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NUIT BLANCHE

Alors que le Moyen-Orient brûle encore, alors que nous sommes tiraillés et divisés par les positions en conflit et submergés par des sources d’information divergentes, vouloir comprendre le monde actuel exige de plus en plus d’efforts. Il faut en outre demeurer critique devant les multiples vérités qui se présentent à nous. Il y a toutefois quelques sources sûres qui, bien qu’ouvertement partisanes, n’en demeurent pas moins des plus crédibles. Noam Chomsky est une de ces références et son dernier ouvrage, La doctrine des bonnes intentions, est criant d’actualité.

Né à Philadelphie en 1928, Noam Chomsky, professeur au Massachusetts Institute of Technology, linguiste de réputation internationale et un des plus cohérents critiques de la politique étrangère américaine, s’intéresse, cette fois, aux « bonnes intentions » de l’administration Bush, qui ne sont qu’une « stratégie impériale fondée notamment sur la notion de guerre préventive ». Cet essai de l’intellectuel le plus controversé des États-Unis est constitué d’une suite d’entretiens avec David Barsamian, qui travaille avec Chomsky depuis une vingtaine d’années, entretiens qui s’étendent sur presque deux ans, soit de mars 2003 à février 2005. La construction questions-réponses, sans être la plus littéraire, a l’avantage d’être plus près de l’oral, d’être plus dynamique et permet, peut-être, de rendre l’ouvrage plus accessible. On y apprendra ainsi quelques détails de la vie privée de celui qu’on a souvent considéré comme le « plus grand intellectuel vivant ».

« La doctrine des bonnes intentions »,c’est donc la stratégie mise de l’avant par les États-Unis de George Bush pour contrôler le Moyen-Orient (et ses ressources) tout en y maintenant une base extraterritoriale américaine. Chomsky croit que les États-Unis réarmeront l’Irak dès qu’ils l’auront complètement désarmé, « simplement pour rétablir l’équilibre avec ses voisins ». Se dissociant des théories de conspiration, l’auteur constate néanmoins que la propagande existe et fonctionne, car « il n’y a qu’aux États-Unis que les gens ont peur de l’Irak ». Bref, pour paraphraser The Nation, ne pas lire Chomsky, c’est flirter avec l’ignorance.

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