Accueil > Commentaires de lecture > Fiction > LE LENDEMAIN DU QUATRIÈME SOIR

Numéro 91

Audrey Benoît

LE LENDEMAIN DU QUATRIÈME SOIR

Lanctôt, Outremont, 2002
164 pages
16,95 $

Voici un livre qui révèle petit à petit une unité, un sens, un ton particulier. Vous avez fermé le livre, mais Lou vous accompagne encore, avec ses réflexions sur les hommes qu’elle aime et a aimés, ses questionnements sur ce qu’elle est et craint d’être.

On fait la connaissance de trois de ces hommes qui, tous, ont porté Lou aux nues, l’ont provoquée, l’ont remise en question, puis ont (plus ou moins) disparu de sa vie. Trois hommes qu’elle a aimés.

C’est à ce balancement constant entre la fusion dans l’autre et le surgissement du soi que l’on assiste ici. Et au bout de quelques retours du balancier, dont chacun a sa couleur particulière, une introspection de plus en plus troublée et, peut-être, une rencontre avec soi-même. Mais soi-même peut-il exister sans l’autre, sans l’être aimé, sans la recherche de « l’homme de sa vie » ? « J’ai rien à dire spécifiquement », déclare Lou, qui se veut artiste, à son amie Marie-Pier, pour expliquer le temps interminable qu’elle met à produire sculptures ou peintures. « Tu te laisses envahir par les autres. Tu sais pas ce que tu as à dire parce que toi-même tu ne t’écoutes pas. Tu vis à l’extérieur de toi-même, tu peux bien ne pas savoir ce qui se passe en toi ! », réplique sa confidente, qui voit souvent clair, trop clair, ou en tout cas trop vite, pour Lou.

Un livre d’apparence agréable et de facture soignée, à la hauteur d’une écriture satinée qui nous entraîne petit à petit dans l’intimité d’une femme en trois dimensions à la recherche d’un centre de gravité.

Publié le 4 août 2003 à 15 h 35 | Mis à jour le 4 août 2003 à 15 h 35