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Mira Falardeau

HISTOIRE DU CINÉMA D’ANIMATION AU QUÉBEC

Typo, Montréal, 2006
186 pages
14,95 $

Le film d’animation a longtemps été la marque de commerce des cinémas québécois et canadien. Ce petit livre très instructif de Mira Falardeau constitue à la fois une initiation, un historique, une analyse esthétique et économique de ce pan parfois méconnu de notre histoire du cinéma. L’ouvrage présente d’abord quelques pionniers de l’animation ayant travaillé au Canada, dont Raoul Barré (l’animateur de nombreux dessins animés, dont Mutt et Jeff, à l’époque du muet), Normand McLaren (dont le film Les Voisins a été maintes fois primé) et plus tard Daniel Langlois. Comme tout bon ouvrage d’histoire, celui de Mira Falardeau retrace l’évolution des styles et des techniques, en fournissant beaucoup de titres de films originaux. La production des 25 dernières années y est particulièrement bien représentée. Plusieurs séries télévisées sont également mentionnées comme Et Dieu créa Laflaque. Les nouvelles technologies de l’animation y occupent une place significative : le multimédia, l’animation par ordinateur, les jeux vidéo.

Cette première Histoire du cinéma d’animation au Québec comble un vide important. J’apprécie en outre l’importance que Mira Falardeau accorde aux dimensions économiques et institutionnelles de l’industrie de l’animation ; ces films coûtent parfois très cher à produire, et dans notre contexte, dépendaient souvent de l’aide de l’État pour pouvoir être produits et ensuite être présentés dans des festivals à l’étranger. Toutefois, l’émergence de nombreux studios privés indique l’avènement de nouveaux marchés, en dépit du fait que les nouveaux studios canadiens servent de plus en plus de sous-traitants pour des producteurs établis aux États-Unis ou en France. Néanmoins, grâce à cela, beaucoup de créateurs d’ici peuvent exercer leur métier.

Mira Falardeau a pleinement réussi son Histoire du cinéma d’animation au Québec (qui consacre par ailleurs plusieurs pages aux créateurs anglophones), et je crois que son livre devrait même être traduit en anglais. Il faudrait toutefois ajouter un index aux prochaines éditions de ce livre clair et enthousiasmant, qui se situe parmi les plus importants jamais écrits sur le cinéma québécois.

Publié le 23 septembre 2006 à 12 h 23 | Mis à jour le 23 septembre 2006 à 12 h 23