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Grégory Lemay

LE ROMAN DE L’ÉTÉ

Leméac, Montréal, 2007
158 pages
14,95 $

Troisième ouvrage du jeune Montréalais, le court Roman de l’été porte bien son nom : léger, ensoleillé, il évoque un chalet, un lac, des vacances. Une structure en triangle – lui, elle et l’autre – mais une romance différente, celle d’une famille reconstituée. Une écriture qui raconte l’amour avec de nouveaux mots : « Il viendrait même si je ne l’avais pas appelé tellement j’ai envie de lui, impossible que cette envie se passe de lui ».

À la fois policier, roman et souvenirs intimes, l’histoire de Grégory Lemay est racontée avec fraîcheur et une certaine angoisse. Cette détresse n’est pas lourde, elle est plutôt agréable, comme lors d’un léger mal de dents la pression faite sur une gencive douloureuse Les personnages gravitent dans un environnement quotidien, à la limite du banal, auquel tous peuvent s’identifier. Si le récit paraît mince, son rythme solide soutient notre intérêt jusqu’au bout.

L’auteur parle d’amour, d’amitié, de passion et de sexe. Parfois agréable, parfois pas : « J’ai déjà été naïve, trouvé combien était gentil l’homme qui me parlait [ ] jusqu’à ce qu’il m’agresse ». Il y a Jan ou Janis, l’amant, le père substitut : « Janis, rame donc, à défaut d’avoir un beau prénom ! » Il y a Flave ou Flavie, l’enfant de onze ans. Et il y a la mère et amoureuse Pat. Et puis Charles, le père biologique, l’exclus, le malmené. Le chien Jésus. De vilains voisins, des chevaux, des ados, alouette.

Le roman de l’été est écrit à la première personne, le JE abonde, le JE c’est elle ou lui ou l’enfant. Les trois narrateurs s’enchevêtrant, on distingue parfois mal qui est qui et qui dit quoi. Les phrases sont courtes, parfois difficiles, peut-être par amour de la concision : « Une autre qui confond son monde avec le monde ». Lemay a des formules qu’on adopte vite tant elles réjouissent le cœur : « Impossible qu’il tombe amoureux d’elle ; si c’est le cas, j’ai affaire à un crétin, je le quitte ».

Passer d’anacoluthe ou croustipain (?) à « profiter du fun qu’on a » ou à « tout à coup que », d’accord, bien que cela donne un peu le tournis.

Publié le 2 décembre 2007 à 16 h 38 | Mis à jour le 20 janvier 2015 à 20 h 11