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Luc Ferry

LA SAGESSE DES MYTHES

APPRENDRE À VIVRE – 2

Plon, Paris, 2008
408 pages
39,95 $

En 2006, Luc Ferry a publié un Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations (voir Nuit blanche, hiver 2007), un essai qui présente les principaux courants de pensées occidentaux. Dans ce livre, l’auteur invite les lecteurs à découvrir et à comprendre les différentes approches philosophiques afin « d’avoir l’humilité de penser par les autres, avec eux et grâce à eux ».

Avec La sagesse des mythes, Luc Ferry récidive dans la même veine avec la mythologie grecque, qu’il présente comme étant à l’origine même de la philosophie. Selon l’auteur, la mythologie n’est rien de moins qu’une philosophie mise en récit, « une tentative grandiose en vue de répondre de manière laïque à la question de la vie bonne par des leçons de sagesse vivantes et charnelles, habillées de littérature, de poésie et d’épopées plutôt que formulée dans des argumentations abstraites ». Il faut dire qu’elle a imprégné la civilisation occidentale bien au-delà de ce que nous pourrions l’imaginer. Jusque dans le langage de tous les jours, avec des expressions telles que « prendre le taureau par les cornes », « suivre un fil d’Ariane », « avoir un talon d’Achille », pour ne nommer que celles-ci.

Luc Ferry présente les personnages qui peuplent la mythologie, puis raconte et analyse les histoires parfois complètement saugrenues de ces dieux, demi-dieux et simples mortels rendus immortels dans l’imaginaire occidental. Avec ce livre, le philosophe veut faire comprendre l’héritage de la mythologie et la rendre accessible « sans toutefois trahir ni dénaturer en rien les textes anciens dont elle est tirée ». Pour ce faire, il emploie la même formule pédagogique que dans son premier essai, et s’il tutoie encore le lecteur, il le fait d’une façon un peu moins soutenue, ce qui allège la lecture. L’auteur souligne au passage qu’il s’est « efforcé de réconcilier ce que l’érudition nous apprend et ce que la vulgarisation nous impose sans jamais sacrifier en rien la première aux impératifs de la seconde ». Force est de constater qu’il a réussi.

 

Publié le 20 septembre 2009 à 20 h 58 | Mis à jour le 26 décembre 2014 à 7 h 40