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NUIT BLANCHE

L’effondrement d’un viaduc, entraînant la mort de 23 enfants prisonniers d’un autobus scolaire, déclenche chez Jasmine, résidente en médecine, un conflit intérieur qui, par une sorte d’osmose, atteindra aussi sa mère, Patricia, journaliste scientifique.

Jasmine vient à peine de passer sous le viaduc quand la catastrophe se produit. L’autobus qui la suivait est resté coincé sous une dalle de béton. La jeune femme sort en vitesse de sa voiture alors qu’un jeune homme accourt de la voie opposée. Se présentant comme ingénieur en structure, Shanti évalue que la dalle en a pour quatre minutes avant de céder, juste le temps de défoncer la porte de l’autobus et de faire sortir les enfants. Les deux vont se précipiter quand les forces de l’ordre les interceptent, leur interdisant d’avancer. Il a fallu non pas quatre, mais neuf minutes avant que ne lâche le pilier, des minutes d’inaction qui ont coûté la vie à tous ces enfants. Les deux témoins stoppés dans leur élan en restent profondément marqués, persuadés de l’irresponsabilité des forces de l’ordre.

Jasmine, rongée de culpabilité et bâillonnée par son patron, qui lui laisse entendre que l’attitude professionnelle d’un médecin demande d’aller de l’avant et non de pleurer sur un sauvetage improbable, se confie à sa mère. Et voilà la journaliste scientifique aux prises avec un conflit de loyauté. Divulguer la version de Jasmine ou se taire ? Et ce, au risque d’ébranler la confiance sur laquelle s’est construit son couple avec Bernard, également journaliste.

Ainsi déclenchée, l’action se dilue, introduisant des thèmes liés aux accidents environnementaux qui occuperont l’essentiel de la deuxième partie située en 2035, alors que Jasmine, Shanti, Mathieu, l’ami innu, et d’autres idéalistes emploient leurs savoirs à la reconstruction de Gagnon sur la Côte-Nord, devenue Nikaniteu (« il ouvre la marche »). Une ville qui accueillera les délocalisés de la terre, dont les victimes d’un cyclone survenu en Inde, pays de Shanti ; un lieu sain, loin du smog de la métropole, des carambolages, de la déforestation, des lacs envahis par des plantes parasites ; une ville construite dans le respect de l’environnement, de l’harmonie citoyenne, grâce notamment à une charte sur l’information encadrant le droit de tous à s’exprimer de façon à éviter la polarisation et le salissage lors de conflits.

L’âge des accidents recèle de bonnes intentions, mais nous laisse sur une impression de roman inachevé, d’éparpillement et d’une action sans ressort. N’empêche, l’idée amorcée dans la deuxième partie, fouillée, documentée, ferait l’objet d’un excellent roman d’anticipation.

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