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Numéro 100

Christian Janssens

LA FASCINATION SIMENON

Cerf-Corlet, Paris, 2005
193 pages
57,95 $

Dans La fascination Simenon, Christian Janssens se consacre aux dizaines de longs métrages inspirés des livres du prolifique Georges Simenon (1903-1989). Seul Claude Gauteur avait produit une analyse comparable avec Simenon à l’écran (Presses de la Cité, 1992) et D’après Simenon, Simenon et le cinéma (Omnibus, 2001).

Cet ouvrage soigné se distingue des précédents par son étude approfondie de certains aspects non-littéraires, comme la gestion faite par Simenon des droits d’adaptation de ses œuvres : on y trouve de nombreux extraits inédits de sa correspondance dans lesquels l’écrivain (ou sa secrétaire) négocie, approuve ou rejette les offres des producteurs ou des réalisateurs. De plus, acteurs, actrices (de Charles Aznavour à Maurice Chevalier) demandent à l’occasion au romancier de penser à eux pour une éventuelle adaptation de tel ou tel roman, avant même que des projets de tournage soient évoqués. On comprend que les films inspirés d’une œuvre de Simenon savaient attirer les producteurs les plus généreux, les acteurs les plus en vue et le public le plus diversifié. Toutes ces ressources réunies ont souvent donné d’excellents films. Ce florilège de longs métrages impressionne : la série des trois Maigret avec Jean Gabin, « acteur simenonien », mais aussi le sulfureux En cas de malheur réunissant Gabin et Brigitte Bardot, et, plus près de nous, Feux rouges (2003) de Cédric Kahn.

La deuxième partie passe en revue tous les films produits d’après un roman de Simenon, depuis La Nuit du carrefour (1932) de Jean Renoir jusqu’aux classiques Le fruit défendu (adapté de Lettre à mon juge, avec Fernandel) et La Marie du port (avec Gabin, pour une énième fois). Dans la dernière partie, à propos des films mettant en scène l’inspecteur Maigret, Christian Janssens dissèque avec intelligence et clarté les procédés dramatiques utilisés dans les livres et les films pour créer la tension, le suspense.

On trouve en annexe plusieurs lettres du cinéaste Bertrand Tavernier adressées à Simenon, pour le film L’Horloger de Saint-Paul. La fascination Simenon est à lire absolument, si l’on aime un tant soit peu Simenon. Malheureusement, beaucoup des adaptations décrites ici sont introuvables en vidéo au Canada, mais plusieurs existent en France.

Publié le 18 septembre 2005 à 19 h 52 | Mis à jour le 18 septembre 2005 à 19 h 52