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Michael Connelly

LA DÉFENSE LINCOLN

Trad. de l'américain par Robert Pépin
Seuil, Paris, 2006
434 pages
31,95 $

Michael Connelly est sans doute l’un des meilleurs, sinon le meilleur, auteurs de roman policier de l’heure. La défense Lincoln, son dernier titre en français, prouve une fois de plus qu’il est un écrivain au sommet de son art et un maître inégalé dans l’art de construire une intrigue serrée.

Mickey Haller est un avocat désabusé, spécialisé dans la défense des prostituées, des voleurs à la tire et des dealers. Même s’ily a« longtemps que les idéaux ne sont plus que des idées », il éprouve un reste de compassion pour ses clients, pas nécessairement « mauvais » parce que mauvais payeurs.

Arpentant le comté de Los Angeles à bord de sa Lincoln noire d’où il prépare ses dossiers entre ses comparutions en Cour et ses visites à ses clients, il espère quand même trouver un jour le « client-pactole » qui viendra garnir son compte en banque toujours à plat. La chance semble lui sourire quand Louis Roulet, un jeune et riche agent immobilier, demande de le dépêtrer d’une accusation d’agression sexuelle et de tentative de meurtre sur la personne d’une prostituée.

Ce qui s’annonçait comme une cause difficile mais pas impossible à plaider pour le brillant avocat de la défense tourne au cauchemar quand Haller confronte cette cause à l’une de ses précédentes affaires. Dès lors, tout bascule. Ce revirement – dont on ne dira rien pour ménager l’intérêt des lecteurs – ramènera sa vieille hantise de faire condamner un innocenté. Surtout, il aura pour effet de mettre en danger sa vie et celle des siens.

Avec cethriller judiciaire, Connelly brosse un sombre tableau des tribunaux américains où magouilles politiques, coups fourrés et manipulations de toutes sortes sont pratiques courantes. Au terme de l’affaire, même un avocat cynique comme Haller en viendra à douter de ses raisons de continuer à se débattre dans « un monde sans vérité ». Mais, Connelly a concocté une finale qui nous permet de penser que d’autres affaires attendent l’avocat à la Lincoln. Le lecteur, lui, n’a qu’une hâte, c’est d’y monter à nouveau !

Publié le 26 novembre 2006 à 17 h 05 | Mis à jour le 3 décembre 2014 à 14 h 55