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Hédi Bouraoui

LA FEMME D’ENTRE LES LIGNES

Du Gref, Toronto, 2002
152 pages
9,95 $

Les mots seuls peuvent-ils entretenir un amour ? Marguarita Felice, alias Lisa, est follement amoureuse des vers que lui rédige depuis dix ans Virebaroud, un poète maghrébin habitant au Québec. Lorsqu’il ira la rejoindre dans son Italie natale, Lisa sera bouleversée par cet homme qu’elle ne connaissait qu’à travers cette correspondance assidue : « Quand vas-tu consommer avec moi ces folies, celles que tes mots font naître en moi et qui, par la suite, ne cessent plus de graviter autour de mon être lisant ? » La poésie ne sera cependant pas suffisante à Virebaroud pour gagner le cœur de Lisa, l’amante et non plus seulement « la femme d’entre les lignes », puisque lors de leurs retrouvailles à Vicenza, la belle Véronaise disparaîtra mystérieusement.

Originaire de Sfax en Tunisie et Torontois d’adoption, Hédi Bouraoui est l’auteur de plusieurs nouvelles, contes, essais et d’une vingtaine de recueils de poésie. La femme d’entre les lignes, son sixième roman, se lit davantage pour sa prose poétique, quelquefois érotique, que pour ses péripéties. L’action occupe en effet une place assez minime, mais la langue, d’une grande beauté, nous transporte dans cette Italie où la passion amoureuse fait corps avec la splendeur des lieux. Le lecteur remarquera également les nombreuses allusions à différents auteurs, dont Stendhal, Baudelaire, Marivaux et Racine, qui seront autant de sources d’inspiration à Virebaroud dans sa conquête toute littéraire de la belle Lisa. Histoire d’amour, de voyages et de poésie, ce court roman confirme le talent d’Hédi Bouraoui, déjà récipiendaire du Grand Prix littéraire de la ville de Sfax pour son troisième roman intitulé Retour à Thyna, Tunis, publié en 1996 ; il donne cette impression rassurante, et trop rare de nos jours, que les mots, à l’ère de l’électronique et du multimédia, possèdent toujours leur faculté de séduire et de bouleverser.

Publié le 6 août 2003 à 16 h 04 | Mis à jour le 6 août 2003 à 16 h 04