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Maurice Émond

LE RÉCIT QUÉBÉCOIS COMME FIL D’ARIANE

Nota bene, Québec, 2000
213 pages
22,95 $

Suivant une tradition fréquente en littérature, Maurice Émond a repris en un volume des articles qu’il avait déjà publiés (entre 1975 et 1997) dans des revues et des livres pour la plupart québécois et français. L’ensemble ainsi formé laisse transparaître, on le conçoit facilement, les principales orientations méthodologiques de l’essayiste, qui pratique surtout la thématique et la mythocritique. En font foi les références régulières à Gaston Bachelard et à Mircea Eliade ; et à d’autres aussi : Gilbert Durand, Jean-Pierre Richard, Roger Caillois Maurice Émond dévoile de même le genre littéraire qui l’intéresse tout particulièrement, soit le fantastique québécois. Des auteurs également l’inspirent plus que d’autres, notamment Yves Thériault et Anne Hébert, sur lesquels il a d’ailleurs déjà fait paraître des essais.

Les amateurs de telles approches et de tels corpus trouveront sans doute leur compte dans Le récit québécois comme fil d’Ariane et ne seront probablement pas gênés par l’hétérogénéité inévitable qui se dégage du livre en général ni par la qualité variable qui s’affiche dans les différents chapitres en particulier : on ne rend évidemment pas compte de la réédition d’un livre, même important comme La mort exquise de Claude Mathieu, de la même façon que l’on signe un article dans un dictionnaire régi par un protocole éditorial précis, pas plus que l’on ne s’adresse aux lecteurs d’une revue québécoise spécialisée comme on donne une « conférence à l’université de Yaoundé, au Cameroun ».

Cela dit, il est tout à fait légitime de la part de Maurice Émond de regrouper des écrits par lesquels il entend témoigner « d’une certaine fidélité de lecture et d’approche du texte littéraire ». C’est bien sûr « une aventure toujours hasardeuse », comme il le dit à bon droit dès le début de son avant-propos, mais tel est sans doute le prix à payer pour redonner de l’actualité à des écrits que leur auteur juge importants et pour les sauver de l’oubli ou de la difficulté d’accès auxquels finissent souvent par succomber les articles de revues.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21