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Sous la direction de Réseau québécois sur l’intégration continentale, Claude Vaillancourt

LE LIBRE-ÉCHANGE AUJOURD’HUI

BILAN DES ACCORDS COMMERCIAUX SOUTENUS PAR LE CANADA

M Éditeur, Saint-Joseph-du-Lac, 2019
166 pages
18,95 $

Cet essai collectif regroupe quinze textes ayant pour objectif de présenter un portrait des accords commerciaux dans lesquels le Canada est engagé. Coordonné par Claude Vaillancourt, l’ouvrage est publié sous l’égide du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC), un organisme soutenu par le milieu syndical et associatif. On comprend donc qu’il a à cœur les intérêts des travailleurs et travailleuses ainsi que ceux de la société en général. Les textes sont regroupés sous trois thèmes : les grands enjeux du libre-échange, les principaux accords soutenus par le Canada et repenser les accords commerciaux pour le bien commun.

Malgré la résurgence de discours et de politiques protectionnistes, notamment aux États-Unis de Donald Trump, le libre-échangisme continue et continuera d’influencer les règles économiques, politiques et sociales qui nous gouvernent. Il est donc toujours important de connaître les effets découlant des accords en vigueur ou en cours de négociation. Étant donné que le manque de transparence est un des problèmes récurrents de ces accords, il n’est pas facile de décoder ces enjeux. D’où l’intérêt de ce recueil.

En étudiant les clauses habituelles défendues par les libre-échangistes, on découvre que certaines d’entre elles semblent privilégier l’intérêt des entreprises multinationales, des lobbyistes et des juristes plutôt ceux des citoyens et sociétés dans leur ensemble. Par exemple, les clauses (dont le « fameux » chapitre 11 du défunt ALENA) permettant aux entreprises de poursuivre les États pour avoir voté des lois qui nuisent à leurs profits mais qui sont bénéfiques à la société, notamment certaines lois pour la protection de l’environnement. Disparu de l’Accord Canada, États-Unis, Mexique (ACEUM), le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE) a cependant été défendu par… la ministre du Commerce international Chrystia Freeland (au nom du Canada !), qui voulait l’inclure dans l’Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Union européenne. Et ce, malgré le fait que le Canada est le pays ayant eu à payer, jusqu’à maintenant, le plus de dédommagements à des entreprises. On comprend donc mal les motivations du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

En somme, Le libre-échange aujourd’hui contribuera à informer les citoyens et citoyennes des implications que les accords de libre-échange signés en leur nom peuvent avoir dans leur vie, sous divers aspects.

Publié le 27 juillet 2020 à 12 h 00 | Mis à jour le 21 juillet 2020 à 10 h 08