Numéro 79

Alain Beaulieu

LE FILS PERDU

Québec Amérique, Montréal, 1999
402 pages
24,95 $

L’action se situe à Montréal et à Québec, à deux époques distantes d’une dizaine d’années. L’écriture n’a rien de recherché, elle est correcte et raconte bien l’histoire de quatre amis, histoire assez difficile à résumer, car elle est foisonnante. Fiction et réalité se confondent au cœur des événements qui entraînent notre monde.

La réalité du moment, c’est la liberté dans les relations sexuelles des jeunes, le collège privé pour les enfants, la vie bousculée d’une mère qui a ouvert une garderie en ville, ou d’une autre qui donne des cours de piano à domicile, le malaise d’un adulte qui tourne en rond dans le désordre et l’ennui d’une chambre louée à Montréal, la consommation de drogue qui entraîne de lourdes dettes, les problèmes d’une adolescente haïtienne en foyer d’accueil qui passe ses heures de liberté avec son ami dans un sous-sol abandonné, etc.

La fiction se concentre sur quatre personnages : Paul, qui vient de quitter le bureau d’avocat où il travaillait, Bruno, qui prétend que le fils aîné de Paul n’est pas de lui, mais de Simon, cet écrivain en panne d’inspiration qui a eu une relation sexuelle avec Diane avant son mariage avec Paul. Bruno tuera Diane avant se tuer. Simon en fera un roman !

Dix ans plus tard, Pat (ou Paul), demeuré inconsolable de la mort de sa femme, est batteur dans un groupe rock. Toujours en voyage, il a confié la garde de ses trois enfants à sa sœur. L’aîné, Loup, doit payer, dans les trois jours, des dettes de drogue ; il appelle son père à l’aide qui l’envoie chez Samy (Simon), son ami. Celui-ci l’accueille avec un certain plaisir. Loup achètera le livre de Samy et y reconnaîtra facilement sa propre histoire. Horrifié, il s’enfuit au Mexique avec Virgule.

Voilà une succession de faits comme on en voit défiler tous les jours sur les écrans de télévision ; ils sont ici bien utilisés, dans un ensemble cohérent, on suit l’auteur là où il veut nous entraîner. Mais c’est un peu malgré nous, car ce monde est le nôtre, il effraie et on se demande où et quand tout cela va s’arrêter !

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 23 novembre 2014 à 19 h 43