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NUIT BLANCHE

Les discours scientifiques n’appartiennent pas qu’aux hommes de science ; des journalistes, des éducateurs, des étudiants, des vulgarisateurs, des sociologues s’approprient des hypothèses et des découvertes, afin de les diffuser à travers différents réseaux. Comme l’indique son titre, ce livre enthousiasmant rend compte de 14 expériences de vulgarisation scientifique telle qu’on la pratique au Québec.

Le 1er chapitre, de Johanne Lebel, mesure l’importance de l’Acfas dans le développement de la diffusion scientifique au Québec, avec à l’origine des communicateurs comme le Frère Marie-Victorin et Léo Pariseau.

Les six articles de la 2e partie du livre évoquent le sommet de l’iceberg, c’est-à-dire les manifestations les plus « visibles » de la vulgarisation scientifique : le magazine Québec Science et les émissions hebdomadaires de Radio-Canada. La réflexion judicieuse de Jean-Marc Gagnon sur le monde de l’édition québécoise en matière de vulgarisation scientifique me semble symptomatique : seuls quelques éditeurs occupent ce créneau, se consacrant souvent à la recherche du « best-seller ». Ce bilan ne tient toutefois pas compte de la contribution des abondants catalogues des presses universitaires québécoises, ce qui me semble être une lacune.

La 3e section, « La science en région », m’apparaît la plus pertinente. Ces trois articles sur des expériences de communication scientifique au Saguenay, dans le Bas-du-Fleuve et dans le Parc de Miguasha nous font réaliser qu’une large part de la recherche scientifique québécoise se concentre dans la région de Montréal.

Ce premier tome laisse une porte ouverte sur d’autres dimensions qui restent à couvrir. La vulgarisation scientifique ne serait pas complète sans une réflexion approfondie sur l’histoire : non seulement sur l’histoire des sciences, mais aussi sur la diffusion des sciences historiques – par exemple dans un magazine comme Cap-aux-Diamants – et plus généralement dans les sciences de l’homme, souvent négligées dans ce type de bilan. De plus, il faut s’interroger sur cette forme de diffusion de la science qui insiste trop sur le caractère ludique et instrumental des nouvelles technologies.

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