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Numéro 108

Michel Leclerc

LE PROMENEUR D’AFRIQUE

Hurtubise HMH, Montréal, 2006
196 pages
19,95 $

Roman de voyage, quête initiatique, métamorphose d’un homme pour qui le sacré se révèle inexistant : voilà autant d’aspects que présente le roman Le promeneur d’Afrique de Michel Leclerc. Auteur de nombreux recueils de poèmes (il en a sept à son actif), l’écrivain se propose de montrer, en prose cette fois, de quelle manière un continent, l’Afrique – qui devient un personnage en soi -, a bouleversé la vie d’un homme. Charles V., le protagoniste de l’histoire, vit sans trop d’ambition une existence ordinaire. Pour lui, les jours se suivent et se ressemblent. Un matin, un souvenir de jeunesse revient le hanter, point tournant dans son quotidien banal. Débute alors une nouvelle vie.

Fatou, une Africaine rencontrée dix ans plus tôt – femme que « [p]as plus que l’Afrique, il [n’]avait aimée » -, lui apprend dans une lettre qu’il a une fille, Yéri, et que celle-ci voudrait faire sa connaissance. S’amorce alors un questionnement important : Charles V. doit-il retourner en Afrique vers ce petit être qui risque de bouleverser sa vie ? Est-il justifié de partir vers l’inconnu ? En outre, sera-t-il seulement capable d’aimer ? Confronté à ces incertitudes, Charles V. choisit de partir, s’abandonnant bien que difficilement à l’aventure. Il découvrira en chemin le courage et la loyauté. S’il souhaite atteindre ses objectifs, le personnage devra toutefois dépasser ses propres limites.

L’écriture du roman appelle un rythme de lecture rapide, Michel Leclerc faisant se succéder les courts chapitres qui confèrent un ton d’urgence à l’aventure et font en sorte que le lecteur désire en savoir toujours davantage sur la relation qui s’établit entre un père et sa fille. Les images, efficaces, transportent le lecteur dans les lieux hostiles visités par le personnage ; il ne peut croire à la réalité qui le hante désormais.

La confrontation des cultures évoquée par l’œuvre sera à l’origine d’une profonde remise en question qui entraînera Charles V. à poser une conclusion grave : « À présent, c’est l’heure pour moi d’entreprendre autre chose », dira-t-il. Avec ce premier roman, Michel Leclerc fait une entrée convaincante dans la sphère romanesque québécoise.

Publié le 7 octobre 2007 à 14 h 12 | Mis à jour le 20 janvier 2015 à 18 h 23