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Serge Granger

LE LYS ET LE LOTUS

LES RELATIONS DU QUÉBEC AVEC LA CHINE DE 1650 À 1950

VLB, Montréal, 2005
187 pages
21,95 $

Il faut beaucoup de curiosité et d’amour de la recherche pour s’intéresser à une thématique aussi pointue que les relations Québec-Chine des temps anciens. Le livre étonne justement par son sujet : il y a donc eu, se dit-on, des engagements assez soutenus entre nos deux contrées pour justifier une thèse de doctorat dont est issu l’ouvrage.

Le livre débute avec une anecdote amusante, nous apprenant l’origine du vocable « rapides de Lachine » : les premiers colonisateurs français pensaient franchir le continent chinois en arrivant à Montréal ! Par la suite, ce sont surtout les religieux, les jésuites et autres missionnaires, qui ont alimenté une certaine fascination de la Chine au Québec. À preuve, on retrouve du ginseng sur notre territoire dès 1715, se développera alors un commerce encouragé par les politiques commerciales anglaises, réputées pour leur libéralisme.

Après que des religieux québécois se furent installés en Chine à des fins d’évangélisation, et cela en nombre assez important pour inquiéter l’Église d’ici durant les années 1920-1930, l’appareil diplomatique « institutionnalise » davantage les relations. Il faut dire que les échanges économiques vont grandissant, ce qui accroît les enjeux. Fait marquant de ces rapports : le prestige acquis par le médecin montréalais Norman Bethune, parti soigner les militants communistes en Chine à la fin des années 1930. Après la Deuxième Guerre mondiale, des relations subsistent, dans les domaines de l’éducation et de la culture notamment, mais subissent une rupture avec l’avènement du communisme en 1949 : les missionnaires québécois sont des ennemis acharnés des nouveaux dirigeants, ce qui n’est pas sans influer la politique officielle canadienne qui ne reconnaîtra pas le régime dirigé par Mao Zedong. Cette politique sera changée dans les années 1970 par le gouvernement Trudeau, qui restaure des relations diplomatiques. Bref, de conclure l’auteur, grâce à ses missionnaires, à ses commerçants et à ses diplomates, « le Québec a eu partie liée avec la Chine depuis ses origines ».

Publié le 18 septembre 2005 à 19 h 38 | Mis à jour le 18 septembre 2005 à 19 h 38