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Numéro 101

Benoît Bouthillette

LA TRACE DE L’ESCARGOT

(Prix Saint-Pacôme 2005)
JCL, Chicoutimi, 2005
366 pages
19,95 $

Que la haine meurtrière puisse traverser le temps, la littérature le sait. Même constat à propos de l’acharnement du policier à écaler une vieille énigme. On sait aussi, et Batman le rappelle, que tel détraqué aimera humilier le rival policier en lui proposant des charades opaques. Pour renouveler le face-à-face entre deux ténacités frottées de littérature et de beaux-arts, il faudra de la culture, une écriture précise et structurée, une imagination nourrie par la curiosité et l’audace. Et il faudra du souffle et encore du souffle. Si, en effet, le récit de Benoît Bouthillette se bornait à lancer l’inspecteur Benjamin Sioui à l’assaut de mystères sanglants inspirés de Francis Bacon, on aurait droit, certes, à un excellent roman policier, mais pas à une authentique tempête littéraire. Car c’est ce dont il s’agit. L’écriture de Bouthillette est mouvement, emportement, incantation, tsunami, pour recourir à un terme intégré au vocabulaire branché. Ouvrez les voiles !

Publié le 3 avril 2015 à 13 h 00 | Mis à jour le 3 avril 2015 à 13 h 00