituelle dans ce genre de roman, à accepter qu’une Anglaise puisse fréquenter un Canadien français. Au final, tout se terminera bien pour les amoureux, et le fils illégitime de cette union sera présenté comme un véritable symbole de la tolérance et du multiculturalisme québécois.

Publié le 15 mars 2014 à 15 h 09 | Mis à jour le 21 mars 2014 à 13 h 18